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A la une / Actualité

Il affirme que son parti a été victime de violations et de dépassements

Ouyahia : les mots pour dire la fraude

Ahmed Ouyahia, SG du RND. © Louiza Ammi/Archives Liberté

Le SG du RND reconnaît que le phénomène de la fraude électorale, même s’il n’use pas de ce mot, lui préférant d’autres, moins incisifs, fait partie de la normalité d’une élection en Algérie.

“Il y a eu des violations et des escarmouches, tout comme il y a eu des dépassements de la part de certains agents de l’administration. Il y a également eu beaucoup des retards dans la remise des procès-verbaux de dépouillement.”  Ces déclarations, pour le moins fracassantes sur le déroulement des élections locales de jeudi dernier, n’émanent pas, comme on serait tentés de le croire, d’une quelconque formation politique de l’opposition dont la dénonciation de la fraude électorale est devenue une constante des rendez-vous électoraux en Algérie.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la complainte provient de ce même camp politique qui, pour ne pas déroger à la règle, est toujours le principal bénéficiaire des élections dans notre pays.
Ahmed Ouyahia, pour ne pas le citer, celui-là même qui se nippe, selon les circonstances, de l’accoutrement de chef de l’Exécutif ou de celui de patron du RND, a présenté, vendredi, son parti comme une victime d’une fraude électorale qu’il refuse toutefois de nommer franchement.
En se plaignant de “violations” et autres “dépassements”, M. Ouyahia va même jusqu’à pointer du doigt l’administration, dont il accuse indirectement certains de ses agents, de partialité. En enfilant le costume de secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia a-t-il oublié, ou le feint-il juste, qu’il est précisément à la tête de cette administration qu’il pourfend sans mettre de gants ? Une configuration où l’arroseur se retrouverait arrosé.
à bien suivre son intervention, on découvre que le patron du RND éprouverait presque un malin plaisir à prendre son auditoire, constitué de journalistes et, par-delà, tous les Algériens, pour des dupes. Et pour cause.
Les dépassements qu’il dénonce constitueraient, en effet, la preuve qu’il n’y a pas que l’opposition qui peut être victime de tels agissements et que même les partis au pouvoir et du pouvoir peuvent l’être. “Vous voyez bien que même un parti dont le chef est le premier responsable de l’Exécutif se plaint de l’élimination de ses listes ou de ses candidats”, assure-t-il, en conférence de presse, donnant l’impression d’avoir trouvé l’argumentaire rêvé pour clouer au pilori cette opposition qu’il aurait facilement qualifiée, au vu de son arrogance légendaire, de grognarde et de pleurnicharde pour ses incessantes dénonciations de la fraude électorale.
Mais là où l’homme à la double casquette ne croit pas si bien dire c’est lorsqu’il affirme, à propos de tous ces dépassements relevés à l’occasion de l’opération électorale, que “c’est ça l’ambiance générale des élections dans notre pays”. Le SG du RND reconnaît ainsi clairement que le phénomène de la fraude électorale, même s’il n’use pas de ce mot, lui préférant d’autres, moins incisifs, fait partie de la normalité d’une élection en Algérie.
Une phrase lourde de sens, surtout qu’elle n’émane pas d’un simple chef de parti, fût-il issu ou proche du système, mais d’un haut responsable assumant, en même temps, les fonctions de Premier ministre. Ses propos confirment, si besoin est, que les nombreux dépassements et autres violations dont se plaignent les formations de l’opposition depuis des décennies ne sont pas des inventions destinées à justifier des déroutes électorales.
Pourtant, à chaque fois que l’opposition crie à la fraude à l’issue des scrutins successifs organisés depuis 1997, elle se retrouve stigmatisée par les tenants du pouvoir et les formations gravitant autour. En se déclarant, finalement, lui aussi, victime de pratiques qu’il avait, lui-même, toujours niées, le parti d’Ouyahia renforce, en tout cas, l’idée que la fraude électorale est “institutionnalisée”, devenant, au fil du temps, une  constante des processus électoraux en Algérie.


Hamid Saïdani

 


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