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Elle souligne les contradictions au sein de l’exécutif

Louisa Hanoune : “Qui gouverne ?”


Devant la coordination des jeunes de son parti réunie hier à Zéralda, dans la banlieue ouest d’Alger, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a dépeint une situation “chaotique” du pays, dont le renvoi des migrants avec des “méthodes” dénoncées par les ONG, la situation des Touareg au flegme légendaire et qui menacent d’investir la rue ou encore les “contradictions” au sommet de l’Exécutif, “l’opacité” et les “convulsions” sont quelques principaux marqueurs. “Il y a une crise de régime et un délabrement des institutions. Le régime est incapable de répondre aux demandes des citoyens et de résoudre la crise. Au contraire, il crée des problèmes et complique la crise”, soutient-elle dans son allocution d’ouverture. Selon elle, le gouvernement “adopte la politique de l’autruche”. “Cette fuite en avant est dangereuse pour le pays car elle peut donner lieu à des évolutions imprévisibles. Il y a péril en la demeure”, dit-elle en observant que les manifestations qui secouent nombre de secteurs ne sont que les répliques des mesures contenues dans la loi de finances. Outre le renvoi des migrants, attitude qui traduit par certains aspects “la régression de notre politique étrangère”, Louisa Hanoune critique sévèrement l’absence de contrôle de l’origine des “liquidités” par les banques, mesure décidée récemment par le gouvernement dans l’espoir de capter l’argent de l’informel, au moment où le pays s’apprête à organiser une conférence internationale sur les sources de financement du terrorisme. “Quelle est donc cette dualité politique du gouvernement qui expose le pays aux pressions étrangères ? Est-ce cela l’Algérie, place financière qu’on nous avait annoncée ?”, ironise-t-elle. Elle n’hésite pas à pointer du doigt l’absence de “boussole” chez le gouvernement et dont  la politique procède, selon elle, de l’“aventurisme”. Comme nombre d’observateurs, Louisa Hanoune ne manque pas de relever quelques contradictions dans les déclarations des membres de l’Exécutif, comme celles relatives aux subventions. “Les contradictions au sommet de l’Exécutif se multiplient (…). Qui gouverne ?” Favorable à une loi de finances complémentaire, “pour éviter le chaos”, “rendre la quiétude aux travailleurs” et pour financer certaines mesures jugées positives, comme le projet de l’académie de tamazight, la première responsable du PT s’interroge cependant sur l’échéance arrêtée (2022) pour la concrétisation des normes contenues dans le projet de loi sur les lois de finances adopté par le dernier Conseil des ministres.

De hauts responsables favorables à la Constituante
Si elle considère la situation dangereuse, Louisa Hanoune estime toutefois qu’“elle n’est pas inéluctable”, ni “irréversible”. C’est pourquoi, dans la quête d’une solution à la crise, elle rappelle que son parti a lancé une campagne, dont les “échos sont favorables et prometteurs de collecte de signatures en faveur de l’élection d’une Assemblée constituante”. Perçue comme une issue politique à la crise depuis la base et non un replâtrage par le haut, Louisa Hanoune soutient que cette assemblée, dont l’idée est appuyée même par “d’éminents professeurs, de hauts responsables et même de cadres de partis du pouvoir”, doit initier des mesures d’apaisement. Elle explique sa démarche : “On s’adresse à Bouteflika, lequel avait promis des réformes politiques, mais celles-ci ont complètement échoué. L’assemblée constituante transcende l’accord des partis. Si le Président convoque l’élection de cette assemblée, libre aux partis d’y participer ou non.” Parce que convaincue que “seule la mobilisation paye”, elle met en garde contre le statu quo. “Si on laisse l’opacité et les convulsions qui vont en s’aggravant, on arrivera aux élections (2019) dans des conditions dangereuses qui peuvent conduire à l’intervention étrangère. Des hommes pourraient nous être imposés...”, affirme-t-elle, allusion probablement à Chakib Khelil.


Karim Kebir 



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