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A la une / Actualité

place des femmes en politique

Peu d’avancées et beaucoup de slogans

Tayeb Louh, ministre de la Justice, garde des Sceaux, jeudi dernier, à l’hôtel El-Aurassi. ©APS

En dehors des avancées enregistrées dans la représentation féminine aux Assemblées élues, nationales et locales, la place des femmes dans des postes de responsabilité institutionnels et administratifs publics demeure insignifiante.

Pour son traditionnel message à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la femme, le président Bouteflika n’aura pas dérogé à la règle. Le long laïus, lu en son nom, jeudi, à l’hôtel El-Aurassi, par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, aura été un concentré de langue de bois et de discours populiste sur ce qui est consacré comme acquis pour la femme algérienne. De nouveau, le slogan creux l’a emporté sur les réalités amères. Face à une situation pourtant peu ou pas enviable de la femme algérienne, le président de la République ne voit, pourtant, que le côté jardin, comme le démontre son allocution. “La femme algérienne est en droit, aujourd'hui, de s'enorgueillir de ses acquis, des réalisations et des progrès qu'elle a accomplis et qui ont renforcé sa place et forcé l'admiration dans son environnement local et régional”, assure-t-il, attribuant aux concernées un rôle et une position, loin d’être, aujourd’hui, une évidence. “L’histoire retiendra cette avancée remarquable de la femme algérienne, tout comme elle retiendra ses hauts faits durant le combat libérateur mais aussi tout au long des six décennies d'édification et de construction post-indépendance ainsi que sa capacité de résilience et ses sacrifices pour la sauvegarde de l'État algérien durant la tragédie nationale”, a, d’ailleurs, rappelé le chef de l’État dont le discours a, par moments, dégagé l’odeur fétide d’une criante tentative de récupération des combats des femmes, en s’appropriant les avancées en la matière. “Nous avons œuvré à consacrer cette démarche pour la promotion des droits de la femme et veillé à lui assurer, politiquement et socialement, les mêmes droits que son frère l'homme”, insiste le président de la République. Mais, les louanges servies à tout-va cachent pourtant mal la situation peu enviable de la femme algérienne, y compris dans le domaine politique qui, visiblement, constitue l’argument principal du premier magistrat du pays pour marteler acquis et avancées du combat féminin dans notre pays. Pourtant, la représentation de la femme algérienne en politique telle que décrite par le chef de l’État ressemble plus à une caricature qu’à une vérité tant une telle démonstration, inutile au demeurant, est comme l’arbre qui cache la forêt. “Les dispositions constitutionnelles et législatives que nous avons adoptées ont permis de faire de l'Algérie un pays pionnier en matière de représentation féminine au Parlement, avec près de 130 élues. Nous pouvons aussi être fiers de la représentation de plus en plus croissante des femmes au sein des Assemblées locales élues”. En avançant cela, le Président n’a, à certains égards, pas tort puisque la situation qu’il décrit est appuyée par des chiffres directement liés à cette représentation.

Sur 48 walis, seulement 2 sont des femmes
Mais ce que l’on tente, peut-être sciemment, d’omettre c’est le fait que ces avancées sont surtout le fruit des efforts consentis par les partis politiques, quand bien même la démarche trouverait sa source dans le dispositif réglementaire encadrant les élections. Mais, comment les autorités peuvent-elles contraindre les partis politiques à donner une place plus importante aux femmes sur les listes électorales afin de renforcer leur présence dans les Assemblées élues et, dans le même temps, se garder de prendre les mêmes dispositions lorsqu’il s’agit de procéder à des nominations au sein des institutions publiques ? Pourtant, ce ne sont pas les discours et les promesses qui manquent en la matière, comme le démontre l’allocution du chef de l’État. “(…) nous avons inclus dans la dernière révision constitutionnelle la responsabilité de l'État d'œuvrer en faveur de la parité entre les femmes et les hommes dans le monde du travail et pour l'accès de la femme aux postes de responsabilité dans les institutions et administrations publiques, et dans le secteur économique”, a-t-il, ainsi, affirmé.
En dehors des avancées enregistrées dans la représentation féminine aux Assemblées élues, nationales et locales, la place des femmes dans des postes de responsabilité institutionnels et administratifs publics demeure, en effet, insignifiante. Il suffit juste de passer en revue la liste des walis, qui sont nommés par le chef de l’État, pour s’en rendre compte. Sur 48 walis, seulement 2 sont des femmes.
Pourquoi le président de la République n’use-t-il pas du pouvoir que lui procure la loi fondamentale du pays pour donner corps à la parité entre les hommes et les femmes qu’il évoque, d’ailleurs, dans son discours ? Car tout le reste n’est que littérature.

Hamid SaÏdani


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Argaz le 10/03/2018 à 19h44

On est favorable à ce que la femme ait sa place équitablement et pas uniquement en politique mais dans tous les domaines de la gestion d’une manière générale. Sauf qu’en réfléchissons on s’est finalement dit qu’une seule femme soit disant émancipée a eu l’outrecuidance de jeter une bonne partie de la population algérienne en pâture pour ses propos malveillant sur Tamazight, qu’en serait-il en étant moyennement égalitaire. A bon entendeur…

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