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A la une / Actualité

manifestations pacifiques pour le changement

Prémices d’un retour au tout-répressif

© Billel Zehani/Liberté

Les partis politiques et les organisations non gouvernementales ont dénoncé l’intervention des forces de l’ordre pour empêcher le peuple de s’exprimer.

La répression des manifestants, qui exigent le départ du système politique actuel, se confirme un peu plus chaque jour en Algérie, avec son lot d’arrestations, l’usage des gaz lacrymogènes et les barrages aux entrées de la capitale et de l’autoroute Est-Ouest pour empêcher les Algériens d’aller jusqu’au bout de leurs légitimes revendications. De la répression et l’arrestation d’une trentaine de journalistes lors d’un rassemblement organisé le 28 février dernier à Alger, avec l’usage du pistolet à impulsion électrique (Taser), suivie des barrages de la Gendarmerie nationale à l’entrée de la capitale pour empêcher les manifestants de rallier Alger, en passant par l’usage des canons à eau contre les étudiants lors des dépôts des candidatures au Conseil constitutionnel à Ben Aknoun, le 3 mars dernier, l’usage des gaz lacrymogènes contre les manifestants devant le siège de l’UGTA, l’arrestation des militants des droits de l’Homme et le châtiment infligé aux étudiants avant-hier dans la capitale par les forces de l’ordre, la répression a été au rendez-vous. En se réappropriant la place publique, le peuple dérange ceux qui ont mis l’économie algérienne à genoux, qui ont poussé des centaines de jeunes à mourir en haute mer en fuyant la mal vie, qui ont gangréné les institutions de la République avec la corruption et qui ont fermé tous les espaces d’expression aux élites nationales. Finalement, l’interdiction des manifestations durant les jours de la semaine, une démarche qui était dans l’air il y a quelques jours, n’était pas un acte isolé, mais, bien au contraire, un fait avéré. Les réactions des partis politiques, de la société civile et des Organisations non gouvernementales (ONG) ne se sont pas fait attendre après la répression violente de la marche des étudiants qui ont rejeté la nomination du chef de l’État, Abdelkader Bensalah (ABS). Dans un communiqué, l’ONG Amnesty International Algérie a appelé les autorités à la retenue et à respecter le droit de manifester pacifiquement. “Les arrestations arbitraires de manifestants sont une violation flagrante du droit à la liberté d’expression et de réunion. Les forces de sécurité ne doivent pas faire usage d’une force excessive ou inutile pour réprimer des manifestations pacifiques. La force ne doit être utilisée qu’en dernier recours, et même à ce moment-là, elle doit être proportionnée et absolument nécessaire”, a déploré cette ONG. Pour leur part, les jeunes progressistes du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ont dénoncé la violence exercée par les forces de police contre les étudiants. “Ils alertent sur le fait que cette répression peut être le prélude à une tentative de reprise en main de la situation par un pouvoir de fait. Elle signe, dans tous les cas, la reprise en main par ce pouvoir illégitime de tous les appareils de répression : jusque-là, en effet, seule la Gendarmerie nationale a été instruite pour des opérations de répression”, ont indiqué les jeunes progressistes du RCD. Tout en appelant à la poursuite de la mobilisation populaire et à la condamnation de tels actes, les jeunes progressistes ont estimé que “la rupture radicale avec le système politique est à la portée de notre jeunesse, elle passe par la mobilisation pacifique, l’organisation autonome dans les universités et la vigilance”. Par ailleurs, la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (Laddh) a dénoncé, dans un communiqué, cette répression, ainsi que les arrestations opérées à Alger. “La répression de nos étudiants, de nos enfants comme hier de nos chômeurs, de nos harragas, de nos médecins résidents pour avoir exercé pacifiquement leurs droits constitutionnels et naturels est une insulte à l’intelligence de l’ensemble du peuple algérien sorti par millions dans les rues pour dire non à la répression des libertés, non à la hogra et non au système autoritaire”, a affirmé la Laddh. Aussi, un collectif d’une vingtaine d’organisations de la société civile a dénoncé la répression de la marche des étudiants et les tentations d’interdiction des manifestations publiques et pacifiques à Alger et le harcèlement des militants pour le changement et met en garde “l’opinion contre toute tentative d’infiltration des agents du système pour faire dévier les marches de leur cadre pacifique et légitimer ainsi la répression”. De leur côté, les universitaires, par le biais du Comité autonome et provisoire des étudiants d’Alger 2 (Cape), ont dénoncé “fermement la violente répression subie lors de la marche des étudiants à Alger-Centre. La violence policière à l’encontre des étudiants pacifiques est inadmissible et injustifiable. Au moins 7 étudiants ont été interpellés par la police”. Tout en dénonçant cette répression, le Cape a appelé à la mobilisation “pour reconquérir nos espaces publics et défendre notre droit de manifester et de nous réunir”.                           

FARID BELGACEM


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