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A la une / Actualité

Hommages et Réactions

Merci IDIR !

© Louiza Ammi/Liberté

Les  hommages  fusent  de  partout,  artistes, intellectuels, hommes politiques, sportifs du monde entier pour saluer l’immense chanteur d’Ath Yenni  disparu  avant-hier  dans  un  hôpital  parisien. Ils  sont unanimes  À célébrer un artiste à part qui a bercé  des générations, forgé des consciences et creusé le sillon d’un  humanisme bien de chez nous.  

Lounis Aït Menguellet : 
“Ce que tu as laissé t’assure l’immortalité”    
Coup  dur  en  cette  belle matinée  de printemps. Pour moi  le départ d’Idir marque la fin d’une époque pour notre chanson. À ma dernière visite, il me disait qu’il était peu probable qu’il monte encore sur scène  à cause  de  sa respiration assistée. 

On  s’était  mis  à  imaginer  un  moyen  de  dissimuler  une  bonbonne d’oxygène à côté de  lui  sur scène qui  lui  permettrait  de chanter à son aise.  Nos idées, argumentées de son sens de l’humour bien connu, se sont transformées en bonne partie en rigolade. La  mort n’était pas au programme, aucun de nous n’y pensait. Repose en paix mon ami, ce que tu as laissé t’assure l’immortalité.   

Zinedine Zidane : 
“Tu as marqué mon enfance”
Triste nouvelle.  Aujourd’hui  nous  venons d’apprendre la disparition d’un homme que  nous  aimons  profondément, un  homme  courageux  et  un exemple. Tu as marqué mon enfance en famille. Je n’oublierais jamais notre rencontre. Repose en paix.  

Yasmina Khadra : 
“L’envol du rossignol”
Idir nous a quittés. Il s’en est allé sur la  pointe  des  pieds pour ne déranger personne. Il s’est éteint comme un chant d’été à la fin de la colonie, comme se taisent les légendes en Algérie, son pays, son angoisse, son inconsolable litanie. Idir n’a fait que quitter un exil de transition pour un exil définitif puisqu’il a été contraint de quitter sa terre natale pour aller chercher ailleurs l’écho de sa voix, tel un troubadour errant en quête de sa voie.  

 Il va beaucoup manquer à nos joies si chahutées de nos jours par nos peines et nos désillusions, mais son absence sera pour nous, Algériens, et pour ses fans de partout, un grand moment de recueillement.  Quant à son silence de mortel,  ce  n’est  que  politesse  afin que retentisse  l’hymne  de  toutes les résiliences , des montagnes de Kabylie jusqu’aux  confins de  l’Atakor, et du vertigineux Tassili aux plages de Ben M’hidi.  J’ai rencontré Idir trois petites fois. La première, à Chenoua-plage vers la fin des années 1960.

La deuxième, au CCA à Paris que je dirigeais, lorsqu’il avait accepté d’animer bénévolement deux soirées d’affilée tant la demande était immense et la salle si minuscule pour un artiste de son envergure. La troisième, lors d’un concert auquel il nous avait conviés, mon épouse, mes enfants et moi, à Vitrolles, une ville de Provence.  Mais mon meilleur souvenir a eu lieu en Inde, à un festival du livre, il y a une dizaine d’années. Un riche lecteur avait offert une soirée en mon honneur.

Il avait une surprise pour moi. Lors du dîner, une troupe de danseuses en sari flamboyant nous a gratifié d’un superbe ballet tandis qu’une chorale chantait Avava Inuva… en hindi. Ce fut une très belle surprise. Repose en paix, Idir. Et dors bien. Nous continuerons tes rêves en écoutant les chansons que tu nous as léguées, en héritage et en serment.

Jack Lang : 
“L’ange protecteur et bienveillant”
J’ai une peine immense en apprenant la disparition d’Idir. Chanteur-poète, sa voix douce résonnait puissamment en nous comme le chant d’un berger rêveur et généreux. Idir était un “chasseur de lumière”. Il nous berçait de mélodies douces et nous transportait vers les Hauts-Plateaux de la Kabylie dont il était un chantre magnifique et l’ange protecteur et bienveillant.

Humble troubadour, véritable conteur, Idir parlait de la belle culture kabyle avec une passion sincère et un enthousiasme militant. Il nous donnait du bonheur, celui des choses simples, celles qui imprègnent et touchent l’âme. Ses concerts étaient des fêtes, à l’image des réunions de famille débordant d’amour et d’allégresse.

