Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Réforme des subventions

L’impératif d’un nouveau contrat social

Siège de la Banque d’Algérie. © Archives/Liberté

Les économistes doutent que l’actuel Exécutif puisse ouvrir le chantier délicat de la réforme du dispositif public des subventions.

Dans sa dernière note de conjoncture, la Banque d’Algérie a souligné “la nécessité d’efforts d’ajustement soutenus, notamment budgétaire, pour rétablir la viabilité de la balance des paiements et limiter l’érosion des réserves officielles de changes”. Une alerte. Une interpellation formelle sur une situation financière qui vire au rouge vermeil, faute de réforme. La Banque centrale a précisé que ces efforts “devraient s’intégrer dans un vaste programme de réformes structurelles pour améliorer le recouvrement de la fiscalité ordinaire (y compris par la rationalisation des subventions), libérer le fort potentiel de croissance de l’économie nationale et diversifier l’offre domestique et les exportations de biens et services”. La passivité des derniers gouvernements a fait sortir la Banque centrale de ses gonds, soulignant l’urgence de réformes structurelles, alors que l’économie du pays entre décidément dans une zone de fortes turbulences. Cependant, cet impératif de réformes n’est pas le seul défi auquel doit faire face le gouvernement. Son illégitimité pourrait être un handicap majeur pour la conduite des réformes, notamment pour certaines d’entre elles, à l’instar de la remise en cause de l’actuel dispositif des subventions, un exercice aussi sensible que complexe. Les économistes doutent que l’actuel Exécutif puisse ouvrir ce chantier qui touche directement au pouvoir d’achat des ménages et des entreprises. Mais en même temps, il s’agit d’un mal nécessaire qui devrait prendre en compte deux paramètres : protéger les populations pauvres et mieux cibler les aides à travers un nouveau dispositif qui aboutirait à l’institution d’un complément de revenus en faveur des ménages vulnérables. Le ministère des Finances, épaulé par d’autres départements, a travaillé avec la Banque mondiale pour approfondir la réforme des subventions. Celle-ci devait être mise en œuvre courant 2019, mais la remise en cause du 5e mandat et le contexte politique actuel ont fait que les urgences économiques occupent désormais la seconde case des priorités. Bien qu’elle figure parmi les réformes les plus urgentes, tant il est vrai que l’équation budgétaire ne fait que se complexifier davantage sous le coup d’un marché pétrolier capricieux et de disponibilités financières limitées, la réduction des subventions pose, politiquement, la condition d’un Exécutif parfaitement légitime pour s’assurer de la caution populaire. La politique des subventions généralisées pèse pour près d’un quart dans le budget de l’État, soit environ 28 milliards de dollars, à raison de 15 milliards de dollars de soutien aux prix des produits énergétiques (électricité, gaz et carburants), près de 5 milliards de dollars de soutien à l’habitat, les familles et les produits de base (4,5 milliards de dollars), la santé (3,2 milliards de dollars). Une telle politique est désormais insoutenable pour le budget de l’État. Dans une interview accordée à l’APS, Lachemi Siagh, spécialiste en stratégie et en financements internationaux, estime que la réforme des subventions doit être précédée par une rationalisation de la consommation nationale d'énergie (gaz électricité) avant d'aller à une révision “rapide” des prix domestiques de l'énergie : “La mère des réformes sera celle de s'attaquer aux diverses subventions, notamment énergétiques, de soutien aux produits de large consommation qui plombent le Trésor public.” Une multitude d’autres subventions indirectes et de concessions fiscales grèvent le budget de l’État et nécessitant leur rabotage pour faciliter l’ajustement budgétaire requis. En tout cas, le contexte de crise est propice aux ajustements de fond, sauf qu’il faudra savoir doser les réformes tout en arbitrant les contrecoups possibles sur l’inflation et le chômage. Ce nouveau contrat social exige à la fois l’adhésion de la population à condition que l’ajustement soit progressif et non brutal, mais surtout des gouvernants parfaitement légitimes.   

Ali Titouche



Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER