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La presse française «raille» la candidature de Bouteflika

«Nous avions fini par oublier son nom»

© Carricature publiée dans l'édition du 11/02/2019 du Courrier Picard (Quotidien régional français)

«En Algérie, Abdelaziz Bouteflika briguera  un cinquième mandat successif le 18 avril. La candidature du président  octogénaire à la santé précaire, paralysé et quasiment muet, n'a pas surpris la  presse française lundi», a relevé ce matin l’agence de presse française l’AFP. 

C'est «la fin d'un faux suspense», note le quotidien Libération dans un  court article. «Pour les Algériens, c'est tout sauf une surprise dont ils  semblent s'accommoder faute de mieux», confirme Le Parisien. 

Mais si la presse française ne s’est pas montrée surprise par la candidature du Président Abdelaziz Bouteflika, elle n’a pas manqué non plus de «railler» celui qui est «élu sans interruption depuis 1999». 

«L'avenir de l'Algérie, c'était et ce sera encore lui», raille  l'éditorialiste des Dernières Nouvelles d'Alsace, rapporte l’AFP. «Diminué, la lippe figée,  mutique en public depuis des années, Abdelaziz Bouteflika se succédera à  lui-même si les circonstances lui prêtent vie et que les petits califes dans  son dos cajolent les urnes comme il se doit», présume-t-il.

L’AFP rappelle que «le président algérien a été toujours élu avec plus de 80% des voix,  soulevant à chaque fois des accusations de "fraude"».

«Il y a un chef au sommet de l'État algérien» et «depuis hier, il est très  officiellement vivant», réalise Denis Daumin de La Nouvelle République, selon toujours l’AFP

«A force de ne plus le voir et de l'entendre moins encore, nous avions fini  par oublier son nom. Il se nomme Abdelaziz Bouteflika et il a 81 ans», précise  l'éditorialiste en rappelant que «l'illustre octogénaire n'a plus l'usage de ses jambes et peut-être pas toute sa tête».

 "Inconfort"

Son âge et ses problèmes de santé n'en font pas moins le «favori» de la  prochaine course, parie Jean Levallois dans La Presse de La Manche.  Si l'hypothèse d'un abandon du pouvoir n'a jamais été d'actualité, celle  d'éluder l'élection a été envisagée, croit savoir Le Monde.

«Signe toutefois de l'inconfort représenté par la perspective d'un  cinquième mandat, l'idée d'une prolongation - consensuelle -    du mandat (en cours)  du président et d'un report de l'échéance électorale a été discutée au sein du  pouvoir», selon le quotidien du Soir.

«Le but était d'éviter de revivre la campagne de 2014 qui avait été menée  avec un candidat absent, incapable de s'adresser aux électeurs. L'option du  report, intenable sur le plan constitutionnel, a finalement été rejetée»,  ajoute-t-il.

 Le Figaro confirme: «Il y a quelques semaines, les choses ont bien failli  prendre une tout autre tournure». Mais l'option du report «qui aurait permis de  maintenir Bouteflika à son poste et aux différents courants du pouvoir de  trouver un consens sur la succession» a été finalement abandonnée.

En fait, Abdelaziz Bouteflika est-il lui-même «au courant» qu'il est  «candidat à un cinquième mandat»?  C'est la question que se posent deux  militaires dans une caricature d'Alex, le dessinateur du Courrier Picard qui  représente Bouteflika avachi sur son fauteuil roulant, selon toujours l’agence de presse française.

Rédaction Web / AFP