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Politique d’alphabétisation en Algérie

Ne plus se contenter de savoir lire et écrire

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à suivre des cours d’alphabétisation. © D.R.

Aujourd’hui, ce sont la connaissance, la compréhension et la compétence qui priment et le concept d’alphabétisme basé sur savoir lire et écrire ne suffit pas ; il faut savoir raisonner.

La question de la politique d’alphabétisation en Algérie, et de son bilan, a été au cœur d’une table ronde organisée, ce jeudi, par le Crasc d’Oran, en cette Journée internationale de l’alphabétisation, placée cette année par l’Unesco sous thème : “Lire le passé-écrire le futur”. Une table ronde qui a mis en relief la nécessité pour l’Algérie de s’orienter vers une nouvelle démarche dans sa politique d’alphabétisation, après les efforts important consentis dans les années 2000. Le bilan et l’état des lieux présenté par l’universitaire B. Lakhdar, consultant et expert en science de l’éducation, laissera  dans l’expectative les présents car une fois de plus montrant qu’en matière de statistiques et donc de données scientifiques indispensables pour asseoir toute politique, c’est presque le désert. L’orateur s’appuiera sur le dernier et seul rapport officiel datant de 2008, “Rapport national sur l’évaluation et la situation actuelle de l’éducation et la formation des adultes”, élaboré par l’Office national d’alphabétisation et d’enseignement pour adultes. Il est bon de rappeler qu’en 1962, l’Algérie comptait 82% d’analphabètes, héritage de la colonisation, la stratégie vite élaborée s’est donc appuyée tout d’abord sur la démocratisation de l’enseignement devenu obligatoire jusqu’à 16 ans. L’objectif de réduire de 50% le nombre d’analphabètes recensé en 2006, soit 6,4 millions d’individus, a conduit à la mise en place d’une stratégie devant aboutir à l’éradication de ce fléau en 2016, expliquera l’orateur. Certes, l’éradication n’est pas au rendez-vous, puisqu’aujourd’hui, il y aurait encore plus de 14% d’analphabètes dans notre pays selon des données de l’association Iqraa, ce qui serait énorme. Mais ce chiffre est remis en cause car n’ayant jamais été validé, à ce jour, de manière scientifique, et des participants de préciser que “les chiffres sur les taux d’analphabètes sont très sensibles et nombre d’États ne veulent pas les rendre publics”. Et c’est là le bémol mis en avant par les présents, l’absence d’évaluation rigoureuse et scientifique, l’absence même d’intérêt de la société, du monde universitaire pour cette question de l’alphabétisation. Pourtant l’analphabétisme est un fléau pour toutes les sociétés, expliquera un universitaire qui considère qu’en Algérie “nous sommes dans un pays de slogans et d’annonces, on ne doit pas accepter qu’aujourd’hui il y ait encore des analphabètes”. D’ailleurs, le recensement de 1998 a démontré que les femmes sont deux fois plus nombreuses à être analphabètes (40,33%) contre (23,11%) pour les hommes, et surtout les inégalités entre villes et campagnes. Les sources de l’ONS toujours anciennes montrent que si Alger comptait un peu plus de 2% d’analphabètes dans les années 2000, la wilaya de Djelfa atteignait le taux record de 37,5% et que les femmes représentaient près de 50% des analphabètes. Autre cause largement évoquée pour expliquer la persistance du nombre d’analphabètes dans notre pays, la non-scolarisation des enfants, y compris les handicapés livrés à eux-mêmes en marge de toute prise en charge. Selon l’Unicef, en 2000, il y aurait eu 20 000 enfants non scolarisés dont 11 000 filles et l’on se retrouve ainsi avec “des jeunes âgés de 15 à 24 ans analphabètes, soit 13,08%”, comme démontré dans le recensement de 1998 à 2008. Pour l’universitaire M. Meliani, la question de l’alphabétisation doit “se poser aujourd’hui en termes de connaissance, de compréhension et de savoir”, expliquera-t-il lors de son intervention. Évoquant les modèles de politique d’alphabétisation français ou anglo-saxon, l’orateur milite pour que l’Algérie “intègre les sociétés du savoir. Aujourd’hui, ce sont la connaissance, la compréhension et la compétence qui priment et le concept d’alphabétisme basé sur savoir lire et écrire ne suffit pas ; il faut savoir raisonner”, dira-t-il encore, approuvé par l’assistance. Et c’est à cet instant que la question de la langue fera son intrusion dans le débat, de manière très empruntée, car c’est une question qui plus particulièrement aujourd’hui est frappée d’idéologie et d’enjeu politique comme le montre l’actualité nationale. Les orateurs estiment que la dualité linguistique aujourd’hui en Algérie n’arrange pas les choses (dialecte, arabe littéraire, tamazight).


D. LOUKIL

 


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