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Hamrouche explique son refus de participer à la présidentielle

“Même élu, je ne pourrai rien faire...”

Mouloud Hamrouche, ancien chef de gouvernement. © Archives Liberté

En fin connaisseur du système, l’homme avoue que, sans de vraies réformes, sa seule présence dans les institutions de l’État ne changera pas la situation.

Sollicité par des partisans qui lui ont demandé de revenir aux affaires, Mouloud Hamrouche a réitéré son refus de se porter candidat pour l’élection prévue en décembre. Mais il ne ferme pas définitivement la porte “si la situation change”. Malgré son refus de participer à la prochaine élection présidentielle, Mouloud Hamrouche ne “ferme pas” totalement sa “porte” si le pays a besoin de ses services. 

Devant quelques dizaines de citoyens venus tenir un sit-in devant chez lui pour lui demander de se porter candidat à l’élection présidentielle de décembre prochain, l’ancien chef de gouvernement a rappelé que la situation actuelle dans laquelle vit le pays ne permet pas une telle éventualité. En fin connaisseur du système, l’homme avoue que, sans de vraies réformes, sa seule présence dans les institutions de l’État ne changera pas la situation. Une fois n’est pas coutume, l’homme tient un langage de vérité. Il va droit au but.

“Je ne peux pas vous mentir. Il vaut mieux vous dire la vérité dès maintenant. Même si je me présente et que je suis élu, je ne pourrai rien faire dans ces conditions”, a-t-il indiqué, debout sur le perron de sa maison, située à El-Biar, sur les hauteurs d’Alger. Devant l’insistance de certains présents, l’homme s’explique. Selon lui, les sorties médiatiques effectuées ces derniers mois ne sont que des “prises de position” et des “points de vue” formulés sur “la situation que vit notre pays, sur l’espoir que nourrissent nos concitoyens ainsi que sur des échéances projetées”. 

Mais il refuse la “confusion” et rejette la “mystification”, avait-il indiqué dans un communiqué diffusé la semaine dernière. Autrement dit : une prise de position publique ne signifie pas une candidature à un poste de responsabilité. La raison de cette situation est que, pour Mouloud Hamrouche, le changement espéré par les Algériens depuis le 22 février n’a pas eu lieu. “Le pays a besoin de renouveau. Le peuple qui est sorti le 22 février a donné une occasion au système, au pays, de tourner la page de 30 ans de terrorisme et de corruption. On pouvait rebâtir sur de nouvelles bases, pardonner aux gens, la priorité étant de construire l’État algérien. Malheureusement, dans les conditions actuelles, ce serait vous mentir si je vous disais que je pourrai réaliser cet objectif”, a-t-il rappelé, devant des partisans visiblement déçus. “Toute vérité n’est pas bonne à dire.” Hamrouche fait sienne cette maxime. En enfant du système, il admet qu’il ne peut pas tout dire. “Je n’ai jamais menti aux gens. Il y a des choses que je ne peux pas dire, mais ce que je dis est une partie de la vérité. Je ne peux pas vous induire en erreur. Je sais d’ores et déjà ce qui pourrait se passer. Je ne pourrais pas vous dire demain qu’on ne m’a pas laissé travailler. J’aurais aimé exaucer votre vœu, mais il faut du concret, pas de l’illusion”, a-t-il expliqué. 

Ce tableau noir ne signifie pourtant pas que “l’homme des réformes” ferme définitivement la porte devant une “contribution” à la sortie de la crise. 
Devant l’insistance de certains partisans qui voulaient savoir s’il pourra jouer “un rôle si le pays a besoin de lui”, Mouloud Hamrouche les a interrompus : “Dans ce cas, je n’attendrai l’appel de personne.” Et si les conditions changent ? interroge un présent. “Les conditions pourraient changer. Je suis un militant, je ne ferme jamais la porte”, a-t-il répliqué. Mais le changement de conditions, ce n’est certainement pas pour l’élection de décembre. Et Hamrouche l’a bien expliqué.


Ali Boukhlef



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