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Leur marche spontanée réprimée, celle des pro-élection tolérée

“Nous sommes des étudiants, pas des terroristes”

Marche des étudiants hier à Alger. © Billel Zehani/Liberté

Les policiers bienveillants avec le contingent des partisans du scrutin quelques instants plus tôt, chargent violemment les étudiants.

Hier, à trois jours du scrutin présidentiel, l’ambiance était tendue dans la capitale. La Sûreté nationale a déployé un important dispositif de sécurité dans les principaux axes d’Alger-Centre. Des fourgons et véhicules légers de la police sont stationnés sur l’avenue Khemisti, la rue Abdelkrim-Khettabi, à l’entrée et à la sortie du Tunnel des facultés et en contrebas de la rue Didouche-Mourad.

Des agents en uniforme encadrent discrètement quelques dizaines de personnes, massées sur l’esplanade de la Grande-Poste, à l’appel de l’UGTA. Ils soutiennent l’élection présidentielle et s’insurgent contre la résolution du Parlement européen, qu’ils assimilent à de l’ingérence dans les affaires internes du pays. Étrangement, le rassemblement est presque silencieux. Les citoyens, susceptibles de perturber l’événement, sont fermement tenus à distance.

À quelques encablures, des étudiants organisent un sit-in devant l’entrée latérale de l’université Benyoucef-Benkhedda (Faculté centrale). En arrêt de cours depuis dimanche 8 décembre, les étudiants scandent des slogans hostiles au vote. “Nous ne voterons pas dans ces conditions”, “Ni Tebboune, ni Benflis, ni Bengrina, ni Belaïd, ni Mihoubi n’auront nos voix”, promettent-ils. “Ô travailleurs, vous êtes aussi concernés”, “La grève générale = yaskout nidham” (La grève générale vaut la chute du régime), incitent-ils.

Le mot d’ordre au débrayage, comme ultime acte de désobéissance civile avant le jour du vote, ne s’illustre certes pas dans la capitale. La plupart des commerces et des restaurants sont ouverts, dans quasiment tous les quartiers. Les transports et les administrations publiques fonctionnent normalement.

De nombreux campus universitaires (USTHB, ENP, Faculté de droit, Faculté centrale…) ont fait néanmoins écho à l’appel à la grève générale lancé massivement lors de la marche du vendredi acte 42 de la révolution citoyenne. Pour, probablement, mieux impacter sur leurs concitoyens jusque-là rétifs, les étudiants entament, à midi, une marche spontanée sur la Grande-Poste, en criant : “ Algérois, réagissez” ; “Les étudiants déterminés rejettent ce régime” et  “Il n’y aura pas de vote cette année”.

Les policiers anti-émeutes forment immédiatement un barrage, pour les empêcher d’avancer. Au bout de quinze minutes, les policiers bienveillants avec le contingent des partisans du scrutin quelques instants plus tôt, chargent violemment les étudiants. Ils les bousculent, les séparent des citoyens qui veulent renforcer leurs rangs, les repoussent jusqu’au seuil de leur faculté.  Quelques interpellations sont opérées aléatoirement. 

“Nous sommes des étudiants, pas des terroristes”, “Pouvoir assassin” ; “Yal lil âar, yal lil âar, polici wella haggar” (Quelle honte, les policiers sont devenus despotes), “Djazaïr hourra democratiya” (Algérie libre et démocratique), répliquent les universitaires. “Vous laissez faire les pro-élection, et vous violentez des étudiants, honte à vous”, lance une femme d’un âge certain, outrée par la scène. Imperturbables, les jeunes manifestants ne lâchent pas prise. Ils continuent à marteler leur rejet du scrutin et de la répression devant la Fac. centrale.
 

Souhila Hammadi

 

 



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