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Il s’est éteint mercredi dernier

Les traces d’Oscar Niemeyer en Algérie

L’USTHB est aussi liée au défunt architecte brésilien. Toutefois, le résultat est loin de refléter son projet initial. Lui-même n’était pas d’accord avec Boumediene sur ce dossier.

Oscar Niemeyer s’est éteint mercredi dernier. Ce grand architecte brésilien est mort après avoir vécu 104 ans. Une vie pleine d’innovations et de créations. Celui qu’on surnommait “le père de Brasilia” a laissé des traces en Algérie. C’était dans les années 60 et 70. Parmi ses œuvres, il y en a essentiellement quatre qui lui sont souvent attribuées : l'université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB), la coupole du complexe olympique du 5-Juillet, l’École polytechnique d’architecture d’Alger (Épau) et l’université Mentouri de Constantine.
Dans son livre Alger la Blanche, biographies d’une ville (éditions Perrin, avril 2012), Salah Guemriche reprend ce qu’avait dit Oscar Niemeyer sur son expérience algérienne. “Le président Boumediene connaissait mon travail et il avait de grandes ambitions pour le pays (…) Il m'a offert sa protection pendant toute la période durant laquelle j'ai vécu exilé en Europe, à cause de la dictature dans mon pays. Un jour, il m'a dit : “J'aimerais que tu deviennes mon conseiller pour les questions architecturales.” (…) Nous parlions de tout, et bien sûr des nombreux projets en cours, parmi lesquels l’université des sciences et technologies d'Alger, l'université de Constantine, l'École polytechnique d'architecture et d'urbanisme d'Alger, une salle omnisports au sein du complexe olympique (…) et le plan du nouvel Alger”.  Cette collaboration a donc été ponctuée par des résultats concrets. Cependant des précisions sur quelques idées reçues s’imposent, comme l’atteste Akli Amrouche, architecte et directeur de la revue Vies de Villes. Pour l’Épau, “Oscar Niemeyer n’a conçu qu’une partie de l’école, exactement le bloc administratif, les deux auditoriums de forme circulaire et l’allée Aoudjhane et celle qui lui est perpendiculaire, mais tout le reste n’a rien à voir avec l’architecte brésilien”. Akli Amrouche précisera que les autres parties de l’Épau étaient l’œuvre de Jean-Jacques Deluz (la fameuse extension) et plus récemment l’œuvre du Bereg. Concernant la coupole du 5-Juillet, le directeur de la revue Vie des Villes semblait plus enthousiaste à en parler. “Oscar Niemeyer a suivi le projet en y réalisant des prouesses techniques incroyables”. Akli Amrouche citera un exemple de la subtilité de l'architecte brésilien. “À l’intérieur de la coupole qui, selon un architecte ayant eu accès au dossier, on a trouvé une longueur de 62 mètres et une autre de 54 mètres, on voit bien que c’était pour souligner l’année de l’Indépendance et celle du déclenchement de la Révolution”. 
L’USTHB est aussi liée au défunt architecte brésilien. Toutefois, le résultat est loin de refléter son projet initial. Lui-même n’était pas d’accord avec Boumediene sur ce dossier, comme l’a rapporté Salah Guemriche, qui le cite : “En ce qui concerne l'université des sciences et technologies d'Alger, j'ai eu des désaccords, car mon idée n'a pas été acceptée, et je ne m'y suis plus impliqué”.
Mais il était tout de même curieux d’en savoir plus. Il y a quelques mois Oscar Niemeyer était sur le projet d’une bibliothèque arabo-africaine qui devait être construite en Algérie.
Dans ce cadre, il avait rencontré un architecte algérien auquel il avait demandé des nouvelles sur l’USTHB et surtout du grand auditorium et du bassin d’eau. L’autre était très gêné  de lui dire que les travaux sont restés incomplets par rapport au projet initial, et que, plus grave, il y a eu des extensions qui ont dénaturé l'architecture originale.


S.K.

@SalimKoudil

Publié dans : Oscar Niemeyer,USTHB