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Elle avait été annoncée pour la fin de l’année en cours

L’installation de l’Arpe renvoyée aux calendes grecques

Djamel Kaouane, ministre de la Communication. ©APS

Annoncée également dans le plan d’action du gouvernement, la réactivation du fonds d’aide à la presse n’est pas pour demain.

Annoncée en grande pompe, successivement par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, l’installation de l’Autorité de régulation de la presse écrite (Arpe) est, contre toute attente, renvoyée aux calendes grecques. En tout cas, elle n’interviendra pas cette année comme l’avait pourtant ordonné le chef de l’État et promis le ministre de tutelle. “La mise en place de l’Arpe interviendra d’ici à la fin de l’année”, avait, en effet, presque juré M. Kaouane lors de son passage au Forum d’El Moudjahid, le 22 octobre dernier, à l’occasion de la Journée nationale de la presse, citant, au passage, les instructions du président de la République. Mais voilà qu’il vient de renoncer officiellement à cette option. Pour lui, “l’important ne réside pas dans la date d’installation de cet organe, mais dans son étude globale conformément à la loi et dans le processus devant le régir”. C’est ce qu’il a déclaré en marge de sa visite effectuée, dimanche et lundi derniers, à Oran et à Sidi Bel-Abbès.
Pour justifier sa promesse non tenue, le ministre a tenté de convaincre pour l’installation de l’Arpe “dans les plus brefs délais”. “Nous œuvrons dans ce sens pour garantir l’installation de cet organe dans de brefs délais”, a-t-il dit. M. Kaouane n’en dira pas plus sur le fonctionnement, ni le rôle de cette Autorité, se contentant de rassurer qu’elle aura de “larges prérogatives”. Également annoncée dans le plan d’action du gouvernement, la réactivation du fonds d’aide à la presse ne s’annonce pas non plus pour demain, selon M. Kaouane. Il a révélé que ce fonds est “en cours de constitution” et qu’“il ne sera qu’un outil de soutien”. Défonçant des portes ouvertes, M. Kaouane ajoutera que le responsable de la gestion d’un journal reste son propriétaire ainsi que le personnel. Pour lui, “l’État ne peut être (ainsi) considéré responsable de l’essor ou de l’échec et de la fermeture d’un journal”. S’agissant de la publicité publique distribuée par l’Agence nationale de publicité (Anep), dont est exclue incompréhensiblement une partie des journaux privés, le ministre a tenté de convaincre que le soutien de l’État à la presse “n’est pas suspendu”. “Nous ne faisons aucune distinction entre presse publique et presse privée. Les pouvoirs publics ont soutenu la presse, ainsi que la création de titres privés. Cette dernière a vu le jour dans les années 1990 grâce à la contribution et à l’aide de l’État qui a octroyé de nombreux avantages comme les exonérations fiscales et parafiscales, l’attribution de locaux, le versement d’avances salariales et l’octroi d’espaces publicitaires”, a rappelé M. Kaouane, non sans mettre en garde que le soutien de l’État “ne sera plus comme avant”.
Pour étayer ses propos, il met en avant la crise économique affectant le pays. Par soutien, M. Kaouane entend notamment la publicité publique dont, selon lui, “a toujours bénéficié la presse”. Ce soutien qu’il qualifie de “permanent”, sans lequel, estime-t-il, de nombreux journaux auraient cessé de paraître. Si le discours du ministre est, peut-être, valable pour une certaine presse, il ne l’est pas pour bien des journaux privés.
Ces derniers sont, en effet, exclus de cette manne publicitaire depuis des années pour certains, et ce, en dépit de leur notoriété et du nombre important des emplois créés. Au lieu de se pencher sur cette réalité, M. Kaouane invite plutôt les patrons de presse à octroyer des salaires “respectables” aux journalistes. Car, selon lui, “il ne peut y avoir de dignité de la presse sans la dignité du journaliste”. L’argument est plus que recevable, certes, mais il faut aussi admettre que la pérennité d’une entreprise de presse dépend également de la publicité publique. Et M. Kaouane en sait quelque chose, lui qui a dirigé par le passé un organe gouvernemental à très faible tirage, mais qui vivait de cette manne publicitaire.

Farid Abdeladim


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