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Révision de la loi sur la monnaie et le crédit

Les réserves du MSP

Le Mouvement de la société pour la paix  (MSP) émet des réserves par rapport au projet de loi sur la monnaie et le crédit que l’APN d’apprête à examiner. Le parti, qui a organisé une conférence hier pour débattre du projet de loi, s’interroge sur les velléités que cacherait le gouvernement Ouyahia derrière cette révision estimée “hâtive” et “inopportune”.
“À travers la révision de la loi sur la monnaie et le crédit, le gouvernement ne cherche en réalité qu’à faire sauter le verrou de l'article 45 bis pour autoriser l'activation de la planche à billets. Autrement dit, il ne fait que changer la ressource pour maintenir le niveau des dépenses publiques. Contrairement à ce que met en avant par Ouyahia, je doute que le Trésor manque d'argent pour payer les salaires des employés”, a soutenu, hier, le président du MSP, Abdelmadjid Menasra. Ce dernier se demande pourquoi ce recours exclusif à cette solution financière alors que, regrette-t-il, la crise est plus profonde. Aussi, il qualifie cette solution “d'urgence et temporelle”, de “populiste” et “politicienne”. “Cette solution a-t-elle pour objectif de palier le déficit du Trésor public ? Ou est-elle décidée juste pour éviter le recours à l'endettement extérieur ?”
Dans tous les cas, Menasra, qui se joint à de nombreux experts, juge que le recours au financement non conventionnel reste un choix dangereux pour le pays, en ce sens qu'il, se lamente-t-il, engendrera à coup sûr la dégradation du pouvoir d'achat, la dévaluation du dinar, ainsi que l’augmentation tous azimuts des prix des produits. Pour le chef du MSP, à travers cette solution purement financière, le pouvoir chercherait à “gagner du temps” et la préparation des prochaines échéances électorales, allusion faite à la présidentielle de 2019. Menasra pense que si le gouvernement avait vraiment la volonté de régler la crise, il aurait mieux fait d'engager des réformes profondes. Ce qu’il “hésite toujours à faire”, déplore-t-il. Même s'il se dit persuadé que la loi sur la monnaie et le crédit passera à l'APN comme une lettre à la poste, Menasra ne compte pas pour autant déposer les armes. “Nous sommes conscients que l'opposition ne pèse pas à l'APN face à la majorité acquise au gouvernement certes, mais cela ne nous empêche pas de continuer à militer ne serait-ce que pour l'histoire, mais aussi  tenter de limiter les dégâts à même d'éviter le pire au pays”, a-t-il martelé. Abondant dans le même sens, Nasser Hamdadouche, chef du groupe parlementaire du MSP, souligne, pour sa part, que le vote des lois à l'APN ne garantit pas leur réussite. Les intervenants ont, par ailleurs, émis également des réserves sur la commission que le gouvernement compte mettre en place pour assurer le suivi et le contrôle de l'argent qui sera imprimé. Le MSP réclame plutôt une commission parlementaire à mettre sous la présidence de l'opposition.

Farid Abdeladim