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TAMANRASSET

L’odeur des morts envahit l’hôpital

L’odeur des cadavres en putréfaction avancée qui s’échappe de la morgue envahit l’hôpital de la ville de Tamanrasset et incommode les employés qui viennent de tirer la sonnette d’alarme et de dénoncer les conditions insupportables dans lesquelles ils travaillent. Une situation due à l’état de la chambre mortuaire qui ne répond plus aux besoins de cette région en raison du nombre limité d’armoires dont elle dispose. La situation s’est davantage aggravée avec le transfert sur décision judiciaire de cadavres de Subsahariens, souvent en décomposition, affirme une source auprès de l’EPH, qui précise que “certains cadavres, entreposés dans la morgue depuis plus de quatre ans, ne peuvent plus fournir d'indices dans un quelconque procès. Ce n’est pas normal !”. La situation est aussi préoccupante pour le personnel de la morgue car l’odeur qui se dégage des corps est devenue insupportable pour son quotidien malgré l’application de produits de conservation. 

Contacté par nos soins, le directeur de l’hôpital, Abdelkader Bika, affirme de son côté que le problème de la morgue a été résolu. “Le problème qui s’est posé concerne l’entreposage des cadavres partiellement décomposés appartenant à des Subsahariens en cours d’identification. Nous avons saisi les autorités judiciaires compétentes à ce sujet, et elles nous ont accordé l’autorisation d’inhumer les corps pour libérer les armoires frigorifiques”, indique M. Bika, en rappelant que la morgue d’une capacité de 14 places, dont 2 mobiles, était pleine à craquer. En tout, 12 cadavres putréfiés ont été enterrés, avant-hier, sur ordre du procureur de la République du tribunal de Tamanrasset, précise le même responsable, qui préconise d’accélérer la construction d’une morgue communale pour en finir avec l’épineux problème lié à la gestion des cadavres, dont certains requièrent des autorisations devant être délivrées par les instances judiciaires pour pouvoir procéder à leur inhumation.
 

RABAH KARECHE