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Mesures d’urgence pour les PME en difficulté

© D. R.

Un dispositif  particulier d’aide aux petites  et  moyennes  entreprises (PME) publiques et privées en difficulté s’impose désormais, en particulier pour le remboursement de leur endettement bancaire et le renouvellement de leurs lignes de crédit d’exploitation.

Nonobstant les batteries de mesures à mettre en place pour relancer l’outil de production en général, secourir les entreprises des services de restauration et d’hôtellerie et enfin, assurer la liquidité des banques primaires par la Banque d’Algérie, nous préconisons ainsi un dispositif d’aide qui vise à rééquilibrer la structure financière des petites et  moyennes  entreprises et  à dynamiser leur activité à court terme. 

Ce dispositif  découle  des constats suivants : l’allongement  des  délais de paiement  des  créances  des petites  et moyennes  entreprises  par  les administrations et les entreprises publiques économiques, les répercussions négatives sur les petites et moyennes entreprises de la conjoncture politique, économique et sociale ayant prévalu durant ce dernier exercice, les tergiversations et les lenteurs des décisions des administrations et des banques durant cette période délétère, ainsi que la méfiance des banques à l’égard des petites et moyennes entreprises ayant enregistré des contreperformances pendant l’exercice 2019. 

S’ajoute à cela, l’impact de la pandémie de Covid-19, le souci de préservation des petites et moyennes entreprises et de sauvegarde des emplois, les taux abusifs appliqués par les banques au rééchelonnement des échéances impayées et les graves préjudices subis par toutes les entreprises de production et de services en général.

Ces préjudices pénalisent particulièrement les petites et moyennes entreprises créancières de l’État et des entreprises publiques économiques, mais aussi celles activant dans la production de matériaux de construction et les transports, en plus des PME autorisées précédemment à importer des kits CKD ou fonctionnant sous licence.

Compte tenu de cet état des lieux, il est recommandé de mettre en place en urgence des mesures réparatrices : toutes les administrations, en général, et les DTP, en particulier ainsi que les entreprises publiques sont tenues de délivrer des attestations de reconnaissance de dette, sous réserve des contrôles préalables de service fait, aux entreprises créancières.

De même, toutes les banques et établissements financiers publics et privés devraient mobiliser à hauteur de 70% ces créances avec échéance, date de règlement de ces créances, sous réserve des études de risque-entreprise préalable et d’éligibilité aux critères définis par note aux banques et établissements financiers à élaborer par l’Association des banques et établissements financiers (Abef).

Il est également préconisé de rééchelonner toutes les échéances impayées, y compris les échéances leasing, de l’exercice 2019 et du premier semestre 2020 en les consolidant sous forme de crédit à moyen terme d’une durée de cinq années avec un an de différé à un taux de 6% (ou coût moyen des ressources +2%).

Il s’agit aussi d’adapter le renouvellement des lignes de crédit d’exploitation des petites et moyennes entreprises au business plan présenté par ces dernières, en évitant de les pénaliser au regard de leur contreperformance en 2019 et des timides prévisions de clôture pour l’exercice 2020.  Sont concernées par le bénéfice de ce rééchelonnement toutes les petites et moyennes entreprises privées et publiques de droit algérien, légalement constituées, connaissant des difficultés de remboursement de leurs dettes bancaires, viables économiquement et disposant d’un marché. 

Aussi, les entreprises éligibles à ce dispositif devront formuler par écrit, avant le 30 juin 2020, date butoir, une demande expresse de rééchelonnement de leur dette impayée, et une demande de renouvellement de leurs lignes de crédit d’exploitation accompagnées des documents usuels (états financiers et pièces fiscales et parafiscales) et d’un business plan sur cinq ans. Enfin, toutes les entreprises dont les dirigeants ont été impliqués dans des affaires de détournements de deniers publics sont à exclure de ce dispositif. 
 

Par : Abderrahmane Ouahioune (*)

 

(*) Consultant financier, ex-directeur central à la Banque extérieure d’Algérie, chargé du financement  des grandes entreprises du secteur public (DFSP)

 

 


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