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A la une / Actualité

Afin d’empêcher une marche des médecins résidents

L’hôpital d’Oran assiégé par la police

Les médecins résidents cernés par les forces de l’ordre, hier, à Oran. ©D. Loukil/Liberté

La situation restait tendue et confuse à l’entrée principale du Chuo, avec des malades et des citoyens effrayés par les scènes d’affrontements.

Les médecins résidents ayant tenté de forcer le passage ont été accueillis à coups de matraque. Les délégués du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) ont fait état de plusieurs blessés parmi leurs collègues.
La marche pacifique des médecins résidents qui devait se dérouler hier en fin de matinée, la quatrième du genre à Oran depuis l’entrée en grève des médecins résidents du Camra, a été violemment réprimée par les forces de l’ordre intervenues à l’intérieur de l’enceinte hospitalière du Chuo. Les forces antiémeutes ont bloqué les principaux accès du Chuo pour faire barrage aux protestataires, dès le départ de la marche. C’est au niveau de la principale porte d’entrée de l’établissement hospitalier que la répression a été des plus brutales. Les médecins résidents ayant tenté de forcer le passage ont été accueillis et contenus à coups de matraque. En fin de matinée, les délégués du Camra ont fait état de plusieurs blessés dans les rangs de leurs collègues, dont un grièvement touché, souffrirait d’un traumatisme crânien. Ce dernier a été évacué vers les urgences médicochirurgicales, précise-t-on. Peu de temps après, l’on signalait un deuxième médecin “très sérieusement blessé” et transféré, lui aussi, aux urgences. Pendant ce temps, la situation restait tendue et confuse à l’entrée principale du Chuo, au cœur du quartier populaire du Plateau, avec des malades et des citoyens qui, effrayés par les scènes d’affrontements entre les médecins résidents et les forces de l’ordre, n’arrivaient pas à accéder à l’hôpital. À chaque poussée des protestataires, les brigades antiémeutes les repoussaient en usant de boucliers et de matraques. Deux jeunes résidents chutent, tentent de se relever mais n’y n’arrivent pas. Face aux cordons des brigades antiémeutes, les médecins résidents lèvent les mains vers le ciel pour montrer qu’ils sont pacifiques. Les slogans sont alors repris par des centaines de voix : “Pouvoir assassin, policier haggar ! Les résidents solidaires, nous ne sommes pas des voyous !” Un délégué du Camra s’adresse à la presse et affirme que la veille une autorisation verbale pour la marche leur avait été donnée par les services de sécurité. “Nous avions leur accord, nous avons fait des marches déjà à Oran et tout c’était bien passé”. Il ajoute ne pas comprendre ce “retournement de situation”, encore moins “ce déchainement de violence”. “Ils nous ont matraqués, comme à l’hôpital Mustapha-Pacha. Nous avons plusieurs blessés. Ils nous ont dit que ce matin (les forces de l’ordre, ndlr), ont reçu un ordre venu d’en haut pour interdire la marche”. En début d’après-midi, les résidents, toujours coincés devant l’hôpital, arrivent, à force d’obstination, à rompre le cordon de sécurité des brigades antiémeutes. Une partie des grévistes échappe aux policiers, courant presque, et les médecins résidents empruntent le boulevard Benzerdjeb et manifestent drapeau et blouses brandis en l’air. Une confusion totale s’ensuit. Les forces de l’ordre se retrouvent face à trois groupes de médecins résidents, ceux toujours bloqués au Chuo et deux autres groupes de contestataires, dont certains arriveront malgré tout devant le siège de la wilaya d’Oran. En milieu d’après-midi, la situation demeurait inchangée et l’entrée de l’hôpital restait en état de siège.

D. LOUKIL


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