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A la une / Actualité

La commande publique désormais réservée aux entreprises locales

Ouyahia ordonne le retour à la préférence nationale

Ahmed Ouyahia, Premier ministre. © Louiza/Liberté

Les sociétés étrangères, faut-il le rappeler, ont été copieusement servies depuis plus d’une quinzaine d’années en raflant la quasi-majorité des marchés proposés par l’État.

Poussé dans ses derniers retranchements par une crise financière qui n’a pas encore montré toutes ses facettes, le gouvernement est contraint, après des années d’errement, de revenir à une gestion plus saine des affaires publiques pour tenter de limiter les dégâts d’un effondrement économique qui pourrait mettre à mal de manière gravissime la stabilité du pays. En effet, après avoir plaidé, à maintes reprises, pour la préférence nationale dans l’attribution des marchés de la commande publique, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a donc fixé le cap, et de manière claire, aux ministres, aux walis et aux responsables des groupes et entreprises économiques publics pour privilégier l’outil de production ou de service local. Il l’a fait par le biais d’une note datée de début octobre et adressée à tous les démembrements de l’État, les sommant de recourir, “exclusivement”, aux entreprises nationales, publiques et privées, pour toute étude, service ou réalisation, et ce, par l’entremise d’appels d’offres nationaux. Tout en rappelant, de prime abord, dans la note en question, la confirmation de la relance des réalisations financées par le budget public et contenue dans la loi de finances 2018, le Premier ministre ordonne, ainsi, que “tout projet relevant de vos départements ministériels respectifs, ainsi que leurs démembrements devront faire l’objet d’appels d’offres nationaux exclusivement”. “Cette règle s’applique pour les contrats de réalisation des travaux, acquisitions de biens, ainsi que pour la prestation des services”, précise Ouyahia, qui rappelle à ses correspondants qu’ils sont tenus au respect de l’instruction. À travers cette note, M. Ouyahia, qui avait, un moment, prêché le patriotisme économique, tente, donc, de formaliser, d’une certaine façon, cette conception de la gestion des marchés publics. Ce retour à la préférence nationale s’accompagnera, évidemment, d’une contraction du recours aux avis d’appels d’offres internationaux dont les cas d’exception doivent impérativement bénéficier du quitus du Premier ministre. En effet, même si ce dernier ne ferme pas complètement la porte quant à l’accès des entreprises étrangères à la commande de l’État algérien, il énonce, toutefois, le caractère exceptionnel d’une telle démarche et l’indispensable visa du gouvernement. “Toute situation qui nécessiterait impérativement le recours à une entreprise étrangère devra être motivée et soumise à mon cabinet”, tranche M. Ouyahia. Autrement dit, le recours aux sociétés étrangères pour tous travaux d’étude, de service ou de réalisation doit revêtir un caractère exceptionnel, et décrocher, impérativement, l’assentiment du Premier ministre. Cette note d’Ouyahia vient, en tout cas, en droite ligne de l’instruction qu’il avait adressée, début septembre dernier, aux ministres, walis et dirigeants des groupes industriels publics, leur demandant de veiller, dans le cadre des commandes publiques, à la mise en œuvre de l’article 83 du Code des marchés publics (promulgué en septembre 2015), qui accorde à la production d’origine algérienne une préférence pouvant aller jusqu’à 25% sur les offres soumises. Instruction dont il avait pris soin d’envoyer des copies aux organisations patronales et à l’UGTA. Mais visiblement, cette part de la commande publique offerte aux entreprises nationales s’est avérée infime et le poids de la facture des importations, y compris pour les services, n’a pas laissé d’autre choix au gouvernement que de serrer encore plus les vis pour le recours aux sociétés étrangères qui doivent, dorénavant, céder la place à l’outil de production et de réalisation locales. Les sociétés étrangères, faut-il le rappeler, ont été copieusement servies depuis plus d’une quinzaine d’années en raflant la quasi-majorité des marchés proposés par l’État. Depuis le début des années 2000, avec la disponibilité en abondance des recettes financières publiques, les Algériens ont assisté à un déferlement de sociétés étrangères (chinoises, françaises, portugaises, allemandes, brésiliennes, turques…) qui ont décroché des marchés, parmi les plus importants, proposés par l’État. Une situation qui a énormément contribué aux transferts à l’étranger de sommes colossales en devises. Mais passée cette période faste et étranglée par la raréfaction des recettes provenant des hydrocarbures et l’absence d’une alternative économique à ce secteur dominant, les autorités sont donc contraintes de faire dorénavant appel exclusivement aux sociétés nationales. Cette nouvelle configuration, Ouyahia n’a pas manqué de la rappeler jeudi lors du débat organisé dans le cadre de l’université du FCE à la Safex. Et elle est d’autant plus importante que le Premier ministre lui a consacré trois des dix points réservés aux mesures prises ou à prendre par le gouvernement, afin de réduire le poids de plus en plus pesant de la facture d’importation. “Le recours aux appels d’offres nationaux pour toute réalisation publique. Le recours aux entreprises étrangères deviendra ainsi l’exception”, avait-il tranché, devant un parterre d’opérateurs économiques et d’invités.


Hamid Saïdani


 


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Brahms le 21/10/2017 à 13h39

Oui, Mr Ouyahia mais les Sociétés étrangères ont donné aussi beaucoup de commissions ou de rétro-commissions à des harkis, tireurs de ficelles ou à des oligarques qui ont pu ainsi amasser des fortunes colossales sur le dos de la population. L'un ne va pas sans l'autre. Il y a le corrupteur mais aussi le corrompu et le corrupteur récupère toujours sa commission en gonflant les prix et c'est l'Etat algérien qui paie au final l'ardoise d'où un matelas en devise qui a fondu comme neige au soleil.

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