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A la une / Actualité

Les autorités chercheraient un partenaire pour remplacer les chinois

Port de Cherchell : un projet compromis ?

En septembre 2016, la compagnie chinoise Chec a annoncé aux autorités algériennes sa volonté de se retirer du projet.

Le mégaprojet du port de Cherchell serait-il bloqué ? Si l’on se fie aux dernières déclarations du Premier ministre Abdelmadjid Tebboune au Sénat, qui a évoqué la relance du projet avec un autre partenaire, l’on déduit qu’actuellement, le projet n’a pas encore démarré. Ce qui laisse entendre que l’associé chinois se serait retiré définitivement de ce partenariat. La Chine s’est, faut-il le préciser, engagée à le financer par un crédit à long terme. Un premier accord a été signé par deux compagnies chinoises, CSCEC (China State Construction Corporation) et Chec (China Harbour Engineering Company) pour la réalisation de l’infrastructure. Deux opérateurs algériens, les richissimes Kouninef et Ali Haddad, ont eux aussi pris des parts dans ce mégaprojet. Le démarrage des travaux était prévu pour le mois de mars dernier, mais l’engagement pour cette date n’a pas été respecté. Or, il serait utile de souligner qu’en septembre 2016, la compagnie chinoise Chec a annoncé aux autorités algériennes sa volonté de se retirer du projet. La Chec s’est rendu compte à la faveur d’une nouvelle étude qu’elle ne risquait pas d’engranger des bénéfices à hauteur de ce qu’elle a projeté. Le groupe chinois n’est finalement pas convaincu de la rentabilité de ce projet, les travaux étant susceptibles de rencontrer de nombreux problèmes techniques en raison de la nature du site. Depuis, rien de nouveau sur ce futur port, resté au stade de projet. La décision de la compagnie chinoise a provoqué un séisme au sein du gouvernement car le retrait d’un partenaire d’une telle envergure compromettrait le devenir de ce mégaprojet. Des sources proches du dossier estiment que le projet a été ralenti en attendant que la Banque d’Algérie lance la formule du “Project finance”, c'est-à-dire le financement des grands projets dont le coût est supérieur à la centaine de millions d’euros. Le projet devait coûter 3,3 milliards de dollars. Un vide juridique empêche apparemment l’entrée en vigueur d’un tel mode de financement dans notre pays. D’autres sources affirment que le projet observe un ralenti en raison d’un retard dû à son financement bancaire qui serait supérieur au milliard de dollars. Le port de Cherchell, qui disposera de 23 quais d’une capacité annuelle de traitement de 6,5 millions de conteneurs et de 25,7 millions de tonnes de marchandises générales, devrait être  financé dans le cadre d’un crédit à long terme par les Chinois. Le nouveau port devra s'étendre sur une superficie de plus de 1 000 hectares et disposera d'une zone logistique de 2 000 hectares, comme il sera doté de 3 360 mètres linéaires de quai pouvant accueillir des navires de grande taille. L’infrastructure reliera les réseaux ferroviaires et routiers d'Algérie, devenant un centre de transbordement régional et national. Les délais de réalisation ont été ramenés à 7 années au lieu de 10. Ce projet sera réalisé par des entreprises nationales publiques et privées en partenariat avec des étrangers. L’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal, l’appelait le “projet du siècle”. Le futur port de Cherchell devait transformer l’économie nationale en offrant à l’Algérie une plateforme logistique de niveau international. 

Une menace pour les ports européens !
Cette vocation du futur port d’El-Hamdania lui permettra, entre autres, d’acheminer les marchandises vers l’Afrique après son raccordement aux axes autoroutiers. Le financement de ce projet d'envergure, qui devra être réalisé en 3 étapes, ne sera pas supporté par l'État. L'installation portuaire devrait plus que tripler la capacité de manutention de fret actuelle de l’Algérie, pour atteindre les 35 millions de tonnes par an. Aujourd'hui, les ports existant d'Alger et de Ténès ont une capacité combinée de 10,5 millions de tonnes par an. Sa mise en service sera progressive et se fera sur quatre ans, et verra l’entrée d’une autre compagnie chinoise, Shanghai Ports, qui assurera son exploitation. “Ce nouveau port permettra de connecter l’Algérie à l’Asie du Sud-Est, à l’Amérique, à l’Afrique et de faire face à la hausse du volume du trafic maritime en direction de l’Algérie tel que prévu avec l’entrée en lice de nouveaux armateurs de renommée mondiale”, explique une source.
Ce port deviendrait un “hub” interconnecté au réseau ferroviaire et autoroutier africain qui permettra le transbordement des navires en provenance des grandes routes maritimes pouvant accueillir des méganavires qui transitaient à l’origine par les ports espagnols de Valence, de Barcelone et d’Algesiras, ainsi que par ceux de Gioia Tauro en Italie et Sines au Portugal. Avec ce transit qui échapperait à l’avenir à ces pays européens, ces derniers exerceront certainement des pressions politiques sur le gouvernement algérien pour qu’il introduise des modifications au contrat du projet qui constitue, selon eux, une véritable menace pour leurs ports…


B. K.


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