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Ils qualifient ses propos de “grave dérapage” et de “provocation”

Politiques et intellectuels fustigent le ministre de l’Intérieur

Salah Eddine Dahmoune, ministre de l’Intérieur. © D.R.

Les insultes proférées par le ministre de l’Intérieur à l’endroit des Algériens qui s’opposent à l’élection présidentielle ont suscité indignation et émoi parmi l’opposition politique et les intellectuels.

La surprenante sortie du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Salah Eddine Dahmoune, qui a qualifié les opposants à la présidentielle du 
12 décembre 2019 de “pseudo-Algériens”, de “mercenaires”, de “pervers” et d’“homosexuels”, a suscité l’indignation de plusieurs responsables de partis et de personnalités. “Lorsqu’un ministre d’État s’abaisse et met en garde, dans un discours prononcé au nom de l’État, à un niveau d’insultes et de propos blessants à l’encontre du peuple, sachez que l’heure de la fin a sonné”, a écrit le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas, dans un post publié sur sa page facebook. Et de s’interroger : “Y a-t-il un crime plus grand que cela, pour qu’un responsable avec un tel niveau tienne à son peuple des propos injurieux et obscènes et conteste la dignité et le caractère sacré du peuple libre ?”  Le premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), Hakim Belacel, a vu dans la sortie de M. Dahmoune un “grave dérapage” mais surtout une “provocation”. “Les propos tenus aujourd’hui par le ministre illégitime de l’Intérieur ne sont qu’une provocation de plus et une dérive de trop. Néanmoins, la lucidité et le pacifisme des millions d’Algériennes et d’Algériens ne seront jamais altérés par cette vile tentative de nous détourner de l’essentiel”, a-t-il soutenu. “Le système va s’effondrer à partir du moment où il se fait représenter par ce ministre de l’Intérieur”, a prédit Zoubida Assoul, présidente du parti de l’Union pour le changement et le progrès (UCP), en voyant en M. Dahmoune “une menace pour l’État algérien”. Offusquée, Mme Assoul a estimé que “demander le départ du ministre de l’Intérieur est un devoir national”.  
Les propos insultants du ministre de l’Intérieur sont, aux yeux du coordinateur du Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD), Mustapha Hadni, le signe d’“une panique générale” et d’“une faillite politique” d’un système politique “obsolète, agonisant et finissant”. “L’insulte et l’invective sont dans les gènes du système politique algérien. Ce dernier est obsolète, finissant et agonisant. Il est à l’image d’un cadavre au stade de décomposition très avancé”, a-t-il écrit sur son compte facebook, avant d’enchaîner : “Ses déclarations sont le signe d’une faillite politique et d’une panique générale. L’élection présidentielle qui tourne au fiasco met à nu à la fois l’impuissance et l’improvisation du régime face à la détermination et au pacifisme sans faille du peuple algérien à vouloir le déboulonner, le déraciner définitivement et irrémédiablement et ce, avec ses hommes et ses pratiques !” Côté personnalités, l’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi s’est dit “choqué et scandalisé” par la sortie “obscène”  de M. Dahmoune. “J’ai été choqué et scandalisé par la déclaration ‘obscène’ du ministre de l’Intérieur, qui n’est pas à la hauteur de ses responsabilités gouvernementales et ne sert pas l’image de l’Algérie”, a-t-il dénoncé dans une déclaration publiée sur sa page facebook. S’il juge “inacceptables” dans le fond et dans la forme les déclarations du ministre de l’Intérieur, M. Rahabi ne considère pas moins que “ce dérapage n’est pas le premier du gouvernement de Bouteflika, qui s’inscrit dans la case de l’humiliation, de la vulgarité et de la provocation et qui alimente la division et l’extrémisme à un moment où le pays a désespérément besoin d’un discours d’apaisement pour sortir de cette impasse politique”. “Ce qu’a déclaré le ministre de l’Intérieur est plus que dangereux. C’est une provocation verbale inacceptable quels qu’en soient les justificatifs”, s’est indigné, pour sa part, le sociologue Nacer Djabi. Les “insultes” du ministre de l’Intérieur n’ont pas surpris l’intellectuel et militant de la cause amazighe Hend Sadi, qui, selon lui, “font partie de l’ADN du système”. “Cet outrage du ministre de l’Intérieur est en droite ligne de la politique du système faite d’arrogance”, a-t-il écrit sur sa page facebook. 
 

Arab C.



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