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La démission de la ministre de la Culture acceptée par le chef de l’état

Meriem Merdaci : du refus populaire à la résignation

© D. R.

La ministre de la Culture Meriem Merdaci a présenté, hier, sa démission. Une démission acceptée, par ailleurs, par le chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah. C’est à la suite du drame survenu au concert de Soolking au stade du 20-Août, à Belouizdad, que la ministre a décidé de déposer sa démission et de quitter l’Exécutif. Dès l’annonce du décès de 5 personnes lors du gala à cause de bousculades, le départ des responsables du secteur de la culture a été exigé par plusieurs citoyens.

Le directeur général de l’Office national des droits d’auteur (Onda), Samy Bencheikh El-Hocine, a, quant à lui, été démis de ses fonctions. À vrai dire, la démission de Mlle Merdaci de son poste de ministre est le minimum qu’elle puisse faire, compte-tenu de la gravité de ce qui s’est passé à l’entrée du stade du 20-Août où des bousculades ont coûté la vie à cinq citoyens venus assister au spectacle d’un jeune artiste.

Au-delà du fait que la démission n’a jamais fait partie des mœurs politiques de nos responsables, celle de Meriem Merdaci n’est certainement pas un exploit. Elle ne peut, en aucun cas, être considérée comme un acte de bravoure ou d’héroïsme. Démission de plein gré ou poussée à renoncer à son poste, l’opération entre dans le cadre des tentatives de redorer le blason d’un Exécutif “blackboulé” par le citoyen. Preuve en est la célérité avec laquelle la ministre a présenté sa démission et la promptitude du chef de l’État par intérim à l’accepter.

Le cas de Meriem Merdaci n’est pas un fait isolé. Il explique la mésaventure d’un gouvernement presque sans pouvoir. Rejeté, délégitimé et de surcroît méprisé, le gouvernement hérité de l’ère Bouteflika, depuis le printemps écoulé, est réduit à une simple figuration. Depuis son installation, aucun ministre n’a pu sortir sur le terrain et mener à bien sa mission. Meriem Merdaci, la désormais ex-ministre de la Culture, rappelons-le, pensait, peut-être sincèrement, qu’elle était tolérée.

“Je ne suis pas rejetée”, avait-elle insisté, avec arrogance, tout au début de sa prise de fonction. Cinq mois plus tard, elle découvre à ses dépens qu’elle n’est pas uniquement rejetée. Pis encore, elle a été poussée à quitter son poste pour cause de mauvaise organisation d’un spectacle de musique dans un pays où des millions de personnes battent le pavé chaque vendredi, et ce, depuis 6 mois, sans briser la moindre vitrine de magasin.

Le départ de Meriem Merdaci ne changera pas grand-chose à la donne. Le déficit de légitimité dont souffre le gouvernement Bedoui ne peut être comblé par la démission d’un des membres qui a failli à sa mission. Ce départ s’ajoute au renvoi, tout récemment, du ministre de la Justice, Slimane Brahmi. Entre désavantage et inconfort, le gouvernement Bedoui bat de l’aile. Son entêtement à rester se heurte à la persistance de la rue à le révoquer. 
 

Mohamed Mouloudj

 



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