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Ils appellent au respect de la constitution

Les robes noires marchent sur le Conseil constitutionnel

Rassemblement des avocats, jeudi dernier, devant le Conseil constitutionnel. © Louiza Ammi. Liberté

Tayeb Belaïz, le président de l’institution, a refusé de recevoir les avocats qui devaient lui remettre une lettre l’appelant au respect de la Constitution et des lois de la République.

Plus d’un millier d’avocats ont organisé, jeudi, une marche vers le Conseil constitutionnel, afin d’exprimer leur opposition à un 5e mandat du Président sortant. Les robes noires ont tenté, en vain, de remettre un message au président de cette institution dont ils ont rejoint le siège, non sans braver l’interdiction et forcer les barricades des forces de l’ordre.
Mais Tayeb Belaïz, le président du Conseil constitutionnel, n’a pas reçu les avocats qui devaient lui remettre une lettre l’appelant au respect de la Constitution et des lois de la République. Les avocats d’Alger et de différentes régions du pays ont convergé vers le Conseil constitutionnel pour dénoncer les déviations de la loi commises par les membres de cette institution qui ont accepté le dépôt du dossier de candidature par procuration du Président sortant. Les avocats ont arpenté le boulevard qui accueille plusieurs institutions du secteur de la justice, dont la Cour suprême, la direction pénitentiaire et la résidence des magistrats, vêtus de leurs toges. Ils ont scandé “Djazaïr horra democratia” (Algérie, libre et démocratique) sous les applaudissements des riverains.
Parmi eux, l’on distinguait plusieurs visages connus, notamment Me Salah Dabouz, qui garde encore l’image d’une dynamique de rejet du système.
Commentant la décision de Belaïz de refuser de recevoir le bâtonnier du barreau d’Alger, il a rappelé que “Me Silini, appuyé par des milliers d’avocats, était porteur d’un message très clair, celui du peuple traduit en message légal”. Mais Belaïz a prouvé qu’“il méprise la contestation et toute cette dynamique”, a-t-il estimé, en ajoutant qu’“il y a encore des poches de résistance”, rappelant que Belaïz vient d’être nommé à la tête de cette institution. “C’est son ami et il y a des considérations très personnelles dans cette histoire de refus de recevoir les gens qui le contestent et un avant-goût pour signifier l’acceptation de la candidature de Bouteflika.” Ce qui sera “une violation de la Constitution et d’autres textes de la République, comme le règlement intérieur du Conseil constitutionnel et la loi organique sur les élections”, a-t-il indiqué.
Un appel insistant a été lancé aux magistrats pour rejoindre aussi la contestation. Ce que confirme Me Dabouz en affirmant : “Nous leur avons lancé un appel très clair, en leur disant qu’il ne reste qu’eux pour rejoindre cette dynamique.” Notre interlocuteur s’est dit “agréablement surpris, le soir, de voir un communiqué d’une organisation qui regroupe un millier de juges qui s’appelle ‘Le Club des juges’, une sorte de syndicat qui a fait une analyse qui rejoint parfaitement la position du peuple, en décidant de ne pas encadrer les élections si les tenants du pouvoir décidaient d’aller à ces élections en violation de la loi. Ce qui voudra dire que la machine électorale va tomber en panne.” La première remarque à faire au sujet de cette contestation, selon Me Dabouz, est que “la classe politique est prise de vitesse. Nous avons l’impression qu’elle est en train de se chercher et de chercher à se positionner dans cette dynamique de contestation, qui est en avance même par rapport à l’activisme de l’élite d’une façon générale”. “Je ne pense pas qu’il s’agisse seulement de rejeter un 5e mandat, mais de contester tout le système politique en place”, assène-t-il.
D’où “l’impératif, a-t-il ajouté, d’aller vers un changement radical. Il ne s’agit pas de changer des têtes, mais de changer l’architecture de l’État et le mécanisme de fonctionnement de ce système”.


AMAR RAFA

 


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