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Application du droit additionnel provisoire de sauvegarde

Les producteurs pourront-ils couvrir le marché national ?

Le DAPS, une mesure à double tranchant. © Archives/Liberté

Pour d’autres produits, en dépit de la promesse des opérateurs, le risque que le marché connaisse des perturbations n’est pas à écarter.

En instaurant le Droit additionnel provisoire de sauvegarde (Daps), le gouvernement a voulu freiner le rythme devenu insoutenable des importations et les dépenses abusives et ininterrompues en devises qui en résultent, notamment en cette période cruciale de crise financière. Le Daps a pour autre objectif de protéger la production nationale, dont les industries naissantes et les produits vulnérables, face à la concurrence imposée par les marchandises venues de l’étranger. Dans cette équation, cependant, une inconnue doit être impérativement prise en compte : le marché national. En termes plus clairs, c’est de pouvoir mesurer l’offre nationale et ses capacités à couvrir les besoins locaux. En tout cas, les producteurs algériens, suivant les différentes filières, se sont engagés à relever ce défi. Le ministère du Commerce, faut-il le reconnaître, a le mérite d’avoir associé tous les acteurs de la scène dans cette nouvelle démarche. Outre l’installation de commissions, le ministre Saïd Djellab a, lui-même, rencontré, en juillet dernier, toutes les organisations, les représentants et les producteurs activant dans divers domaines. Il les a rassurés et leur a garanti une meilleure protection de leurs produits vis-à-vis de ceux d’outre-mer. En contrepartie, le ministre leur a demandé d’assurer un approvisionnement régulier du marché interne. Un engagement pris, d’ailleurs, par les industriels locaux. L’idée est que les deux partenaires, ministère et opérateurs économiques, abordent ensemble les capacités de couverture du marché par les fabricants, le respect des normes de qualité, des délais de livraison des produits… L’enjeu est donc de taille. Pour certains produits agroalimentaires, l’on peut dire que l’autosuffisance est effective. En ce qui concerne les pâtes, les boissons…, le problème ne se posera pas d’autant plus que le marché est largement couvert. Mieux, l'on dégage même des quantités à exporter. Pour d’autres produits, pas forcément alimentaires, en revanche, en dépit de la promesse des opérateurs, le risque que le marché connaisse des perturbations n’est pas à écarter. Et dans pareil cas, l’on ne serait pas à l’abri d’une pénurie qui, par ricochet, engendrerait une flambée des prix. Et étant donné l’érosion qu’a subie le pouvoir d’achat, les Algériens  aux bourses moyennes ne résisteront pas à une envolée des tarifs.
Ce qui rendra encore plus difficiles les conditions sociales des ménages. C’est dire que toutes ces mesures ne doivent pas être prises au détriment du consommateur. Car, l’on se souvient déjà lors de la mise en œuvre de l’interdiction des marchandises à l’importation, les prix de certains produits locaux ont connu une hausse inexpliquée. L’interdiction à l’importation d’un produit fabriqué localement n’est pas synonyme d’augmentation systématique de son prix. Il ne suffit pas, en outre, qu’il y ait un seul produit fabriqué localement sur le marché pour interdire son importation.
Il faut, au contraire, saisir l’occasion de l’existence de ce Daps, dont les taux vont de 30 à 200%, pour dépasser le stade de fabrication de produits finis et aller vers les semi-finis, voire les matières premières entrant dans sa production.
Par ailleurs, la mise en application de cette taxe va encourager des investisseurs étrangers, comme les producteurs de chocolat, de fromage, de mayonnaise et autres… de venir réaliser leurs projets dans notre pays. Cela permettra à ces grands groupes mondiaux d’amortir leur investissement, de préserver leur marché et de protéger leurs produits fabriqués en Algérie. Mais il reste à savoir comment le marché se comportera avec toutes ces nouvelles donnes.


B. K.

 



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