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les intempéries ont PROVOQUÉ LE DÉCÈS D’UNE FILLETTE DE 18 mois

Oran inondée

Les rues de la capitale de l’Ouest submergées par les eaux. © Samir Ould Ali/Liberté

Les pluies torrentielles, qui se sont abattues sur la capitale de l’Ouest, ont révélé les graves défaillances dans la construction des nouvelles routes et du système d’évacuation des eaux pluviales. 

Les pluies orageuses qui se sont abattues sur la wilaya d’Oran, durant la nuit de samedi à dimanche, ont provoqué la mort d’une petite fille de 18 mois dont la mère a été blessée ainsi que  des dégâts matériels considérables. La victime, prénommée Alaa, est décédée suite à la chute d’un mur du domicile familial situé dans le quartier d’Aïn Khedidja, commune de Mers El-Kebir. Sa mère a également été blessée par l’effondrement et toutes les deux ont été évacuées vers l’hôpital d’Aïn Türck par les services de la Protection civile qui ont communiqué l’information.

Durant toute la nuit, des vidéos et des photos étaient partagées sur les réseaux sociaux par les habitants de “Batimate taliane” à Seddikia, Sidi El-Bachir et d’autres quartiers touchés par les inondations. On y voyait des trombes d’eau de pluie dévaler des ruelles, des maisons inondées et des hommes et des femmes impuissants à faire face à la colère de la nature.  “Regardez ce qui nous arrive pendant que vous prenez tranquillement votre f’tour”, criait un jeune homme en montrant des voisins enfoncés dans l’eau jusqu’à la taille.

D’autres photographies montraient la toute nouvelle trémie, construite sur la 4e rocade à proximité du village olympique, aux trois quarts inondée par les eaux de pluie. Hier, Mers El-Kebir, probablement l’une des localités les plus durement touchées par les intempéries, était inaccessible à cause d’un “lac” qui s’était formé à l’entrée de l’agglomération, en face de la base navale. Une voiture immobilisée au milieu de la large nappe décourageait les automobilistes obligés de rebrousser chemin.

Quelques dizaines de mètres plus loin, en contrebas du quartier Dadayoum, quatre pneus en flammes traduisaient la colère de six familles dont les maisons ont été quasiment dévastées par un oued en crue. “Nous venions à peine de rompre le jeûne quand la porte de la maison a littéralement volé en éclats sous la force des eaux. Nous avons juste eu le temps de nous réfugier dans le logement d’en haut”, relate Arab tandis que sa mère, une septuagénaire, éclate en sanglots.

À l’intérieur des habitations, qui abritent une vingtaine de personnes dont des enfants en bas âge, c’est l’apocalypse : le parquet est recouvert d’une épaisse couche de boue, les ustensiles de cuisine sont entassés sur un meuble dans la cour, matelas, couvertures et oreillers encore trempés attendent un soleil qui n’émerge pas, et ce qui fut un mur de séparation entre deux pièces est éparpillé aux quatre coins de l’habitation, partout des pierres… “Les eaux se sont infiltrées partout, nous n’avons pas encore réussi à fermer l’œil de la nuit”, se lamente la jeune épouse d’Arab en appelant les autorités à tenir leurs engagements “ne serait-ce que pour des petites qui demandaient pardon à Dieu en pleurant tandis que l’orage ébranlait les murs”. 

Les habitants traumatisés 
Les familles Arab et Maâti affirment, en effet, que le P/APC de Mers El-Kebir, tout comme l’ancien wali, Mouloud Cherifi, avaient promis de les reloger dans les plus brefs délais. “Ils sont au courant de notre lamentable situation et se sont engagés à nous reloger. Mais rien n’a été fait jusqu’à aujourd’hui”, déplore Arab dont la fille aînée, âgée d’une dizaine d’années, “avait failli être emportée par une crue, il y a quelques années. Elle a eu la vie sauve grâce aux militaires de la base navale”.

Le cas des familles Arab et Maâti n’est pas isolé, loin s’en faut dans une wilaya où, malgré la construction de centaines de cités et de dizaines de milliers de logements, des familles entières vivent dans la peur des intempéries. À Mers El-Kébir mais aussi à Oran (Sidi El-Bachir, El-Hamri, Derb, Gambetta, Sidi El-Houari…) et les communes limitrophes comme Sénia, Aïn El-Beïda ou Sidi Chami où chaque averse chasse les familles de chez elles. Des manifestations sont ainsi régulièrement organisées par ces citoyens qui demandent un logement décent.

Les nouvelles cités, construites ces vingt dernières années, ne sont pas mieux loties puisque les habitants déplorent des vices de construction entraînant souvent des infiltrations, parfois des effondrements de plafond comme cela a été signalé, il y a quelques mois, dans la nouvelle cité d’Oued Tlélat. “Un jour ou l’autre, il faudra se pencher sur le dossier habitat et mettre chacun devant ses responsabilités”, avertit un citoyen touché par les inondations. Les pluies de la nuit de samedi à dimanche ont également révélé les graves défaillances dans la construction des nouvelles routes et du système d’évacuation des eaux pluviales. S’il est admis que dans les anciens quartiers, les canalisations sont rapidement obstruées, les eaux de pluie formant rapidement d’impressionnantes mares, il apparaît que les routes, trémies et ronds-points nouvellement réalisés, présentent des anomalies qui conduisent presque au même résultat.

Avant-hier soir, une vieille ruelle située à proximité de l’APC d’Oran s’est transformée en piscine, selon des riverains ironiques, et la nouvelle trémie du complexe olympique était pratiquement noyée, à telle point que la circulation y était interdite aux premières heures de la journée. Le même constat a été fait dans plusieurs zones de la capitale de l’Ouest qui, malgré des sommes d’argent colossales dépensées dans des programmes de développement urbain, ne parvient toujours pas à se débarrasser de ses tares. “Les responsables changent mais le système est le même. Comment voulez-vous que la situation s’améliore pour nous ?”, s’interroge encore un Oranais pour lequel tous les dirigeants qui se sont succédé à Oran ont leur part de responsabilité, tant il est vrai que la wilaya retombe toujours dans les mêmes travers.   

S. Ould Ali


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