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A la une / Actualité

une réunion les aurait regroupés hier à la résidence de zéralda

Mystérieux conclave des alliés

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika.© D.R.

La réunion aurait également associé deux ministres et un conseiller du président Bouteflika, selon une source proche d’un parti de l’Alliance.

Une réunion des quatre chefs des partis de l’Alliance présidentielle aurait eu lieu, hier, à la résidence d’État de Zéralda. Une réunion qui aurait également associé deux ministres et un conseiller du président Bouteflika, selon une source proche d’un parti de l’Alliance. La  même source, qui a tenu à son anonymat, a soutenu que la question du report de l’élection présidentielle à laquelle Abderrezak Makri, président du MSP, appelle de tous ses vœux, n’a pas été au menu de la rencontre. Selon cette source, elle n’a du tout pas été évoquée. L’option serait-elle définitivement écartée ? Les indiscrétions qui ont fuité de la réunion confidentielle des chefs des partis de l’Alliance présidentielle le laissent supposer. La qualité des personnes présentes le suggère également. Outre la présence de Moad Bouchareb, coordinateur du FLN, Ahmed Ouyahia, SG du RND, Amara Benyounès, président du MPA et Amar Ghoul, président de TAJ, des représentants de la présidence de la République, Tayeb Louh, ministre de la Justice, garde des Sceaux, Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, et Tayeb Belaïz, conseiller du Président, auraient pris part à la rencontre. Un staff beaucoup plus impliqué dans les processus électoraux que dans la prise de décision politique, celle relative au report en est évidemment une. Notre source a souligné également que les discussions ont tourné autour “des scénarios possibles pour la tenue du scrutin présidentiel dans les délais de rigueur”. À comprendre que “la continuité”, sur laquelle les soutiens d’Abdelaziz Bouteflika fondent leur discours depuis que l’option du 5e mandat s’éloigne, n’était pas un vain mot pour les partis du pouvoir. Il y a lieu de souligner que si l’option d’une autre mandature pour le chef de l’État était retenue, la campagne aurait démarré en faveur de cette décision et l’un de ses fervents défenseurs, à savoir Djamel Ould Abbes, n’aurait pas quitté l’ex-parti unique, laissant la place à un Moad Bouchareb qui n’a, jusque-là, évoqué dans aucun de ses discours, le 5e mandat, mais il a plaidé exclusivement pour la continuité. À comprendre également de ces affirmations de notre source que l’idée du report de l’élection présidentielle serait décidément écartée des scénarios possibles adoptés par les décideurs. “Les présents à la réunion ont opté pour l’étude de toutes les propositions qui conformeraient leur engagement pour la continuité”, a répondu notre source, estimant que l’idée du report de la présidentielle “n’a pas eu l’assentiment des présents, du fait qu’elle vient en porte-à-faux des affirmations des pouvoirs publics de leur respect du calendrier électoral”. Concernant la présence des deux ministres, celui de la Justice et son homologue de l’Intérieur, ainsi que Tayeb Belaïz, notre source a souligné que “c’est justement leur présence qui confirme, si besoin est, le maintien du scrutin dans les délais”, indiquant qu’“une cellule de suivi” du travail autour de l’option qui sera retenue définitivement est installée. La composante et les missions de cette cellule, selon notre source, seront rendues publiques très prochainement. Sur un autre volet et concernant l’initiative lancée par le président de TAJ, Amar Ghoul, notre source a confié que “l’option n’a pas été rejetée”, mais “des orientations ont été données au chef de TAJ de ne pas diluer sa proposition dans des approximations qui ne vont pas servir les directives des hautes autorités du pays”. Autrement dit, le chef de TAJ est appelé à ne défendre que les orientations données sans tenter une quelconque digression.

Confusion autour d’une rencontre
Contrairement à cette source qui affirme que la rencontre a bel et bien eu lieu, une autre, tout aussi proche de l’Alliance et qui également parle à visage découvert, jure que la réunion n’a pas eu lieu. Il s’agit de Seddik Chihab, porte-parole du RND, qui a tenu à démentir la tenue de ladite rencontre. “Il n’y a pas eu et il n’y aura pas de réunion des partis de l’Alliance aujourd’hui (hier, ndlr)”, a-t-il déclaré à Liberté, soulignant, par ailleurs, qu’il tenait même, sur ordre d’Ahmed Ouyahia, SG du RND, à démentir “catégoriquement” l’information relative à la tenue du conclave entre les chefs des partis de la majorité présidentielle. De leur côté, les alliés du RND au sein de l’Alliance ont confirmé la tenue de la réunion.
Cette confusion au sein du conglomérat des soutiens du chef de l’État n’était surtout pas pour apporter le moindre éclairage sur la situation déjà confuse qui entoure le scrutin présidentiel prévu au printemps 2019. Pourquoi ce cafouillage autour de la réunion ? Pourquoi voudrait-on garder secrète une rencontre entre ces responsables ? Difficile d’apporter une quelconque réponse à ces interrogations, surtout que la seule directive donnée aux participants, et dont on est sûr, est de ne rien divulguer, ni sur la tenue de la rencontre et encore moins sur ses conclusions.
Il faut rappeler, à ce propos, que l’instance exécutive de l’Alliance présidentielle a annoncé à l’issue de sa récente rencontre au siège du RND que la réunion des états-majors des partis de la majorité aura lieu au siège de TAJ. Cette même rencontre sera, quelques jours après, reportée à une date ultérieure. Le flou qui entoure le scrutin présidentiel et la volonté des partis de l’Alliance de tenir secrètes leurs rencontres confirment, au moins, l’impasse dans laquelle le régime se trouve à moins d’un mois de la convocation du corps électoral. Abdelaziz Bouteflika sera-t-il le candidat de “la continuité” ou y aurait-il un autre candidat du consensus ? Difficile d’y répondre. Ce qui est sûr en revanche, c’est que cette multiplication de sources contradictoires n’aide pas l’opinion à y voir plus clair.
Le brouillard que l’on supposait près de se dissiper risque de prendre de l’épaisseur encore pour un temps. Mais les décantations devraient forcément intervenir avant la convocation du corps électoral. Soit au plus tard la mi-janvier 2019.


Mohamed Mouloudj

 


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