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élection présidentielle d’avril 2019

“Paris ne soutient ni mandat ni candidat”

Siège de la présidence de la République. ©D. R.

Pour notre source, Paris ne soutient “ni mandat ni candidat” et ne prend pas position pour un pays, même aussi proche que l’Algérie.

Dire que les relations entre l’Algérie et la France sont particulières est sans aucun doute un euphémisme, tant les deux pays ont en partage une grande histoire, une proximité géographique, des liens humains puissants traduits par une forte communauté algérienne, constituée désormais pour l’essentiel de Franco-Algériens, établie en Hexagone, et une coopération qui recouvre presque tous les domaines, notamment au plan sécuritaire. Et malgré quelques vicissitudes, souvent liées au contentieux mémoriel, il n’en demeure pas moins que pour Paris, Alger demeure “au cœur de ses priorités”. Et ce n’est probablement pas la récente sortie de l’ex-patron de la DGSE et ex-ambassadeur en poste à Alger, Bernard Bajolet, dont les propos sont qualifiés de “torrent de haine” par Ahmed Ouyahia et affublé du vocable de “barbouze” par le SG du FLN, Djamel Ould Abbes, qui impactera les relations bilatérales, assure une source diplomatique à Paris. Pour cette source, il n’y a aucun rapport entre les déclarations de l’ex-ambassadeur et les autorités, notamment la présidence de la République même si, à l’évidence, au regard des réactions et de “l’émotion” suscitées de l’autre côté de la Méditerranée, mais également compte tenu des postes qu’il a occupés, on aurait souhaité qu’il s’applique à lui-même, lui le “jeune retraité actif”, “un devoir de réserve”.
“On en fait pas une affaire plus que ça. C’est un dossier clos.” C’est parce que, dans le prolongement des déclarations de Macron faites à Alger, Paris souhaitant “écrire une nouvelle page”, qu’elle semble se garder de froisser Alger et de s’impliquer dans des questions qui agitent la scène politique nationale, comme par exemple l’éventualité d’un cinquième mandat pour le président Bouteflika, au nom du sacro-saint principe de “non-ingérence”.
Pour notre source, Paris ne soutient “ni mandat ni candidat” et ne prend pas position pour un pays, même aussi proche que l’Algérie. Pour elle, c’est “l’affaire des Algériens”. “Ce qui concerne la France, c’est la stabilité de l’Algérie et une très forte volonté à continuer dans le dialogue politique qui se traduit par une très forte coopération dans tous les domaines pour permettre aux deux pays de vivre dans la sérénité”. Bien évidemment, on assure que la situation est suivie avec “intérêt”, mais il appartient aux Algériens, et à eux seuls, de définir la “préparation, les candidats et les programmes”. Tout comme on assure que cette position ne changera pas lors des mois à venir. D’ailleurs, même l’absence du Président est mise dans la case du “choix des Algériens”, l’important étant pour Paris que le climat de coopération se poursuive, quelle que soit l’issue de la prochaine élection. Et dans ce contexte, l’on s’attend à ce que de part et d’autre, on avance sur plusieurs dossiers.
Comme par exemple sur celui de la mémoire.
Après avoir reconnu la responsabilité de l’État français dans la mort, sous un système de torture, de Maurice Audin, un geste jugé “fort” et considéré comme une “réponse du président à une mobilisation”, à Paris, on semble disposé à avancer. Mais on estime que le “chemin doit se faire à deux” et qu’on souhaite à ce qu’Alger franchisse une étape, un vœu visiblement entendu puisqu’il y a un dialogue entre les deux parties. Autre sujet sur lequel Paris souhaite avancer, celui des harkis, un sujet évoqué en décembre dernier entre Macron et Bouteflika qui avait fait “preuve d’ouverture”. Un groupe de réflexion devrait faire des propositions d’ici décembre prochain sur la situation des harkis et la question de leur retour. “Les mois qui viennent, on demandera des réponses précises.”
Autres vœux de l’Hexagone : qu’il y ait plus d’étudiants en master et en doctorat, que l’Algérie aide dans la “formation” et qu’il y ait plus d’écoles françaises en Algérie. Selon notre source, il y a un potentiel français susceptible d’être développé en Algérie et que Paris est prête et attend d’Alger plus “d’homologation, plus de label”. “C’est un sujet sur lequel on veut avancer. Mais au-delà de ça, on veut renforcer la formation des enseignants. On souhaite que les choses avancent plus du côté algérien”, souligne cette source. Même si elle est favorable à la circulation des personnes, notamment les étudiants, notre source ne plaide pas moins en faveur d’une coopération à même d’asseoir un système éducatif performant. Au chapitre économique, clé de voûte de la coopération, Paris, comme déjà rappelé par plusieurs de ses responsables, est intéressée par une présence accrue d’entreprises françaises en Algérie, d’autant qu’il s’agit d’une demande des “amis algériens” pour diversifier l’économie. “On doit faire des efforts pour avancer”, souligne notre source. On considère, dans ce contexte, le renforcement de la coopération économique dans tous les domaines comme un “sujet prioritaire” car il y a une “attente mutuelle”. Aussi, on rappelle que la partie française est “prête” à tenir compte de la règle 51/49 et à partager les “efforts sur tous les projets”.

“Non-dit” en faveur d’une intervention en dehors des frontières
Ce souhait de l’approfondissement de la coopération concerne également le volet sécuritaire. Même si elle est qualifiée de “très bonne et régulière”, la coopération est appelée à s’approfondir sur des questions en dehors de l’Algérie au regard des défis qui se posent à la région, notamment au Sahel. C’est ainsi que l’on s’attend au renforcement de l’échange d’informations. “C’est une demande politique qui a été faite (…) On souhaite qu’elle aille plus loin.”  Mieux encore, tout en respectant la position doctrinale de l’Algérie qui s’interdit une intervention en dehors de ses frontières, Paris ne verrait pas d’un mauvais œil des interventions ciblées. “Sur certaines questions, il aurait pu être utile que certains éléments de l'armée puissent intervenir sur des buts bien précis (...) à travers des actions de formation, une implication plus forte dans le G5 Sahel. On respecte la doctrine algérienne, mais au plan opérationnel, il est utile qu’on puisse envisager des actions concertées qui reflètent notre coopération.” Si elle admet qu’il s’agit là de “questions sensibles”, notre source assure que la France ne cherche pas à ce qu’Alger change sa position doctrinale, mais seulement un approfondissement de la coopération sécuritaire.

De notre envoyé spécial en France : Karim kebir


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