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A la une / Actualité

Placement des réserves de change de l’Algérie

Les révélations de la Banque centrale américaine

Siège de la Banque d’Algérie. ©Archives Liberté

La Banque d’Algérie a procédé à de multiples achats et ventes annuellement de bons du Trésor américain qui auraient beaucoup plus profité aux banques d’affaires internationales.

L’Algérie vit à l’ère de l’opacité en matière de gestion des réserves de change. Pour preuve, des documents de la Fed, la Banque centrale américaine, obtenus par Noureddine Leghliel, ancien analyste boursier, révèlent des détails sur les opérations de placement des réserves de change ou plus simplement des réserves en devises de l’Algérie par la Banque d’Algérie. Il s’avère que, contrairement aux assertions des gouverneurs de la Banque centrale d’Algérie qui se sont succédé depuis les années 2000, l’essentiel des réserves en devises n’est pas placé en bons du Trésor américain, révèlent les chiffres de la Fed. Le code de l’Algérie chez la Fed est 50105, ajoute l’expert. “En 2010, la Banque d’Algérie a placé seulement 9,6 milliards de dollars, le pic de ses placements en bons du Trésor américain (sur un niveau de 160 milliards de dollars)”, rapporte, citant ces documents, l’ancien analyste collaborateur actuellement du plus important journal financier en Suède.

Où est placé le restant des réserves de change ?
Pour être plus précis, la Banque d’Algérie a placé en bons du Trésor américain 6,5 milliards de dollars en février 2010, 7,9 milliards de dollars en mars 2010 et 9,6 milliards de dollars en avril 2010. En 2011, les réserves de change se sont situées à 6,3 milliards de dollars en janvier, 7,9 milliards de dollars en février, 8,6 milliards de dollars en mars et avril 2011 et 700 millions de dollars en juin 2011.

Depuis le mois de janvier 2003 jusqu’au mois de novembre 2011, la Banque d’Algérie a procédé à 52 transactions d’achat de bons du Trésor américain et 16 transactions de vente, rapporte Noureddine Leghliel. Les autorités monétaires de cette époque faisaient croire que le gros de nos réserves en devises était placé en bons du Trésor américain, considérés comme des placements sécurisés. Les chiffres de la Fed révèlent que ce n’est pas le cas et le pire ce sont les frais des transactions qui oscillent entre 0,2 et 0,3% que la BA doit payer à chaque transaction. Quant au rendement de ces bons il est presque nul car la durée des bons détenus par la BA varie entre 2 et 6 mois (des placements à très court terme). Où est alors placé le restant des réserves de change ? “Cela suppose que la quasi-totalité de nos réserves en devises est placée en bons du Trésor autres qu’américains. Et là, ces autorités n’ont divulgué aucune information sur ce que rapportent ces titres à l’Algérie et si cet argent est bien placé”, commente Noureddine Leghliel. Dans la foulée, les chiffres de la Fed indiquent que de novembre 2011 à mars 2016, la Banque d’Algérie n’a placé que 700 millions de dollars.
Le plus curieux dans ces documents est la fréquence des mouvements en achat et vente de bons du Trésor effectués par la Banque d’Algérie. Si on suit ces opérations de placement de 2008 à 2011, on constate plusieurs achats et ventes de bons du Trésor et qui retombent toujours à juin (2008, 2009, 2010, 2011) à 700 millions de dollars. On a vu qu’on est passé en 2010 en termes de placements en bons du Trésor de 5,9 milliards de dollars en février, 7,9 milliards de dollars en mars, à 9,6 milliards de dollars en avril, à 8,2 milliards de dollars en mai et à 700 millions de dollars à juin 2010.
“Pourquoi ces va-et-vient d’achat et de vente de bons du Trésor américain chaque mois par la Banque d’Algérie ?”, se demande l’analyste financier. Il déduit que la Banque d’Algérie a effectué des placements à court terme pendant toutes ces périodes susmentionnées. À l’inverse, le Nigeria et l’Arabie saoudite ont opté pour des placements fixes, c’est-à-dire pas d’opérations multiples de vente et d’achat pendant cette période. Le premier pays a placé 3 milliards de dollars en bons du Trésor américain et le second 90 milliards de dollars. “Ils ont recouru à des placements à moyen et long termes (5 ans, 10 ans, 30 ans). Ces placements rapportent entre 1,8, 2,5 à 2,9%”, soutient l’expert.
On voit bien que contrairement aux assertions des autorités monétaires, cet argent n’est pas aussi bien placé. Ces pays font mieux que l’Algérie. Par ailleurs, il faut savoir que ces multiples transactions, achat et vente de bons du Trésor, effectuées par la Banque d’Algérie coûtent de l’argent. Les frais de ces opérations qui passent par des intermédiaires, les banques d’affaires internationales s’élèveraient à plusieurs millions, voire à des dizaines de millions de dollars.

K. Remouche


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1 réactions
elbahri le 16/05/2018 à 23h59

Pfff...des pauvres qui se posent des questions sur l'argent qui les fait survivre

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