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Hués par les foules, chassés de partout…

L’impossible vie ordinaire des ex-fidèles de Bouteflika

Le président déchu Abdelaziz Bouteflika. © D. R.

Plusieurs personnages-clés des deux précédentes décennies se meurent politiquement dans le sillage de la chute du trône.

Il est difficile d’imaginer les promoteurs du 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika se refaire une virginité politique au lendemain de leur frasque exorbitante. Il est encore si difficile de les imaginer refaire leur vie sans être entravés par leurs actes du passé. Une vidéo datant de dimanche dernier sur laquelle on voit l’ex-secrétaire général du FLN et ancien ministre Djamel Ould Abbes, carrément terrifié par les attaques verbales de quelques citoyens, alors qu’il était dans un embouteillage. 

Au cours de cette conversation, l’ex-ministre de la Solidarité nationale, qui fait face actuellement à une demande de la justice pour la levée de son immunité parlementaire en vue de sa convocation, affichait une mine blême face aux citoyens lui demandant de ne pas fuir le pays en vue de son jugement, voire épouvanté par l’incertitude sur son avenir dans le sillage de la terrible fin de règne des Bouteflika, dont il est réputé être un des plus proches. Le “lynchage” de Djamel Ould Abbes par une foule le méprisant et le tournant en dérision confirme les pires moments que vivent actuellement les promoteurs du 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika et tous ceux qui se sont accrochés à son “cadavre” jusqu’au 22 février dernier, date de la première réaction de masse contre ce qui allait être l’humiliation de trop. C’est une onde de choc qui ne semble épargner aucun des fidèles de l’ancien président. Hamraoui Habib Chawki, ancien ambassadeur, rapatrié pour les besoins de faire partie du staff de campagne d’Abdelaziz Bouteflika, a subi, lui aussi, récemment, une humiliation publique à bord d’un avion où tous les voyageurs scandaient d’une seule voix : “Chaouki chiyat.” Les choses tournent ainsi mal pour ceux qui étaient jadis les plus fervents défenseurs de la personne de l’ex-chef de l’État, alors qu’il était même dans l’incapacité la plus totale d’assumer la fonction présidentielle. 

Fatima Zohra Bousbaâ, présidente de l’Organisation nationale pour la promotion de la culture de la paix (ONPCP), en a pris également pour son grade. Elle a été, elle aussi, huée dans un avion. “Fatima chiyata”, scandaient les passagers tout au long du voyage. Un sale quart d’heure pour celle qui criait à qui voulait l’entendre sa vénération pour Abdelaziz Bouteflika. Naïma Salhi subit le même sort. Elle est chassée de partout par un peuple plus que jamais jaloux de son unité et de sa dignité. L’autre conséquence de la chute du “roi” est la difficulté de ses valets à pointer le nez dehors, aussi bien parmi les présidents des partis qui étaient totalement acquis à ses politiques, que parmi ses ministres et les responsables d’organisations dites de la société civile. Plusieurs personnages-clés des deux précédentes décennies se meurent politiquement dans le sillage de la chute du trône, tandis que d’autres sont, soit traînés devant  les tribunaux, soit  assignés à résidence par la justice citoyenne. Déjà sanctionnés politiquement par l’échec du 5e mandat, le mouvement citoyen qui a bouclé, vendredi dernier, sa treizième semaine rejette l’ensemble des figures qui incarnaient le régime des Bouteflika, poussant ce refus jusqu’aux pions les plus insignifiants parmi les fidèles de l’ex-président. 
 

Ali Titouche

 


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