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Hakim Belahcel, premier secrétaire du FFS

“Nous devons remettre le FFS au centre du jeu politique”

© Archives Liberté

Enferré dans une crise interne interminable, le plus vieux parti d’opposition démocratique peine à sortir de cet engrenage organique qui mine son existence politique. Éclatés en plusieurs morceaux, les héritiers du défunt Hocine Aït Ahmed s’apprêtent, dans un climat politique des plus incertains, à remettre de l’ordre dans la famille FFS à l’occasion de son congrès extraordinaire. Un rendez-vous à ne pas rater si le parti souhaite retrouver la sérénité nécessaire et s’il entend continuer d’incarner le combat démocratique. 

Liberté : Dans quelles conditions votre parti se prépare-t-il à tenir son congrès extraordinaire ?
Hakim Belahcel : Après l’obtention de l’autorisation de tenir notre congrès national extraordinaire les 9 et 10 juillet 2020, nous nous sommes attelés de concert avec la commission de préparation du congrès national (CPCN) à établir un calendrier de rencontres avec les délégués au congrès à l’échelle nationale.

Plusieurs réunions se sont déjà tenues dans une ambiance militante sereine et optimiste. La semaine prochaine, nous aurons atteint un stade très avancé dans ces préparatifs, les conditions satisfaisantes pour garantir la réussite de ces assises ayant été réunies.

Avez-vous bon espoir que le congrès se tiendra avec la participation de toutes les parties en conflit ?
Nous sommes surtout déterminés à respecter et à faire respecter les statuts du parti. Suite à la démission de trois membres de l’instance présidentielle et conformément  à  l’article  48  des  statuts  du  parti, un  congrès  national extraordinaire  est  convoqué  d’office  pour réélire  une  nouvelle  instance présidentielle.

Une  fois  élue, cette  nouvelle instance présidentielle aura la charge et la responsabilité historiques d’organiser le VIe congrès national ordinaire qui sera frappé du sceau du rassemblement et de l’unité de tous les militants du parti. 

Dans un message que vous avez adressé aux militants de la fédération de Tizi Ouzou, vous disiez que l’enjeu du congrès extraordinaire est d’“empêcher” le pouvoir de contraindre le parti à tenir un congrès de conformité. Le FFS craint-il qu’une direction lui soit imposée ? 
On craint toujours ce qui peut perturber ou entraver la construction de notre parti dans une autonomie totale. Nous devons nous donner les moyens de le préparer dans la sérénité et le respect absolu de nos textes et surtout loin de toute contrainte extérieure. D'où qu'elle vienne.

La crise qui l’a miné n’a-t-elle pas fait rater au FFS une chance d’être un acteur  politique  majeur  à  la  faveur  du mouvement  populaire  du  22 Février ?
Le constat est là ! Le FFS n'a p as  été  en  mesure de capitaliser son action politique de plusieurs  décennies à un  moment historique de la vie du pays. Mais même si nous n'avons pas la prétention de nous proclamer comme étant “le représentant du mouvement populaire”, nous devons tout mettre en œuvre pour remettre le FFS à la place  qui  est  la sienne, au  sein  du  mouvement populaire et au centre du jeu politique. 

Cela passe par la relégitimation de notre direction politique, la réorganisation de nos structures et la redéfinition de notre feuille de route politique.  La première étape de ce processus sera la tenue d'un congrès extraordinaire qui donnera au parti une direction nationale légitime qui aura pour priorité absolue la préparation du VIe congrès national ordinaire. 
 

Le  FFS  fait  partie du pacte d’alternative  démocratique  depuis  sa création. Ne croyez-vous pas que cette coalition est dans l’impasse ?
Le FFS a été à l’avant-garde de cette démarche de rapprochement et de concertation avec les partis d’opposition démocratique, ainsi qu’avec la société civile et des personnalités indépendantes engagées dans la révolution populaire du 22 Février 2019.

Ce processus politique a réduit les clivages et positionnements partisans au profit d’un effort commun pour  traduire  les  attentes  légitimes du  peuple algérien engagé  dans  un  mouvement  révolutionnaire  pour  imposer un changement radical dans le pays. Cette initiative que nous jugeons historique a été couronnée par la signature d’un pacte politique pour l’alternative démocratique dans le pays.  

