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le juge s’est penché sur les liens entre ali haddad et Saïd Bouteflika

Proximité juteuse

© Archives Liberté

Le  procureur  général  près  la  cour  d'Alger   a requis  hier  le durcissement des peines à l'encontre du patron de l’ETRHB. Il a demandé le même traitement pour Ouyahia, Sellal et plusieurs ministres. 

Le président de la Cour d’Alger s’est penché, hier, lors du procès en appel d’Ali Haddad, sur les relations qu’entretenait ce dernier avec le cercle présidentiel, sous l’ère Bouteflika, et les avantages que Haddad tirait de cette proximité, de notoriété publique, du reste, pour fructifier ses affaires. 

Condamné en première instance à une peine de 18 ans de prison assortie de 8 millions de dinars, Ali Haddad, qui comparaît par visioconférence depuis sa prison de Tazoult, dans la wilaya de Batna, s’est défendu d’avoir abusé de sa proximité avec, entre autres, Saïd Bouteflika, frère du président déchu, en déclarant que cette relation se limitait aux usages amicaux lorsqu’il était à la tête du patronat (FCE) notamment.

Pourtant, “vous avez échangé 255 appels et 30 sms en l’espace de 18 mois”, lui dit le juge, en brandissant un rapport d’expertise qui mentionne tous les échanges téléphoniques entre les deux hommes. 

Quel était l’objet de vos discussions ? Saïd Bouteflika intervenait-il pour faciliter vos affaires ?”, interroge le président de la séance. “Non”, répond Haddad. “Je l’appelle de temps à autres, occasionnellement, à l’Aïd ou au mois de Ramadhan.

Je n’ai tiré aucun avantage de cette relation pour mes projets. Nous avions des rapports professionnels lorsque j’étais patron du FCE”, a-t-il ajouté, en assurant avoir agi en application de la loi dans tous les investissements qu’il a engagés.

Le juge revient à la charge et demande des explications sur un SMS que Haddad avait envoyé au frère du président, fin mars 2019, alors qu’il s’apprêtait à fuir le pays pour la Tunisie, 48 heures avant que l’ancien président Bouteflika ne démissionne, emporté par les vagues du Hirak.

Le juge lit le message en question : “Je suis bloqué à Oum Tboul.” “Aviez-vous demandé à Saïd Bouteflika d’intervenir pour vous ?”, demande-t-il.

“Non monsieur le président. Je l’ai juste informé que j’étais bloqué à la frontière. Il n’y a rien de grave. On ne lit aucunement dans le message que j’ai demandé l’intervention de Saïd Bouteflika”, tente de justifier Ali Haddad, agacé par la question du juge. 

Outre Saïd Bouteflika, le juge a également demandé des explications sur la nature des relations de l’accusé avec l’ancien chef du protocole à la présidence de la République Mokhtar Reguieg, placé en détention provisoire, fin février 2020, pour “affaires de corruption et trafic d'influence”.

Ali Haddad a nié avoir eu toute relation avec M. Reguieg. “Je n’ai jamais eu affaire à lui”, déclare-t-il, avant de s’emporter : “Monsieur le président. On me colle toutes les affaires du monde.

Ce n’est pas juste. Je ne connais ni de près ni de loin ce Mokhtar. Je ne l’ai jamais appelé. C’est une erreur. Vérifiez monsieur le président, le numéro que j’appelle se termine par le chiffre 95.

C’est le numéro de mon collaborateur au FCE, Mohammed Reguieg, un cadre du patronat. Il ne s’agit pas de Mokhtar. C’est un homonyme. Je suis entre vos mains monsieur le juge. Les mains de la justice. Je vous fais confiance. Vérifiez monsieur le président, c’est un homonyme !” 
 

Karim BENAMAR

 


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