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Commémoration des événements du 8 mai 1945 à l’ombre de la mobilisation en faveur du changement

Quand Bensalah et Bedoui ratent l’Histoire

Le fait est, sans doute, inédit : pour la première fois depuis l’indépendance, la commémoration des événements du 8 Mai 1945, pourtant l’une des épopées les plus marquantes de la lutte du peuple algérien contre le colonialisme français, ne se fera pas selon le rituel et le faste consacrés. Jusqu’à la mi-journée d’hier, aucun discours de circonstance du chef de l’état intérimaire, Abdelkader Bensalah, ni du Premier ministre, Nouredine Bedoui, dont les activités sont presque clandestines, et encore moins de sorties de ministres sur le terrain ne sont enregistrées. Hormis quelques conférences, dont l’une au Centre national de recherche sur le mouvement national et l’autre à l’Université de Guelma, ou encore celle prévue à Kherrata et qui sera animée par des personnes évoluant en dehors du régime, comme Me Mustapha Bouchachi, Karim Tabbou, le sociologue Nacer Djabi, l’icône de la Révolution, Djamila Bouhired, l’enseignante et politologue, Louisa Dris Aït Hamadouche, ou encore l’économiste Smaïl Lalmas et l’enseignant, Fodil Boumala, la commémoration de cette date-phare est presque réduite à sa plus simple expression.

À l’évidence, au niveau local, on se conforme toujours, tant bien que mal, au rituel, tout comme sur les réseaux sociaux. Mais on est loin du cérémonial et des festivités qui l’accompagnent. Signe du cafouillage ambiant : le boycott des députés du FLN et d’autres groupes parlementaires de la rencontre que devait organiser Mouad Bouchareb à l’APN à l’occasion des événements du 8 Mai 1945. Pis encore, concerné en premier chef, le ministre des Moudjahidine semble inscrit aux abonnés absents. Il y a une année encore, Noureddine Bedoui, alors ministre de l’Intérieur, présidait les festivités à Sétif en inaugurant plusieurs projets. Pour le président Bouteflika, même en communiquant à travers un message, c’était toujours l’occasion de “rappeler les sacrifices du peuple” et de “stigmatiser le colonialisme”. En faisant presque l’impasse sur la commémoration de ces événements, comme le veut la tradition et à la mesure de cette date symbolique, le gouvernement confirme, si besoin est, son incapacité à aller au devant de la population. Contesté par les Algériens, l’Exécutif travaille presque clandestinement.

Et on a vu comment des ministres peinent à effectuer des visites dans certaines wilayas en raison de l’hostilité affichée par les habitants, comme à Saïda pour le ministre du Tourisme, à Béchar pour les ministres de l’Intérieur et des Collectivités locales, Salaheddine Dahmoune, des Ressources en eau, Ali Hamam, et de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Kamel Beldjoud, à Aïn Nadja pour le ministre des Transports, ou encore pour la ministre de la Culture à Tipasa. Mais au-delà de cette situation, conséquence de la mobilisation inédite engagée en faveur du changement du système et de ses pratiques, il y a aussi cette offensive implicite de la société civile et de l’opposition — comme il a été constaté sur certains slogans lors des marches — pour se réapproprier ses référents historiques instrumentalisés jusque-là par le pouvoir en place pour d’évidentes considérations de légitimation. Illustration de ce renouveau : l’affluence sur les villes symboles, comme à Kherrata, des figures de l’opposition et de la société civile. Une nouvelle histoire est en marche. 
 

Karim K.


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