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Ils se sont rencontrés hier à Alger

Ouyahia-Makri : un dialogue de sourds

Makri a essuyé un niet d’Ouyahia à sa proposition. © Louiza/Liberté

“Je suppose que les responsables du MSP ont compris que nous ne pouvons pas être d’accord avec eux”, a affirmé le SG du RND.

Moins d’une semaine après avoir essuyé un premier refus du FLN et quelques jours après la fin de non-recevoir exprimée par l’armée quant à son appel pour l’impliquer comme garant de son initiative pour “le consensus national”, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) d’Abderrezak Makri a encore essuyé, hier, le refus froid du secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), et non moins Premier ministre, Ahmed Ouyahia. “Sur le plan politique, il n’existe quasiment aucun point de rapprochement entre le RND et le MSP”, a déclaré, sans ambages, M. Ouyahia lors d’un point de presse animé à l’issue de son entrevue à huis clos avec son invité au siège du RND, qui a duré plus de deux heures dans l’après-midi d’hier.
En effet, M. Ouyahia a clairement exprimé son rejet de l’offre politique du MSP. “Si nous sommes tombés d’accord avec eux sur l’existence des difficultés sociales et économiques dans le pays et que nous faisons face à une situation internationale dangereuse, nous ne sommes pas d’accord sur l’existence de la crise politique qu’ils évoquent. Au RND, nous considérons qu’il n’existe ni crise politique ni problèmes politiques en Algérie”, a vite tranché M. Ouyahia, non sans réitérer le choix du RND pour Bouteflika comme candidat à l’élection présidentielle de 2019. “Au MSP qui veut d’un candidat du consensus, nous avons rappelé que nous avons déjà pris une position publique de soutenir la candidature de Bouteflika que nous appelons à poursuivre son œuvre pour la stabilité du pays et le processus de la construction et des réalisations. Je suppose que les responsables du MSP ont compris que nous ne pouvions pas
être d’accord avec eux”, a-t-il expliqué.
Pour Ouyahia, parler de consensus à la veille de cette échéance électorale serait même “une remise en cause de la souveraineté populaire”. “Nous disons que lorsque l’échéance de la présidentielle arrivera, parler du consensus ce serait remettre en cause et la souveraineté nationale et la souveraineté populaire”, s’est-il exclamé, comme pour couper court à la proposition du MSP. Même le problème de santé du président Bouteflika depuis qu’il a été victime d’un AVC en 2013 ne doit pas l’empêcher de briguer un 5e mandat, du point de vue de M. Ouyahia. “J’ai dit à mon interlocuteur qu’un pays qui a fait une révolution lors du Printemps arabe et qui est passé de A à Z politiquement n’a pas réussi pour autant à régler ses problèmes économiques et sociaux. Lors de mon entretien avec la délégation du MSP, il m’a été dit que nos amis ne partagent pas notre avis quant au fait que nous appelons M. Bouteflika à continuer bien que diminué physiquement. “Je leur ai rappelé que lorsque certaines mauvaises langues disaient en 2003 et en 2004 que M. Bouteflika habitait la télévision ou passait son temps dans les avions, à cette époque-là déjà, il y avait une opposition qui disait tout sauf Bouteflika. Aujourd’hui, une partie de l’opposition pense que si M. Bouteflika se présente, il a de très fortes chances de passer”, a-t-il répété devant les représentants de la presse pour justifier son choix. “Nous respectons tous les points de vue, y compris celui-là, mais vous comprendrez que ce n’est définitivement pas le point de vue du RND”, a-t-il martelé.

Makri ne cache pas sa déception
Un même niet sera opposé par M. Ouyahia à l’autre proposition initiale du MSP portant sur la transition démocratique.
Cela, quand bien même M. Makri aurait, à l’occasion, revu à la baisse sa proposition pour ne plus parler de transition démocratique, mais plutôt et exclusivement de “consensus national”. “S’agissant de la transition que les responsables du MSP nous ont expliquée différemment de ce que nous avions lu dans la presse, nous disons que la période de transition n’est peut-être pas logique dans un pays où tous les cinq ans, on retourne aux urnes.” Comme il fallait s’y attendre, l’autre divergence entre le RND et le MSP concerne l’appel à l’implication de l’armée dans le camp politique pour se porter garante du consensus national. “Au RND, nous considérons que l’armée est la deuxième institution constitutionnelle après le président de la République qui incarne l’unité nationale. Donc, il est préférable de ne pas l’enrôler sur ce terrain réservé à la classe politique”, a souligné M. Ouyahia qui concède à son homologue du MSP sa disponibilité à dialoguer sur les questions économiques, sociales et internationales. “En conclusion, nous avons proposé au MSP notre appel à un dialogue national sur les voies et les mesures adéquates à mettre en place, ensemble, pour la construction d’une économie à caractère social. Pourquoi ? Parce que tout le monde est d’accord sur la nécessité d’engager des réformes mais, pour le RND, la grande réforme à mener est d’abord celle de réformer les mentalités”, a dit M. Ouyahia qui ne se gêne pas pour souligner que, politiquement, il ne partage quasiment rien avec le parti islamiste. “Si nous ne sommes pas d’accord quant à la recherche d’un consensus sur celui qui sera candidat en 2019 ou sur une période de transition politique ou encore sur une implication de l’armée dans ce genre de débats, je pense que c’est déjà une chose dont vous étiez certains avant même que je vienne devant vous”, a-t-il conclu. Un discours qui a, faut-il le dire, dérouté M. Makri lequel est apparu, visiblement, déçu à l’issue de cette rencontre. Cela est davantage visible dans ses réponses, pour le moins confuses et évasives, aux questions des journalistes. “Nous ne parlons pas de transition démocratique mais d’un consensus national qui s’inscrit dans le cadre constitutionnel. Il s’agit donc de se mettre d’accord sur un consensus national qui englobe les élections prochaines, présidentielle et législatives. Il s’agit aussi de discuter de la vision économique et politique. Donc personne ne parle de transition démocratique qui dépasse les institutions constitutionnelles. D’ailleurs, nous l’avons jamais fait depuis le début de notre initiative”, s’est-il contredit, cachant mal l’échec de son initiative dès son lancement.


Farid Abdeladim
 


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