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hésitation des patrons français à investir davantage en algérie

Medef : “Il nous faut des signaux…”

Pierre Gattaz, président du Medef. ©D. R.

Le patronat français a, entre autres, remis sur la table des discussions la règle 51/49.

Les entreprises françaises attendent “des signaux” pour investir davantage en Algérie. C’est ce qu’a affirmé, hier, le président du Mouvement des entreprises de France (Medef),  Pierre Gattaz, à l’ouverture du Forum d’affaires algéro-français organisé à l’hôtel El-Aurassi à Alger. “Pour agir davantage, il nous faut des signaux”, a souligné le président du Medef, tout en ajoutant : “Nous souhaitons tous renforcer notre collaboration. Pour cela, l’économie algérienne doit s’ouvrir davantage. C’est notre rôle en tant que représentants du secteur privé de pousser ce genre de thématiques auprès de nos pouvoirs publics respectifs.” Le patron des patrons français a insisté sur “les signaux” qui facilitent “la vie des entreprises”. M. Gattaz a, dans ce cadre, évoqué “les modalités de paiement qui se sont dégradées depuis quelques années”. Selon le président du Medef, “des entreprises attendent d’être payées et surtout d’avoir une visibilité sur les paiements”. Pour attirer les petites et moyennes entreprises en Algérie, soutient-il, “il faut les payer correctement”. Le président du patronat français a, également, relevé “le durcissement sur les licences d’importation de certains produits, équipements et composants qui peuvent pénaliser localement les investisseurs”. M. Gattaz a indiqué que cette question a été évoquée avec le ministre de l’Industrie, suggérant “de procéder au cas par cas, entreprise par entreprise ou filière par filière”. Le président du Medef a soulevé, par ailleurs, le problème de transfert des dividendes. Le patronat français a remis sur la table des discussions, la règle 51/49. “On peut s’améliorer sur ce sujet en Algérie. C’est un sujet politique”, a affirmé M. Gattaz, évoquant les explications de ses interlocuteurs sur le fait que cette règle ne remet pas en cause la détention de la majorité par le partenaire étranger. “L’idée pour nous, c’est que nous puissions entrer en France et dire aux PME françaises : ‘Venez plus nombreuses, les problèmes sont en train de se régler’”, a-t-il indiqué. Dans son allocution, M. Gattaz a insisté sur l’importance de la délégation de chefs d’entreprise qu’il conduit, “la plus importante jamais réunie en Algérie, gage de l’importance que le secteur privé français porte à la relation économique entre les deux pays”.  La délégation du Medef est composée de plus de 60 chefs d’entreprise représentant une cinquantaine d’entreprises françaises de toutes tailles et de tous secteurs d’activité (infrastructures et construction, transport et logistique, énergie et environnement, éducation, agrobusiness, aéronautique, numérique, finances et assurances, juridique). Intervenant, lors du forum, le ministre de l’Industrie et des Mines a fait remarquer qu’au moment où les entreprises françaises attendent “des signaux, d’autres investisseurs s’installent en Algérie”. Le ministre est longuement revenu sur certains projets réalisés avec des partenaires étrangers. “Je suis extrêmement optimiste sur le devenir de l’industrie algérienne. Je dois relever l’agressivité des groupes industriels qui viennent en dehors de l’Europe, pour ne pas dire de la France. Ils sont patients. Ils savent attendre. Ils prennent des risques et ne reculent pas devant les difficultés.” Concernant la règle 49/51, M. Yousfi a affirmé qu’elle n’a pas beaucoup découragé les investisseurs. Ces derniers trouvent des accommodements. Le ministre de l’Industrie a souligné que toutes les branches sont ouvertes au partenariat, ajoutant que “les entreprises françaises sont les bienvenues”. Pour sa part, le président du FCE, Ali Haddad, a précisé que son organisation défend la règle 51/49. Il a indiqué que depuis le mois de novembre 2017, l’État algérien paie les créances des entreprises. En marge de la rencontre le FCE et le Medef ont signé un mémorandum d'entente portant création d’un Conseil d’affaires algéro-français.

Meziane Rabhi