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Nominations, tapage autour d’affaires de justice, mesures populistes...

Manœuvres et fuite en avant du pouvoir


La recette n’a rien d’original. Au lendemain de chaque vendredi de démonstration de force des Algériens, depuis maintenant le début de l’insurrection citoyenne, et dont on a parié, à tort, sur l’essoufflement durant le mois de Ramadhan, le “pouvoir de fait” multiplie les décisions dont on ne sait pas encore les raisons qui les sous-tendent, ni l’objectif recherché. Alors que son renvoi est réclamé par les Algériens, le chef d’État par intérim, Abdelkader Bensalah, a, de nouveau, procédé à quelques nominations aussi curieuses que surprenantes. C’est ainsi qu’il a nommé samedi un nouveau directeur général de l'Entreprise publique de télévision (EPTV) en remplacement de Lotfi Cheriet, remercié deux mois seulement après son arrivée au poste.

Même si la citadelle du boulevard des Martyrs est traversée par une vague de contestations de journalistes qui réclament la fin de la censure, il reste que ces changements n’ont pas amené l’ouverture souhaitée. Des nominations ont également touché Sonelgaz, l’Arav (Agence de régulation de l’audiovisuel) et l’Anep. Comme pour celles qui les ont précédées, nous ne saurons rien des motivations. Sanction d’un bilan ou simple jeu de chaises musicales ? Mystère. Dimanche, alors que tous les médias évoquaient l’absence de candidatures au prochain scrutin, le Conseil constitutionnel nous apprend qu’il a “enregistré le dépôt de deux dossiers le 25 mai 2019”. Outre un dépôt presque clandestin, loin des médias, notamment publics, si prompts d’ordinaire à immortaliser le moment au service de la propagande du régime, ces “candidats”, d’illustres inconnus, n’ont pas communiqué jusque-là sur la collecte des parrainages.

Le Conseil constitutionnel aura dix jours pour examiner leurs dossiers. Le même jour, l’information passait en boucle sur les chaînes de télés : les dossiers d’Ahmed Ouyahia, d’Abdelmalek Sellal et d’anciens ministres ont été transmis à la Cour suprême. Pour une fois, le parquet d’Alger et celui de la Cour suprême ont décidé de communiquer sur ce lourd dossier dont on n’ignore pas l’impact attendu sur l’opinion nationale. “Ces personnes sont poursuivies pour des faits punis par la loi relative à la conclusion de marchés publics et de contrats contraires à la réglementation et les lois en vigueur.

La Cour suprême va entamer les poursuites judiciaires contre ces personnes”, a expliqué le parquet général de cette institution judiciaire. Parallèlement, le gouvernement annonce le gel des poursuites contre les souscripteurs au dispositif Ansej. C’est ainsi qu’il annonce qu’il sursoit à toutes les poursuites judiciaires engagées à l’encontre des jeunes n’ayant pas remboursé leur prêt. Dès lors, l’on s’interroge sur les intentions du “pouvoir de fait” qui, même ébranlé par les mobilisations des Algériens, ne donne pas des signes évidents d’être convaincu de la nécessité du changement et de l’inéluctabilité de l’organisation d’une transition.

En s’appuyant sur deux improbables candidatures dont on sait qu’elles ont peu de chances d’être retenues, qu’il appuie parallèlement de mesures, le pouvoir ne cherche-t-il pas finalement à maintenir son agenda de la tenue de l’élection, quitte à trouver l’artifice pour la reporter de quelques semaines, en misant bien entendu, les vacances aidant, sur l’usure du mouvement ? Cette attitude ne cache-t-elle pas l’improvisation et le désarroi, faute de vision, illustrés par l’impressionnant dispositif sécuritaire déployé vendredi dernier ? La prochaine sortie de Gaïd Salah nous renseignera davantage.  
 

Karim Kebir


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