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PLUS DE 1 600 MORTS RECENSéS PAR LE HCR DEPUIS JANVIER 2018

Migrants : drame en Méditerranée

Les migrants clandestins, un problème éminemment humanitaire. ©D. R.

La traversée de la mer Méditerranée “est un itinéraire encore plus meurtrier qu’auparavant”, a indiqué hier un nouveau rapport du HCR.

Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) a révélé, hier, dans un nouveau rapport intitulé “Voyage du désespoir”, que la mer Méditerranée a englouti plus de 1 600 migrants qui voulaient se rendre en l’Europe pour un cadre de vie meilleur.
Considérée par ce nouveau document comme “un itinéraire encore plus meurtrier qu’auparavant”, la Méditerranée est devenue un coupe-gorge pour les barques de fortune mobilisées par les réseaux organisés de passeurs des deux rives de cet espace maritime.
Citant l’image qui avait choqué la communauté internationale, en l’occurrence cet enfant syrien (Alan Kurdi), dont le corps sans vie avait été retrouvé échoué sur une plage turque, le HCR a tiré la sonnette d’alarme pour interpeller les pays européens “à faire preuve de l’humanité nécessaire pour sauver des vies” et non “à gérer des chiffres”.
Pour Pascale Moreau, directrice du bureau du HCR pour l’Europe, “ce rapport confirme une fois de plus que la traversée de la Méditerranée est l’une des voies les plus meurtrières au monde”, affirmant qu’“alors même que le nombre d’arrivants sur les côtes européennes diminue, il ne s’agit plus de tester la capacité de l’Europe à gérer les chiffres, mais à faire preuve de l’humanité nécessaire pour sauver des vies”.
Il est vrai, révèle ce rapport, que le HCR et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avaient appelé à une approche prévisible et régionale afin de garantir le sauvetage et le débarquement des personnes en détresse en mer Méditerranée. Mais, regrette le HCR, “si le nombre de personnes arrivées en Europe est en diminution, le taux de décès, surtout parmi ceux qui rejoignent le continent par la Méditerranée, a considérablement augmenté (…) En Méditerranée centrale, pour chaque groupe de 18 personnes ayant entrepris la traversée entre janvier et juillet 2018, une personne est décédée ou a disparu, contre une sur 42 au cours de la même période en 2017”. Des chiffres qui donnent le tournis et qui interpellent les gouvernements des deux rives de la Méditerranée à faire preuve de diligence, mais surtout d’imagination pour juguler ce fléau en démantelant, notamment, les réseaux criminels organisés qui, non seulement monnayent chèrement le passage de migrants, mais qui provoquent des drames humanitaires en haute mer en toute impunité.
Si pour le moment le HCR exhorte l’Europe “à accroître les possibilités de voies d’accès légales et sûres pour les réfugiés, notamment en augmentant le nombre de places de réinstallation et en éliminant les obstacles au regroupement familial, ce qui permettrait de fournir d’autres options à des périples dont l’issue risque d’être fatale”, indique le même rapport, certains pays d’Europe préfèrent la fuite en avant en proposant aux pays de transit, notamment à l’Algérie, la construction de centres de rétention de migrants clandestins. Ce que l’Algérie a refusé dès le départ. “Nous sommes confrontés aux mêmes problèmes. Quand il s’agit de la migration clandestine, il faut que les choses soient bien comprises. Nous connaissons les mêmes phénomènes, nous devons lutter contre la migration clandestine, dans le cadre des conventions des Nations unies, dans le cadre de l’arrangement avec les pays d’origine et les pays de transit”, avait répondu le ministère des Affaires étrangères de l’Algérie, affirmant que “l’Algérie agit conformément à ces conventions qu’elle a ratifiées”.

Le HCR épingle l’Europe
Sur un autre plan, ledit rapport souligne les dangers auxquels sont confrontés les réfugiés lorsqu’ils voyagent le long des routes terrestres vers l’Europe ou lorsqu’ils traversent celle-ci. Tout en déplorant les mesures drastiques prises par certains pays pour empêcher les réfugiés et les migrants d’accéder à leur territoire, ce rapport exhorte “tous les États à faire en sorte que les personnes cherchant la protection internationale puissent facilement accéder aux procédures d’asile. Il lance également un appel aux États afin que ceux-ci renforcent les mécanismes de protection des enfants qui voyagent seuls et demandent l’asile”. Toutefois, ce rapport met à mal les États membres de l’Union européenne (UE) et les organisations non gouvernementales (ONG) qui pointent, souvent, du doigt les pays de transit sur la manière avec laquelle les migrants sont traités. Car si le HCR interpelle directement ces pays pour réserver un traitement humain aux migrants et à leurs familles et faciliter aux barques d’accoster pour éviter une issue fatale à leurs occupants, c’est parce que le nombre de décès et de disparitions ne cesse d’augmenter près des plages et des côtes des pays de l’UE. Dans son livre intitulé Sea Prayer, l’ambassadeur de bonne volonté du HCR et néanmoins réfugié afghan, Khaled Hosseini, illustre, à l’occasion du tragique troisième anniversaire de la mort d’Alan Kurdi, à bien des égards la violence et les persécutions que subissent les migrants. “Quand j’ai vu ces images épouvantables du corps d’Alan Kurdi, j’ai eu le cœur brisé (…) Trois ans plus tard et malgré le fait que des milliers d’autres personnes perdent la vie en mer, notre mémoire collective et l’urgence que nous avions à vouloir faire mieux semblent s’être estompées”, a témoigné Khaled Hosseini dans ce rapport. Citant le cas du Liban et de l’Italie, où il s’était rendu en juin et juillet 2018, Khaled Hosseini a révélé avoir constaté “les conséquences désastreuses pour les familles qui ont perdu des proches. En Sicile, j’ai vu un cimetière isolé et mal entretenu qui était rempli de tombes d’anonymes, dont de nombreux enfants, qui se sont noyés durant leur périple ces dernières années, comme Alan Kurdi”, a-t-il expliqué. Dans son témoignage poignant, cet ambassadeur a estimé que “chacune de ces personnes n’est plus qu’un chiffre, un code sur une tombe, alors qu’il s’agissait d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont osé rêver d’un avenir plus prometteur (…) Il est temps d’unir nos forces pour éviter d’autres tragédies et rappeler à nos amis, nos familles, nos communautés et nos gouvernements que nous sommes solidaires avec les réfugiés”.

FARID BELGACEM


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