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Youcef Abdelmoumen, premier vice-président de l'ordre des architectes

“L’habitat illicite constitue le maillon faible de l’activité sismique”

© D.R.

Le séisme qui a secoué la région de Mila et fait d'importants dégâts matériels, est venu, encore une fois, rappeler aux esprits l’importance du rôle de l'architecte et du respect des normes de construction dans tout acte de bâtir. Youcef Abdelmoumen, 1er vice-président de l'ordre des architectes, a bien voulu donner son avis sur les normes et la responsabilité prévues par la réglementation en matière de construction.

Liberté :  Le séisme, qui a secoué la région de Mila, montre la non-conformité des nouvelles constructions et, partant, l'absence d'intérêt pour l'avis technique de l'architecte. Où se situe la faille ?
Youcef Abdelmoumen :
La plupart des gens, quand un séisme se produit, se posent des questions sur la solidité ou la vulnérabilité de leur construction et, par la même occasion, interpellent les professionnels du bâtiment quant à la production architecturale ou urbaine et les risques qui pourraient surgir. L’acte de construire a, de tout temps, comporté des risques dont la responsabilité partagée a donné lieu à l’élaboration de normes soumises à une réglementation spécifique, qui a fait l’objet de moult révisions et plus de rigueur après chaque catastrophe. En ce qui concerne notre pays, la responsabilité incombe pour une part aux concepteurs, aux architectes et aux ingénieurs, dont le projet d’exécution est examiné par un ensemble de spécialistes, contrôleurs institutionnalisés pour le contrôle de la conformité aux règles établies et en vigueur.

Quel rôle joue l'ordre national des architectes dans ce que vous appelez “le chaos urbain” et ses rapports avec les maîtres d'ouvrage qui sont les donneurs d’ordre ?    
Depuis la création de l’ordre en 1994, les architectes sont de plus en plus nombreux à s’exprimer pour reconquérir leur rôle de maîtres d’œuvre et qui demeure toujours une bataille sans fin. Si nous revenons au chaos urbain que connaissent nos villes et la vulnérabilité des constructions face au séisme, nous tenons à attirer l’attention sur toutes les villes algériennes qui sont constituées en majorité d’habitat individuel qui occupe plus de 65% du tissu urbain en plus de l’habitat spontané et de l’habitat illicite qui constituent le maillon faible et le plus vulnérable, donc les plus touchés suite à une activité sismique.
 
Quelles mesures préconisez-vous pour arriver à une approche qui accorde à l'architecte la place qui lui sied dans le processus de réalisation des constructions et dans l'acte de bâtir ?  
L’ordre des architectes, par le biais de son conseil national, s’est penché sur le problème et a attiré l’attention des responsables du secteur (le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville) sur la problématique générale causée par le vide juridique qui existe entre la délivrance du permis de construire et la réalisation de la construction, car il n’existe aucun texte qui oblige un particulier, après la délivrance de son permis de construire, à signer un contrat ni avec un entrepreneur pour la réalisation de sa construction ni avec l’architecte qui l’a conçue. Il se contente donc de confier les travaux à un maçon et quelques manœuvres pour construire et modifier à sa guise les plans établis par l’architecte et ceux de l’ingénieur en génie civil, sans aucun contrôle de qualité des travaux, des matériaux utilisés, des normes de construction et, bien évidemment, des normes sismiques, d’où la vulnérabilité de ces constructions face aux aléas, aux risques sismiques, aux glissements de terrain…, comme cela a été le cas hier dans la ville de Mila. Pour ces raisons, le Conseil national de l’ordre des architectes a élaboré un texte de loi pour combler ce vide juridique, un texte qui oblige le particulier à signer un contrat de maîtrise d’œuvre avec l’architecte qui aura pour tâche non seulement de concevoir, de suivre et de contrôler les travaux de réalisation de sa construction, mais aussi de signer un contrat avec un entrepreneur pour les travaux de réalisation et, à partir de là, mettre un terme à l’habitat illicite et spontané. Cela obligera les particuliers à respecter les règles d’urbanisme. Malheureusement ce texte de loi est toujours en instance au niveau du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, depuis 2017, peut-être faudrait-il attendre une autre catastrophe pour prendre conscience de la nécessité de ce texte de loi.

Propos recueillis par : M. EL BEY


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