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A la une / Actualité

Le GNL américain à l’assaut de l’Europe

Menace sur les exportations de l’Algérie

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, lors de sa rencontre avec le président des états-Unis, Donald Trump, en juillet 2018. ©D. R.

L’Espagne, un des principaux clients de l’Algérie, avec six terminaux de regazéification, se voit en tête de pont pour le GNL américain et presse pour réaliser le projet Step, l'interconnexion avec le réseau français, afin de pouvoir approvisionner le reste de l'Europe.

À l’issue d’une réunion avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, Donald Trump avait annoncé, le 26 juillet dernier, que l’UE allait devenir un “acheteur massif” du GNL américain. Il avait présenté cela comme une victoire dans ses négociations commerciales avec l’Union européenne.
Jeudi, c’était au tour de Jean-Claude Juncker d’acquiescer, indiquant que les États-Unis pourraient devenir un “partenaire stratégique” de l’UE pour ses approvisionnements en GNL. L'Union européenne a acheté 2,8 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié (GNL) américain en 2017. Certes, les importations européennes de GNL américain ne sont — jusqu’ici — qu’une goutte face aux besoins de l’UE estimés à 360 milliards de mètres cubes de gaz, dont 55 milliards de mètres cubes de GNL, mais Donald Trump entend, comme à l’accoutumée, utiliser la manière forte pour parvenir à ses fins. Le président américain a ainsi exigé l'abandon du projet de doublement de Nord Stream et a contraint les Européens à se désengager de l’Iran, qui possède les plus importantes réserves gazières au monde après la Russie avec, notamment, le gisement off-shore de Pars Sud. Ce n’est pas tout. Il a enfin obtenu l'engagement des Européens à acheter plus de gaz américain en contrepartie de son consentement à ne pas imposer
de nouveaux droits de douane sur les berlines exportées par les
Européens. Pour se placer sur le marché européen du gaz, les États-Unis se sont dotés d’une force de frappe redoutable ; la capacité de liquéfaction installée s’élevant à
28 milliards de mètres cubes, à laquelle devraient s'ajouter 80 milliards de mètres cubes supplémentaires d'ici à 2023. Plus de 40 méthaniers en provenance des États-Unis sont arrivés en Europe depuis le début de l'année 2016. Ils ont accosté en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, à Malte, en Pologne et au Portugal.
L’Espagne, un des principaux clients de l’Algérie, avec six terminaux de regazéification, se voit en tête de pont pour le GNL américain et presse pour réaliser le projet Step, l'interconnexion avec le réseau français, afin de pouvoir approvisionner le reste de l'Europe. Le défi, et non des moindres, pour l’Algérie, qui fournit 49,8% du gaz consommé en Espagne. Rome prépare, elle aussi, une nouvelle configuration de ses approvisionnements en gaz avec, comme option, une diversification de ses sources au profit de nouveaux fournisseurs. Les intentions de Rome se vérifient dans les statistiques du commerce de gaz avec l’Algérie. Les quantités de gaz importées par l’Italie au titre du premier semestre de l’année se sont établies à 6,48 milliards de mètres cubes, contre 7,49 milliards de mètres cubes au premier semestre de 2017. En tout cas, dans cette offensive américaine sur le marché européen du gaz naturel, Sonatrach risque de laisser des plumes. Les Russes, eux, bien qu’ils pensent que leur gaz soit au-dessus de toute concurrence, sont prêts à protéger leur marché, quitte à faire chuter les prix pour porter préjudice à la compétitivité du GNL américain. Le gaz russe pèse pour 37% dans les importations européennes de 2017. Le Qatar et le Nigeria, qui acheminent leur gaz à destination de l’Europe par bateaux, ont représenté 12% des importations du Vieux Continent. Cependant, si la Russie venait à mettre à exécution sa menace de déclencher une guerre des prix, celle-ci pourrait faire du mal à certains fournisseurs, à l’image de l’Algérie dont la production est moins flexible que celle des autres fournisseurs de l’Europe.

Ali Titouche


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