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Doutes sur la gouvernance de Bouteflika

Pour qui sous-traitent Bedoui et Lamamra ?

Noureddine Bedoui (à gauche) et Ramtane Lamamra lors d’une conférence de presse. © Louiza Ammi. Liberté

Le flou qui entoure la source de la décision politique fait que le binôme Bedoui-Lamamra n’arrive pas à faire avancer le chantier pour lequel il est désigné : la nomination d’un gouvernement de technocrates.

Pour qui sous-traite le tandem Bedoui-Lamamra, tout compte fait ? Si l’on croit l’affirmation de Seddik Chihab, porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Abdelaziz Bouteflika n’est plus en mesure de gouverner depuis plusieurs années et que ce sont des forces extraconstitutionnelles qui gouvernent le pays en son nom. Si tel est le cas, le duo Bedoui-Lamamra sous-traite, le premier en interne et le second à l’international, pour ces mêmes forces extraconstitutionnelles dont parle le porte-voix du RND. Sujet sensible, annonce inattendue, venant surtout d’un personnage, dont le parti était l’une des béquilles sur lesquelles est bâti le système Bouteflika. Installés depuis une dizaine de jours au Palais du gouvernement, Noureddine Bedoui et Ramtane Lamamra, chacun dans son rôle, tentent de vendre, depuis, un projet d’une transition politique parrainé par Abdelaziz Bouteflika. Or, Seddik Chihab crie à qui veut l’entendre que le Président ne gouverne pas. Et cela date déjà de plusieurs années, selon lui. Probablement depuis son accident vasculaire cérébral au printemps 2013. Il n’est donc plus question d’un projet de transition inspiré par Abdelaziz Bouteflika mais d’une manœuvre qui ne serait que l’œuvre de ces forces extraconstitutionnelles qui se sont emparées de la fonction présidentielle. Il y a quelques semaines, Abdelaziz Bouteflika, dans l’une de ses lettres de candidat adressées aux Algériens, avait indiqué qu’il n’avait aucunement cette volonté de se représenter à l’élection. L’opacité qui entourait son message, aussi énigmatique qu’improbable, a fait couler beaucoup d’encre, mais la réponse pourrait être envisagée aujourd’hui grâce aux confidences faites par Seddik Chihab. Ces forces extraconstitutionnelles se seraient servies de la candidature de Bouteflika pour continuer d’agir dans l’ombre et disposer de la fonction présidentielle comme elles l’entendent. Comprend qui pourra. Alors que le Premier ministre et son adjoint travaillent sur une feuille de route que l’on croyait issue d’un exercice consensuel impliquant le Président et ses soutiens — c’est du moins ce que l’on veut faire croire —, Seddik Chihab a réussi à jeter le trouble sur cette tentative du duo Bedoui-Lamamra de quêter les soutiens internes et étrangers au “projet de transition” professé, dit-on, par le Président. Un projet qui avait pourtant toutes les apparences d’un rétropédalage, voire d’une manœuvre destinée à se perpétuer au pouvoir et à gagner du temps en attendant de faire émerger une tête qui saura préserver les racines du régime. Le positionnement du porte-parole du RND a créé la surprise. Il va à l’encontre même des promesses faites par le Président décidé à  aller bien au-delà de son mandat. Ce serait finalement le desideratum de ces forces extraconstitutionnelles qui aurait placé Noureddine Bedoui et Ramtane Lamamra aux commandes d’un train qui fonce sur la foule pour se frayer un chemin à destination de l’objectif ultime ; celui de sauver le régime politique actuel contre la volonté de tout un peuple. Récapitulons, si Abdelaziz Bouteflika ne gouverne plus réellement, comme le prétend le deuxième homme fort du RND, le tandem Bedoui-Lamamra ferait de la sous-traitance à des forces extraconstitutionnelles, lesquelles seraient prêtes, pour un dangereux passage en force, à s’offrir une seconde vie même après quatre semaines d’une mobilisation qui ne s’essouffle point.
D’ailleurs, c’est ce flou qui entoure la source de la décision politique qui fait que le binôme Bedoui-Lamamra n’arrive pas à faire avancer le chantier pour lequel il est désigné : la nomination d’un gouvernement de technocrates.  


Ali Titouche

 

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