Il ne s’agit donc  aucunement  d’un  assemblage  de  sigles  politiques  qui  tend  à dépersonnaliser les vocations et les positions stratégiques propres à tous les acteurs souscrivant à ce pacte politique qui a suscité un enthousiasme et un espoir remarquables  chez  le peuple  algérien. 

Au lendemain  du congrès national extraordinaire prévu  comme  évoqué  plus haut, les 9 et 10 juillet prochain, on  aura  au sein du  parti un débat  profond  et  une  évaluation objective du travail accompli au sein du PAD, pour définir les perspectives de notre engagement politique à cet égard.

Beaucoup  d’observateurs  sont  sceptiques  quant  à  un  retour  du mouvement populaire, notamment avec la crise sanitaire. Qu’en pensez-vous ? 
Il faudra rappeler ici que le peuple algérien, engagé depuis plus d’une année dans une révolution pacifique qui a subjugué le monde entier par son ampleur et son caractère unitaire et pacifique, avait pris la décision responsable et unanime de surseoir à ses manifestations pour éviter l’amplification de la crise sanitaire dans le pays. 

D’ailleurs beaucoup d’acteurs politiques et  sociaux  ont  largement soutenu cette sage décision qui n’a fait que confirmer la grandeur du peuple algérien et son sens de patriotisme et de responsabilité. Évidemment, ce n’est pas le FFS, connu pour sa responsabilité et son haut sens de patriotisme, qui va exhorter le peuple algérien à reprendre le chemin de la contestation alors que la situation sanitaire demeure préoccupante. 

Nous assistons, ces derniers jours, à une campagne d’arrestations dans les rangs du hirak. À quoi obéit-elle, selon vous ? 
Notre parti déplore ces arrestations, dont celles de  ses  militants à travers le pays pour leur engagement pacifique dans cette révolution du sourire. Le FFS milite pour la libération de tous les détenus actuellement incarcérés et appelle ceux  qui  détiennent  l’autorité  de  cesser de porter  atteinte  à  la liberté  de réunion, de manifestation et d’expression. 

Quelle  appréciation   faites-vous  du  projet  de  la révision de  la Constitution ?
La  position  historique du FFS  par  rapport à cette question  cruciale et existentielle ne varie pas. Nous continuons à revendiquer, à l’instar du peuple algérien, l’élection d’une assemblée nationale constituante souveraine qui aura le privilège historique d’élaborer la première Constitution émanant de la volonté et des attentes du peuple algérien.

Si  la  Présidence  vous  invite  à  un  dialogue,  allez-vous  répondre favorablement ?
Cette question sera naturellement examinée par le conseil national du parti, sous l’impulsion de la  nouvelle instance  présidentielle qui sera élue à l’occasion du congrès national extraordinaire qui se tiendra les 9 et 10 juillet prochain.  Je rappelle qu’au FFS, nous revendiquons l’instauration d’un dialogue sérieux, responsable et inclusif.

Nous sommes hostiles et réfractaires aux faux-semblants, aux faux-fuyants et aux simulacres de dialogue. Mais pour aborder ce dialogue et prétendre à sa réussite, il faudra créer un climat de détente et de confiance avec la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus politiques et d’opinion, l’arrêt sans délai de toutes les mesures économiques et sociales impopulaires et coercitives qui remettent en cause les intérêts suprêmes de la nation et qui hypothèquent les richesses et la souveraineté de notre pays. 

Et enfin, il y a l’ouverture nécessaire des champs politique et médiatique pour instaurer une  atmosphère  de  libre débat et de concertation sur les sujets qui engagent l’avenir politique et socioéconomique du pays. 

Des évènements viennent de se produire dans la ville frontalière de Tin Zaouatine. Nous avons connu des évènements similaires à Ghardaïa et dans d’autres villes du Sud. Pourquoi ces soubresauts cycliques ?
Au FFS, nous  avons  toujours  alerté  sur  les  dangers  qui  guettent  la souveraineté de notre pays et menacent la cohésion, chèrement conquise, du peuple algérien. Nous espérons que les évènements survenus à Ghardaïa et en Kabylie dans le passé et qui mettent en péril l’existence même de notre nation  servent de leçon aux décideurs pour éviter que de telles situations ne se reproduisent. Nous considérons que la véritable digue que nous pouvons et devons ériger contre ces périls, c’est l’édification d’un État de droit qui consacre la liberté et la démocratie.
 

Propos recueillis par : MOHAMED IOUANOUGHÈNE

 


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