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L’idéologie est décortiquée par Miloud Chennoufi et Gaby Hsab

L’hérésie du wahhabisme

L’Arabie saoudite n’exporte pas uniquement du pétrole ; elle exporte aussi le wahhabisme. C’est cette idéologie qui est à l’origine des violences qui ont cours au Moyen-Orient. Deux universitaires ont tenté de décortiquer la problématique, abordée dans une perspective historique, mercredi à Montréal, à l’occasion d’une conférence organisée par le Festival du monde arabe (FMA).
Miloud Chennoufi, professeur au Collège des Forces armées canadiennes, est revenu longuement sur la genèse du wahhabisme, né en tant qu’hérésie, selon des penseurs musulmans. Le mouvement réformiste, d’inspiration libérale, mené par des penseurs comme Djamel-Eddine El-Afghani, n’a pas empêché l’émergence du wahhabisme qui se base sur une interprétation littéraliste du Coran et de la tradition prophétique ainsi que sur le rejet systémique de la modernité, explique M. Chennoufi. C’est l’alliance triangulaire entre les États-Unis, la Grande-Bretagne avec le royaume saoudien basée sur des intérêts stratégiques et économiques, qui a permis aujourd’hui au wahhabisme de s’exporter hors des frontières saoudiennes. Selon l’orateur, la guerre d’Afghanistan a remilitarisé le wahhabisme, dont la violence est symptomatique.
L’expert note un parallèle entre la situation en Syrie et ce qui s’est passé en Afghanistan durant les années 1980 lors de la guerre contre l’ex-Union soviétique. “Le salafisme est intrinsèquement lié à l’Arabie saoudite qui a des intérêts de domination dans la région où les commandes en armement dépassent les 50 milliards de dollars”, ajoute le conférencier pour qui cette alliance durera tant que ces intérêts géostratégiques demeureront toujours en jeu.
Pour sa part, Gaby Hsab, professeur et directeur du département de communication sociale et publique de l’Uqam (Université du Québec à Montréal), estime que la multiplication des conflits armés et des foyers de violence sont le résultat de cette idéologie qui subventionne à coups de pétrodollars des mosquées et des écoles coraniques partout dans le monde. L’universitaire voit derrière l’hypocrisie occidentale par rapport à l’Arabie saoudite des intérêts géopolitiques colossaux. Tant que cette alliance durera, le terrorisme islamiste persistera, avoue M. Hsab qui ne manquera pas de noter que l’intervention russe dans le conflit syrien pourrait changer la donne. “Je pense que la solution à la guerre contre le terrorisme doit commencer par une dénonciation claire de l’Arabie saoudite qui en est responsable en partie”, affirme-t-il. Les débats modérés par l’universitaire et sociologue Rached Antonius ont donné lieu à des échanges et des éclairages qui ont mis en exergue la nécessité de freiner l’hégémonie de l’idéologie wahhabite.


Y. A.


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