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Entendu hier par le juge d’instruction dans l’affaire Ali Haddad

Ouyahia en prison

Hier, lors du transfèrement d’Ahmed Ouyahia de la Cour suprême vers la prison d’El-Harrach. © Billel Zehani/Liberté

Le fourgon cellulaire qui transportait Ahmed Ouyahia a été pris d’assaut par des citoyens en colère, qui attendaient pas loin de la prison d’El-Harrach. 

L’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia a passé, hier soir, sa première nuit en prison. Il a été mis en détention provisoire par le juge d’instruction désigné par la Cour suprême à cet effet. L’ancien ministre des Travaux publics Abdelghani Zaâlane, entendu lui aussi dans la même affaire, a été placé sous contrôle judiciaire. Le juge d’instruction, désigné par la Cour suprême pour juger les anciens membres du gouvernement et d’autres hauts responsables, n’a pas eu besoin de beaucoup de temps pour inculper Ahmed Ouyahia de “conclusion illégale” de marchés publics attribués à l’homme d’affaires Ali Haddad.

Son dossier, traité dans sa phase de l’enquête préliminaire par la brigade de Gendarmerie de Bab Jdid, a été instruit par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed. L’ex-Premier ministre a été entendu plusieurs heures avant que son dossier ne soit transféré à la Cour suprême, qui a désigné un juge d’instruction chargé de traiter ce dossier et ceux d’anciens ministres et d’anciens walis, tous concernés par le privilège de la juridiction que leur accorde la loi. C’est la première fois qu’un Premier ministre est jugé pour une affaire de corruption. Pour cette instruction, la rue mitoyenne avec la Cour suprême était prise d’assaut depuis la matinée d’hier par des dizaines de journalistes, de photographes et de cameramen des médias nationaux et étrangers.

Tous guettaient l’arrivée de celui qui, il y a à peine quelques mois, s’adressait aux Algériens avec une arrogance à peine dissimulée. Finalement, le véhicule qui transportait l’ancien Premier ministre est entré dans la cour de la haute juridiction à 13h20. Mais les journalistes n’ont pu apercevoir que son chef du protocole descendre de la berline flambant neuve. Le suspect, lui, est entré par une porte dérobée. Après une attente d’un peu plus de trois heures, Ahmed Ouyahia est ressorti dans un fourgon cellulaire de la Police nationale, escorté par des voitures du même corps. Les photographes et les cameramen n’ont pas pu  apercevoir le prestigieux détenu malgré une course de plusieurs mètres. 

Pour empêcher des photographes de prendre des clichés, des policiers ont même obstrué les vitres arrière du véhicule, les seules disponibles. Beaucoup de journalistes et des badauds présents ont même pensé à une mise en scène. Interrogés, des policiers chargés de tenir les journalistes à distance ont confirmé que c’est bien Ouyahia qui se trouvait dans le fourgon. La télévision publique a annoncé de manière instantanée l’information sans donner plus de détails. Arrivé devant la prison d’El-Harrach, le fourgon cellulaire qui transportait Ahmed Ouyahia a été pris d’assaut et attaqué par des citoyens. 
Certains ont jeté des pierres sur la voiture, tandis que d’autres ont donné des coups de poing sur la tôle du fourgon, sous les cris de “Klitou lebled ya serrakine” (Vous avez pillé le pays, voleurs). 

Des manifestants ont brandi des pots de yaourt, une image qui colle désormais à l’ancien Premier ministre. Dans les rues adjacentes, pas loin de la prison d’El-Harrach, des citoyens ont même laissé éclater leur joie en voyant un homme qui a toujours focalisé la haine des Algériens ces dernières années. Son procès sera programmé dans les prochaines semaines. En attendant, le juge désigné par la Cour suprême va auditionner dans la même affaire, aujourd’hui, Abdelmalek Sellal et Amara Benyounès.
 

Ali Boukhlef

 

 


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