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Raouya annonce le montant

Planche à billets : 3 000 milliards de DA en 3 ans

Abderrahmane Raouya, ministre des Finances. © D.R.

Le gouvernement compte également puiser 20 milliards de dollars des réserves en devises pour redresser la situation.

Le ministre des Finances a révélé le montant qui sera puisé de la planche à billets entre 2017 et 2019. Devant la commission des finances et du budget dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances, Abderrahamane Raouya est intervenu pour apporter plus de précisions sur l’évolution de la situation financière du pays. Le gouvernement puisera près de 3 000 milliards de dinars de la planche à billets, soit environ 30 milliards de dollars, pour réduire le déficit du Trésor en trois ans. “Le déficit du Trésor sera couvert principalement par le recours au financement non conventionnel (planche à billets). Dans ce cadre, les besoins de financement sont estimés à 570 milliards de dinars en 2017, 1 815 milliards de dinars en 2018 et 580 milliards de dinars en 2019. Le déficit du Trésor devrait connaître des baisses successives en passant de 2 344 milliads de dinars en 2017 à 1 963 milliards de dinars en 2018 puis à 55 milliards de dinars en 2019.”
Le recours à la planche à billets sera beaucoup plus important en 2018. C’est l’année où le gouvernement utilisera davantage ce financement non conventionnel pour réduire le déficit du Trésor. Le ministre des Finances ne nous dit pas, cependant, quels seront les montants puisés de la planche à billets pour réduire la dette interne et pour financer l’investissement via des apports au Fonds national d’investissement (participations ou financements d’investissements publics). Très optimiste, le ministre laisse entendre dans son intervention que l’Algérie exclut le recours au FMI en 2019 ou 2020.

Pas de recours au FMI en 2019 ou 2020, selon le ministre
À contre-courant des affirmations d’experts projetant le recours de l’Algérie en 2019 ou 2020 au FMI, il a livré aux députés de la commission une présentation de l’évolution des réserves de change d’ici à 2019 : “Les réserves de change devraient s’établir à 85,2 milliards de dinars à fin 2018, soit l’équivalent de 18,8 mois d’importation et 79,7 milliards de dollars en 2019 (18,4 mois d’importation) avant d’atteindre 76,2 milliards de dollars en 2020 (17,8 mois d’iimportation). Ce volume de réserves en devises devrait donner un répit à l’Algérie d’environ un an et demi, contre deux à trois ans auparavant.
Ce qui nous éloigne, selon ces estimations, d’un recours au Fonds monétaire international. Le ministre des Finances avait indiqué qu’elles se situaient à 105,8 milliards de dollars à fin juillet 2017 et qu’elles pourraient baisser jusqu’à 97 milliards de dollars à fin décembre 2017. Selon ce scénario optimiste, l’Algérie bouffera  20 milliards de dollars supplémentaires en deux ans, 130 milliards de dollars en 5 ans, de fin 2014 à fin 2019, soit plus de 25 milliards de dollars par an. Un signe de mauvaise gouvernance et de l’incapacité des gouvernements successifs à mettre en œuvre des mesures efficaces en vue de surmonter la crise financière qui affecte le pays.
Ces résultats dépendent de l’évolution des exportations d’hydrocarbures du pays. Dans le scénario du gouvernement Ouyahia, les exportations d’hydrocarbures devraient successivement augmenter à 34,4 milliards de dollars en 2018, à 38,3 milliards de dollars en 2019 et à 39,5 milliards de dollars en 2020.
Tout cela, si toutes les choses se passent bien. La plupart des spécialistes pensent, eux, que l’usage de la planche à billets aura des répercussions très négatives sur l’évolution de l’économie nationale : inflation à deux chiffres à partir de 2018, forte dévaluation du dinar.
En un mot, la solution a pour conséquence une baisse du pouvoir d’achat de la majorité de la population.
Une situation qui pourrait compromettre l’an prochain la paix sociale et remettre en cause la politique du gouvernement. À moins que l’Exécutif, par souci d’efficacité, ne recourt au package de mesures efficaces proposées par ces experts et qui atténuent les effets de la crise sur la population.


K. Remouche
 


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