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Condamnation et refus de remise en liberté de détenus du hirak

Les promesses d’apaisement oubliées ?

La répression et les arrestations comme réponse aux revendications citoyennes. © Louiza Ammi/Archives Liberté

À l’évidence, comme  pour le hirak qu’il  veut étouffer, le pouvoir, frileux, s’emploie à empêcher l’émancipation de l’action politique  qui travaille  à structurer une alternative au statu quo qui favoriserait la régénérescence du système.  

La jeune hirakiste de Tlemcen, Nour El-Houda Oggadi, est maintenue en détention. Un refus a été opposé, hier, à la demande de sa remise en liberté. Le même jour, le tribunal de Constantine a prononcé une peine de 6 mois de prison ferme à l’encontre d’Abdelkrim Zeghilèche.  La veille, Karim Tabbou, l’une des figures les plus actives du mouvement populaire du 22 février, s’est vu signifier le prolongement de sa détention provisoire (mandat de dépôt).

Lors du 48e vendredi du hirak, à Alger, une vingtaine de manifestants a été interpellée et maintenue en garde à vue jusqu’à dimanche.  Présentés devant le juge en citation directe, ces manifestants ont été inculpés et mis en liberté provisoire en attendant l’organisation de leur procès.

Avant eux, d’autres hirakistes ont défilé devant les tribunaux où ils ont eu à entendre des réquisitoires et écopé de condamnations très sévères, encore plus sévères que celles d’avant l’élection présidentielle. C’est, entre autres, le cas du jeune hirakiste, poète à ses heures perdues, Mohamed Tajadit, qui a été condamné à 18 mois de prison ferme (il a été libéré par la suite). 

À l’évidence, les mesures d’apaisement pour lesquelles le chef de l’État s’est engagé publiquement sont oubliées, renvoyées aux calendes grecques. C’est ce qui est donné de déduire de ce durcissement de l’attitude vis-à-vis du hirak, dont l’endurance commence visiblement à agacer sérieusement le pouvoir qui aurait peut-être été mal inspiré de croire que celui-ci allait s’essouffler après la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre.

Et c’est sûrement à la fois cet agacement et le refus de négocier une transition politique qui ont dicté le choix de la poursuite de la répression envers le hirak. Poursuite car, en vérité, la répression envers le hirak n’a jamais cessé, y compris au moment de la libération, en un seul jour, de pas moins de 76 prisonniers, entre détenus pour port de l’emblème amazigh et détenus d’opinion. 

Cette répression, qui s’est manifestée également à travers les lourds verdicts rendus par les tribunaux à l’encontre de manifestants du hirak, notamment ceux qui ont milité contre la tenue de l’élection présidentielle, s’est accompagnée d’une stratégie de contournement, traduite dans les faits par des consultations politiques avec y compris des personnalités qui pouvaient se prévaloir d’une certaine proximité avec le mouvement populaire.

Des consultations qui, pour l’heure, n’ont pas fait place au hirak, celui qui, deux fois par semaine, démontre sa forte mobilisation, mais aussi et surtout réitère son principal leitmotiv, à savoir le changement radical du système.

Et ce n’est pas sûr que ce soit fait à l’avenir, sinon le pouvoir aurait agi dans le sens de la création des conditions qui laisseraient concevoir la possibilité d’un dialogue. L’hésitation, pour ne pas dire le refus des autorités à libérer l’espace publique pour l’exercice politique, ne plaide pas pour l’établissement de passerelles entre le pouvoir et l’opposition, hirak et partis politiques. 

Les forces du Pacte de l’alternative démocratique (PAD), qui travaillent à tenir des “assises des démocrates”, ne sont pas sûres de pouvoir organiser leur activité à la Safex. L’autorisation tarde à leur être délivrée. À l’évidence, comme pour le hirak qu’il veut coûte que coûte étouffer, le pouvoir, frileux, s’emploie à empêcher l’émancipation de l’action politique qui travaille à structurer une alternative au statu quo qui favoriserait la régénérescence du système. 
 

Sofiane AÏt Iflis

 

 

 



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