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A la une / Actualité

Mikaïl Barah, directeur de Stractegia

“Les réalités libyennes, la boussole réelle pour les évolutions”

Dans ce bref entretien, Mikaïl Barah nous explique la complexité du dossier libyen et revient aussi sur la conférence internationale de Paris sur la Libye.

Liberté : Depuis son arrivée à l'Élysée, Emmanuel Macron a fait revenir la France sur le terrain concernant le dossier libyen. Comment expliquez-vous ce changement de cap par rapport à l'ère Hollande ?
Mikaïl Barah : Je ne crois pas que la France soit “revenue” sur le terrain libyen. Il est vrai que d’un point de vue diplomatique, on a l’impression, avérée en partie d’ailleurs, que la France fait mieux sous Emmanuel Macron qu’elle ne le faisait sous François Hollande. Mais dans le même temps, pour l’heure, et malgré les apparences, les faits ne dépassent que rarement le stade de la communication. C’est là le point fort d’Emmanuel Macron, qui, par la communication, réussit à séduire et à donner l’impression de l’action. Pourtant, pour l’heure, les seuls équilibres qu’il est en train de bouleverser, ce sont ceux relatifs à la situation intérieure française.

Pensez-vous que l'initiative française va aboutir à des résultats, sachant que les tribus libyennes s'y opposent, tout comme un groupe d'une quinzaine de milices les plus redoutables sur le terrain ?
Tout le monde se doute de ce que la réunion de Paris ne va pas accoucher d’un traité de paix libyen. Il y a deux pendants à la question. Côté positif, le fait qu’une majorité d’acteurs institutionnels libyens importants, voire incontournables, aient accepté de se rendre à cette réunion ; ils sont là pour discuter, pas uniquement pour faire de la figuration. Côté moins positif, le fait que chacun de ces acteurs ait ses propres demandes et revendications, parfois difficilement compatibles les unes avec les autres. Il en va de même pour les pays étrangers conviés à cette réunion, qui divergent sur nombre de questions essentielles, dont celui d’organiser ou non des élections présidentielle et/ou législatives avant que la constitution ne soit acceptée par tout le monde. Donc on aura peut-être un consensus de façade à l’issue de cette réunion, mais les réalités libyennes resteront, à mon sens, la boussole réelle pour les évolutions. Or, ces réalités ne sont pas rassurantes.

Les élections générales auront-elles lieu aux dates fixées par l'ONU ?
L’ONU, soutenue en ce sens par la France notamment, fera en tout cas tout pour que les élections libyennes aient lieu cette année encore. Mais le vrai test sera sur le terrain ; beaucoup pourra être fait pour organiser ces élections, mais dans les faits, elles ne résoudront rien tant que les luttes de pouvoir, les rivalités miliciennes, les problèmes socioéconomiques et surtout les doutes de la population quant à la légitimité de ce processus resteront ce qu’ils sont aujourd’hui.


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