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Face à l’entêtement du pouvoir, les Algériens décidés à se mobiliser pour le 11e vendredi

Maintenir la flamme “révolutionnaire”

Les Algériens sont, de nouveau, appelés à investir les rues demain pour réclamer, comme ils le font maintenant depuis plus de deux mois, le changement du système et le départ de toutes les figures qui l’incarnent. Malgré une mobilisation inédite, renouvelée semaine après semaine, impliquant de nombreuses catégories socioprofessionnelles, comme les travailleurs, hier, ou encore les étudiants, mardi, les tenants du pouvoir refusent toujours de céder sur l’essentiel : la nécessité d’aller vers une période de transition et mettre les jalons nécessaires à l’avènement de la deuxième République. Autoproclamé tuteur de la nation depuis l’éviction d’Abdelaziz Bouteflika, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, n’est visiblement pas encore disposé à renoncer à l’option de l’organisation de l’élection présidentielle dans les “meilleurs délais” avec le gouvernement et le chef d’État intérimaire dont le renvoi est réclamé, pourtant, par la population. Multipliant les contradictions, s’exprimant sur des sujets qui ne devraient pas concerner l’institution militaire, ses discours, qui tiennent désormais lieu de curseur du régime, perdent de plus en plus de leur crédit aux yeux de l’opinion. 

C’est ainsi qu’après avoir promis d’accompagner le peuple dans ses “revendications légitimes”, il vient de décréter que la dynamique populaire a été provoquée. “J’ai affirmé dans une rencontre antérieure que nous étions en cours de démantèlement des bombes à retardement que le peuple algérien sait pertinemment qui les a plantées au sein de toutes les institutions de l’État, et que cette crise, dont nous n’avions guère besoin, a été inventée dans le but de semer les graines de la déstabilisation en Algérie, en créant un environnement propice au vide constitutionnel”, a-t-il affirmé, mardi, à Constantine. “Ces individus-là, qui ont intentionnellement causé cette crise, sont ceux-là mêmes qui tentent aujourd’hui d’infiltrer les marches, en brandissant des slogans suspects et tendancieux qui incitent à entraver toutes les initiatives constructives permettant le dénouement de la crise”, a-t-il ajouté. Même ses injonctions répétées à l’institution judiciaire, ses digressions sur la lutte contre la corruption, le déploiement de la gendarmerie pour empêcher les manifestants de rejoindre la capitale, ou encore ses appels au dialogue et ses louanges au peuple, mais contrariés dans les faits, ne convainquent pas grand monde, si l’on se fie aux réactions sur les réseaux sociaux et les slogans scandés 

par les manifestants. Signe de cette défiance : les appels se multiplient, à travers des pages créées sur les réseaux sociaux, en faveur de la mobilisation. Si elle se décline comme un indicateur de la capacité des Algériens à maintenir la flamme “révolutionnaire”, malgré l’entêtement du pouvoir et ses manœuvres dilatoires, il reste que cette marche, qui intervient à la veille du mois de Ramadhan, risque de creuser davantage le fossé de la défiance si de grands gestes ne sont pas entrepris. 
 

Karim Kebir


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