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Constantine après le sacre de l’algérie en coupe d’afrique

Nuit blanche… en vert et rouge

La ville des Ponts suspendus a vécu des moments d’euphorie à l’issue de la victoire des Verts. © D.R

L’explosion de joie qui a retenti aux quatre coins de la wilaya de Constantine au coup de sifflet final du referee donnait le la à une nuit de folie.

Mais qu’ont-ils ces Constantinois, assez comédiens pour dissimuler stress et poussée d’adrénaline par une journée de “doute”, à faire part de certitudes et d’assurances sans faille quant à l’issue de la rencontre ? C’est que dans les quartiers, cafés et places publiques, on s’était préparé à la grande kermesse, dès les premières lueurs de la journée de vendredi. À grande eau, les placettes et espaces ont été nettoyés pour accueillir les convives d’une soirée pas comme les autres. 
Des scènes pour DJ et chansonniers sont montés, des sonos “accordées” et des murs repeints pour servir d’écran grand format aux datashows, loués pour certains. Les moins impliqués s’échangeaient les adresses les mieux indiquées pour suivre le match… et faire la fête. Le plein d’emblèmes, fanions, casquettes, maillots de l’équipe nationale, mais également de feux d’artifice et fumigènes aux couleurs algériennes est fait chez les marchands qui pullulaient déjà par ces temps de révolution et dont le nombre s’est démultiplié depuis l’inoubliable coup de patte de Riad Mahrez à l’ultime seconde de la demi-finale remportée par les Verts devant les Éléphants de Côte d’Ivoire. Prémonitoires, les scènes de liesse allaient commencer dans les grandes artères de la ville, paradoxalement, dès 18h, soit deux bonnes heures avant le coup d’envoi de la rencontre. Voitures, tous feux allumés, bondées d’emblèmes et d’où fusaient les klaxons assourdissants et tout le répertoire de chansons fredonnées à la gloire de l’équipe nationale de football. On remarque de nombreuses personnes ­­— hommes, femmes et enfants — qui venaient de terminer la marche populaire du vendredi, mais qui tenaient à poursuivre la célébration de l’Algérie loin des politiques qu’elles vomissent depuis le 22 février. Pleines à craquer, les rames du tramway en provenance de la nouvelle ville Ali-Mendjeli “crachaient” des marées humaines venues prendre part à la parade, d’abord en regardant le match au stade Benabdelmalek-Ramdane ou au temple du Chahid-Hamlaoui où des écrans géants avaient été installés. Un brouhaha rarement constaté par les Constantinois qui s’est évanoui comme par miracle dès 20h, plongeant la ville dans un silence de cathédrale, n’était cet éclat de voix qui retentira par deux fois jusqu’au fin fond de la cité, du fait du décalage de retransmission entre le chaîne de télévision publique et d’autres télévisions satellitaires qui relayaient le match. Bounedjah venait de marquer le but algérien. Suffisant pour que des jeunes boudent les écrans pendant quelques minutes et s’en aillent festoyer dans la rue. Mais depuis, silence. Tout le monde retenait son souffle avant que n’arrive la délivrance. Une véritable implosion qui donnera lieu à une paralysie quasi totale de la ville et pas bien malin qui aurait eu l’idée de prendre sa voiture car le ralentissement de la circulation durera des heures. Cris de joie, youyous de femmes, feux d’artifice et l’inénarrable “One, two, three, viva l’Algérie” meubleront la nuit blanche qui s’ensuivra. Du jamais vu à Constantine ! À l’aube, des groupes de jeunes n’étaient pas encore rentrés et chacun y allait de son propre décryptage pour refaire le match. Et à l’aurore aussi, l’on avait l’impression de découvrir des terrains de bataille devant les montagnes d’immondices, des bouteilles d’eau vide notamment, que les autres guerriers de l’ombre que sont les agents du nettoyage s’attelaient à rassembler, sans rechigner pourtant, tant il est sûr qu’eux-mêmes étaient de la fête.
 

Kamel Ghimouze



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