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A la une / Actualité

FERMETURE DE JOURNAUX ET GESTION DE LA PUBLICITÉ

Presse écrite : des professionnels appellent à la concertation

Débat organisé, hier, sur la situation de la presse écrite. © D.R.

En 2017, ce sont 5 journaux qui ont mis la clé sous le paillasson alors que des dizaines d’autres titres frôlent la cessation de paiement.

Des professionnels de la presse écrite ont appelé, hier, lors d’un forum organisé au quotidien arabophone Al-Wassat, à un débat urgent et élargi à tous les éditeurs, journalistes et bailleurs de fonds pour sauver les quotidiens qui subissent une asphyxie financière intenable.
“Il faut repenser la presse écrite. Désormais, l’avenir des journaux en difficulté est entre les mains des journalistes qui devront s’organiser”, a prôné Naâma Abbas, ex-directrice de publication d’El Moudjahid, qui appelle, par ailleurs, à l’organisation d’assises des professionnels du secteur pour débattre du fonds d’aide à la presse.
Aux yeux de Mme Abbas, “les journaux doivent chercher d’autres ressources de financement pour faire face à cette nouvelle situation. Ça va crescendo, car 5 journaux ont déjà disparu du paysage médiatique en 2017 et d’autres sont également menacés”. Citant l’exemple de la presse francophone, dont le lectorat s’amenuise un peu plus chaque jour, Mme Abbas a mis le doigt sur la plaie révélant que “les deux piliers sur lesquels s’appuient les entreprises de presse risquent à tout moment de s’effondrer”. Elle citera la réduction drastique de la publicité émanent de l’Agence nationale d’édition et de publication (Anep) et des secteurs des services (téléphonie, automobile, etc.) et la mauvaise distribution des journaux. À cela vient se greffer la situation socioprofessionnelle des journalistes qui, en grande majorité, ne bénéficient pas d’un plan de carrière digne de ce nom. “Aujourd’hui, la presse écrite est menacée de partout. Avec l’internet et la vitesse avec laquelle l’information circule, le lectorat se volatilise davantage.” Pour Achour Fenni, enseignant à l’université d’Alger, “la presse écrite traverse une période de grandes mutations. Non seulement elle a constitué depuis les années 1960 le parent pauvre des médias, mais, au jour d’aujourd’hui, le métier n’est plus entre les mains des journalistes, mais des patrons de presse”. Un état de fait qui a aggravé la crise que vivent les médias de manière générale, d’autant, fera constater M. Fenni, que “la communauté des Facebookers dépasse largement celle des lecteurs de journaux”. Évoquant les raisons de l’effondrement de l’industrie de la presse, cet enseignant-chercheur a indiqué que “le marché marqué par le faible lectorat et la baisse de la publicité ont sensiblement affecté les journaux. Ces derniers sont devenus indépendants de l’industrie de la communication et des tendances politiques. Durant ces dernières années, des titres ont été créés à cause d’un évènement politique national majeur ou encore à cause de l’accès à la publicité au niveau de l’Anep. Il faudra alors se demander si on exerce un métier, du commerce ou du mercenariat. En face, l’éthique, la formation et le dialogue ont disparu”. Un avis partagé par Ali Draâ, cadre conseiller au quotidien arabophone Echorouk. “Il n’y a aucun dialogue entre le pouvoir et les médias, surtout la presse écrite. À mon sens, fermer un journal relève d’un acte criminel. Un journal est d’abord une entreprise. Le système doit cesser d’exercer le monopole sur l’argent de la publicité. Il faut dialoguer.”
Affirmant que “la presse ne peut être libre que si la justice de ce pays est libre”, l’orateur a rappelé le coup de force du ministère de la Communication pour empêcher le groupe Cevital de racheter le groupe de presse El Khabar. Quid de la loi sur la publicité ? Aux yeux de M. Fenni, “la loi sur la publicité n’arrange pas les éditeurs, encore moins l’État. Cela suggère, d’emblée, que la manne publicitaire doit être gérée par un organisme indépendant”.


FARID BELGACEM

 


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