C’était aussi un fervent artisan d’un monde arc-en-ciel, celui de la fraternité entre les  hommes.Il aimait  le dialogue, le  partage. Il  aura  collaboré avec beaucoup d’autres artistes, donnant ainsi une identité à la reconnaissance de la  diversité culturelle. Il croyait  en l’humanité. Il chérissait  la  France des couleurs et le beau métissage culturel. Citoyen du monde et ménestrel au cœur tendre, Idir était unique. Il nous laisse un répertoire inoubliable. Avava Inuva cher Idir. 


Ali Bensaâd : 
“Avava Inouva est un passeport universel” 
Idir est mort. Grâce à lui, la culture amazigh s’est invitée à la table de toutes les familles algériennes, de toutes les régions, elle a enjambé les tranchées idéologiques haineuses, pour pénétrer avec naturel les chaumières les plus improbables, prendre la main de tous, y compris les non amazighophones, et même ceux qui étaient dans sa négation, pour les reconnecter tous au socle amazigh commun Qui en Algérie n’a pas écouté Idir, n’en a pas été ému, ne l’a pas fait écouter voire lui-même fredonné ?

Au-delà du pays, il a été l’ambassadeur de la culture amazigh et algérienne.  La chanson Avava Inouva est un passeport universel. Le particulier n’est pas un enfermement mais un chemin vers l’universel. Et même dans ma tristesse d’aujourd'hui, je lui suis reconnaissant de l'émotion qu’il fait monter en moi comme une sève, malgré et dans le deuil.


François Hollande : 
“Un immense poète algérien”
Idir a envoûté des générations entières au rythme de ses mélodies douces, généreuses et émouvantes. C’était un grand ambassadeur de la culture kabyle et un immense poète algérien. Ses œuvres seront chantées encore longtemps des deux côtés de la Méditerranée.

Hacène Hireche : 
“Il a rendu notre monde plus vaste”
Il est l’un des porte-paroles les plus talentueux de notre culture. J’en suis profondément attristé. Peiné lors même que la nouvelle était prévisible étant donné la souffrance qui le tenaillait depuis un moment. Né en 1945 et non en 49 comme l’a diffusé la presse ici en France, il avait 75 ans. Mais c’est trop tôt de partir à cet âge là pour celui qui, sa vie durant, a incarné la fraîcheur d’une culture ancestrale.

Avec un pouvoir secret d’attraction et de fascination, il a ouvert de grandes portes à ce vaste univers du sens que renferme l’amazighité. Il a contribué à revivifier ce que l’on croyait trop vieux, à reconstruire ce que les idéologies stupides ont  voulu détruire.  J’ai connu  Hamid  en 1971  dans le cours de berbère dispensé  par le célèbre écrivain Mouloud Mammeri  à l’université d’Alger. Difficile de parler de l’un sans évoquer l’autre. Hamid y était assidu alors qu’il était étudiant en géologie.

Il était déjà très lié au  grand  maître : même  village (At Yani), même vivier culturel autour d’experts bijoutiers et des amusnaws, ces érudits ancestraux souvent analphabètes mais lettrés et savants. La vie réserve, parfois, de curieuses surprises. Deux hommes parmi les plus grands génies de notre culture sont nés à deux kilomètres à peine l’un de l’autre, à moins de trente ans d’intervalle, se retrouvent pour donner, chacun à sa manière, une dimension internationale à l’amazighité. 

La défendre, l’enrichir et  transmettre  ses  plus belles  pages et  ses plus agréables sonorités aux générations futures. La carrière artistique d’Idir a démarré en 1973 avec la célèbre chanson “Avava Inuva” grâce au concours de Kamel Hamadi et de Ben Mohamed. Un succès retentissant. Je l’ai vu cette année-là, tout timide, sur scène à la cité universitaire de Ben Aknoun. Ce fût tout de suite un triomphe. 

Le miracle Idir est né, avec lui un paysage poétique et acoustique qui éclaire notre vie. Sa capacité à émouvoir l’accompagne en exil. Arrivé en France en 1975, il a conquis aussi bien le public immigré que le public international.  C’est que ses chants sont à la fois sacrés et profanes, savants et populaires, ancestraux et modernes. Que l’on comprenne le kabyle ou non, ils rendent notre monde plus vaste, plus  harmonieux   et  plus éclectique. Merci  Idir, tu restes vivant.

Arezki Aït Larbi :
“Sa voix va manquer”
Idir, pionnier de la chanson  moderne  kabyle, vient de nous quitter. Son tube, Avava Inouva, a été adapté dans plusieurs langues étrangères, portant ainsi la voix de tamazight aux  quatre  coins  de  la  planète. Depuis  Avril  80, son soutien   aux  prisonniers  politiques  n'a  jamais  fait  défaut. Par  ces  temps d'incertitude, sa voix va manquer. Sa disparition marque la  fin d'une  époque. Son nom est déjà au panthéon des grands hommes de ce pays. Qu'il repose en paix.

 

 


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