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Marche du 14 juin 2001

Quand Bouteflika réprime deux millions de manifestants

Marche du Mouvement citoyen de Kabylie du 14 juin 2001. © D. R.

La répression sanglante de la marche historique du 14 juin 2001, qui avait vu déferler près de deux millions de personnes dans les rues d’Alger, trône en bonne place dans le bilan macabre du règne du président déchu Abdelaziz Bouteflika. La marche du Mouvement citoyen des archs de Kabylie, décidée trois jours plus tôt dans le conclave qui avait adopté la plateforme d’El-Kseur (Béjaïa), avait mobilisé toute la Kabylie. 

Outre la Kabylie, les manifestants sont venus même de Sétif, de Djelfa, de Bordj Bou-Arréridj, etc. La marée humaine, qui a pris possession des rues de la capitale, avait provoqué une peur panique au sommet de l’État. C’était la première fois, en effet, depuis l’indépendance, qu’une manifestation publique mobilisait autant de monde. Bien avant le jour de la marche, le ministre de l’Intérieur de l’époque était à la manœuvre pour contrer la manif des archs. Avec les services, il avait concocté un plan pour saborder la manifestation.

La veille, des repris de justice furent libérés pour prêter main forte aux forces de sécurité chargées de réprimer la marche. Le jour j, des tentatives de dévier l’itinéraire de la marche prévue par les organisateurs en direction de la présidence de la République ont été initiées. Noureddine Zerhouni supervisait la “casse” de la marche depuis un hélicoptère qui survolait Alger. Alors que des bataillons de manifestants déferlaient par dizaines, voire des centaines de milliers de marcheurs dans la capitale, au point que plusieurs d’entre eux étaient obligés de rallier à pied le centre d’Alger depuis Bab Ezzouar, le pouvoir recourt à son sport favori : la division.

L’ampleur de la mobilisation a pris de court le pouvoir qui a aussitôt échafaudé des plans diaboliques, à telle enseigne qu’on a vu un chef de police solliciter l’aide des habitants d’Alger pour “défendre la capitale contre les envahisseurs”. Ce racisme primaire pouvait alors prospérer à l’ombre d’institutions étatiques dévoyées de leurs missions premières.  N’a-t-on pas entendu, en effet, un ministre de l’Intérieur, en plein Printemps noir, justifier, c’est le cas de le dire, l’assassinat du jeune lycéen Massinissa Guermah dans une brigade de gendarmerie à Beni Douala, le 18 avril 2001, en le qualifiant de “voyou” ? La suite, on la connaît : plus de 126 jeunes Kabyles seront lâchement assassinés, alors qu’ils manifestaient pacifiquement, les mains nues, dans les rues de Kabylie.

Ce carnage est resté, à ce jour, impuni. Un bilan macabre à mettre à l’actif d’un régime politique que le peuple algérien a décidé, depuis le 22 février, de faire dégager. Le postulat de Sciences-po nous l’enseigne trivialement : un pouvoir qui assassine son peuple est condamné par l’Histoire. Cette même Histoire qui est en train de s’écrire dans les rues algériennes.  
 

Yahia Arkat   

 

 


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