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Martha Rojas Urrego, SG de la Convention de Ramsar :

"Les zones humides sont sources de multiples avantages économiques"

Zone humide de guerbes par Tedjani K.

L’Algérie célèbre ce 02 février  la journée mondiale des zones humides, placée cette année sous la thématique : « les zones humides pour un avenir urbain durable ». De par  sa variabilité des organismes vivants, y compris les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques, l’Algérie a signé la convention sur les zones humides, appelée Convention Ramsar le 4 mars 1984. Selon cette dernière, l’Algérie a  actuellement 50 sites inscrits sur la liste des zones humides d’importance internationale (Sites Ramsar), ayant une superficie totale de 2,991,013 hectares.

Entre valeurs économiques et environnementales

L'intérêt des zones humides n'est pas qu'environnemental, elles peuvent aussi apporter un bénéfice économique, comme s'accordent à dire les spécialistes. Elles dépendent, entre autre, de nombreuses activités économiques, telles l'élevage, l'aquaculture, la pêche ou la production du sel.

Pour l'écologiste Karim Tedjani, fondateur de nouara-algerie.com, un blog dédié à la protection de l'environnement, les zones humides ont un grand rôle économique. Selon lui, "de prime abord, leur valeur économique n'est pas évidente à cerner, mais elle est multiple et même essentielle et à bien des égards pour les localités qui les abritent".

Il a par ailleurs ajouté que "beaucoup de types de zones humides jouent des rôles de station d'épuration, ou de régulation des ressources hydriques locales avec un rayonnement souvent national et international. Elles produisent et abritent une biodiversité dont la rareté ou la préciosité écologique représente un capital économique souvent mal exploité, voire mal apprécié".

Cependant, l'écolo a relevé  une autre approche de l'économie qui est selon lui moins durable et entre en grave conflit avec l'écologie de ces écosystèmes. "L'impact de l'activité humaine industrielle ou agricole intensive, met en péril ces zones humides ; de la même manière, c'est tout l'équilibre d'une région qui est menacé. Avec des dégâts environnementaux collatéraux qui peuvent nuire très sérieusement à la durabilité économique d'une région", a-t-il déploré.

Carte démontrant une partie des zones humides algériennes inscrites au Ramsar

Selon dernières statistiques diffusées en février 2017 par la Direction générale des forêts (DGF), « l'Algérie compte 1.451 zones humides composées de 762 zones naturelles et 689 d'origine artificielle ».

Pour rappel, la Convention sur les zones humides, appelée Convention de Ramsar, est un traité intergouvernemental qui sert de cadre à l’action nationale et à la coopération internationale pour la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources. Le Ramsar regroupe 169 parties contractantes, quant aux sites, il existe 2,293 sur une surface de 225,418,823 ha.

Les zones humides et l'urbanisation

Dans sa déclaration à l’occasion de cette journée, Martha Rojas Urrego, Secrétaire générale de la Convention de Ramsar a relevé le rôle des zones humides et l’importance de leur préservation.  « Pendant les tempêtes, les zones humides urbaines absorbent l’excédent de précipitations, limitant les inondations et réduisant les catastrophes et leurs conséquences financières. Leur végétation abondante filtre les eaux usées domestiques et industrielles, améliorant ainsi la qualité de l’eau »,a-t-elle fait savoir dans une vidéo publiée par le portail web de Ramsar.

Elle a par ailleurs signalé les dangers de l’urbanisation et ses impacts sur l’écosystème. « Le développement des établissements humains est aujourd’hui une source de préoccupation majeure pour la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides. Avec la croissance des villes et les demandes plus pressantes exercées sur les terres, on a tendance à empiéter sur les zones humides ».

La Secrétaire générale de la Convention de Ramsar met ainsi en garde contre la détérioration des milieux humides  qui constituent un patrimoine naturel exceptionnel. « Elles sont souvent considérées comme des espaces à l’abandon utilisés pour y déverser des déchets ou transformés à d’autres fins » a-t-elle alerté. Tout en ajoutant : « or, lorsqu’elles sont préservées et utilisées de façon durable, les zones humides  sont sources de multiples avantages  économiques, sociaux et culturels. Ce sont des zones précieuses, et non inutiles, et devraient être intégrées dans les plans d’aménagement des villes ». 

 

Imène AMOKRANE

@ImeneAmokrane