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Le concept est repris par des partis et par le président Bouteflika

Quand “consensus” rime avec divergences…

La Coordination pour les libertés et la transition victime des divergences de ses membres.. © Archives Liberté

Toutes les formations politiques appellent à un consensus national et le chef de l’État y invite “tout le monde”. Mais personne n’a pris le soin d’en indiquer le contenu. C’est sans doute sur celui-ci que tous divergent.

Au plus fort moment de la crise qui a ébranlé le pays et le gouvernement, le président Bouteflika fait un léger virage et opère une évolution conceptuelle pour inviter “tout le monde” à un effort pour surmonter la difficile conjoncture. Dans son message à l’occasion de la célébration du 1er Novembre, soit le
31 octobre 2017, le président de la République a appelé la classe politique à mettre de côté les divergences pour construire un consensus national. Il ne tardera pas à reprendre le même concept de “consensus” à l’occasion de la Journée de l’avocat.
C’est pour la première fois en presque quatre mandats que le président Bouteflika emprunte ce concept dans son acception “étymologique” pourtant bannie dans la conception du système qui l’a combattue et qui a fonctionné sur la variante du consensus en son sein à travers “le candidat du consensus”. Le FFS dont le défunt leader, Hocine Aït Ahmed, se fera un malin plaisir de le lui rappeler surtout qu’il a été destinataire de cette offre qu’il n’a pas jugé utile d’endosser puisqu’il est depuis 1999 “l’homme du consensus” qui n’a pas besoin de la caution de la classe politique, a fortiori venant des partis de l’opposition. Il combattra cette idée en s’employant à torpiller toute initiative en ce sens émanant de l’opposition jusqu’en mars 2018, à l’occasion de la Journée de l’avocat où il évoque le péril sur le consensus en raison des tensions sociales. “Les tensions sociales et de partis sont nuisibles au consensus”, avait-il souligné.
Mai 2018, dans son allocution à l’ouverture du 7e congrès de son parti, le MSP, Abderrezak Makri, a, dans un appel qui sonne comme une réponse à l’invitation du président Bouteflika, repris le même concept qu’il a assorti de l’option politique d’un gouvernement d’union nationale. Il s’inscrit ainsi dans l’esprit du gouvernement tunisien d’après la chute de Ben Ali, avec Ennahda de Ghennouchi qui, comme le MSP, appartient à la confrérie des Frères musulmans. Et il ne dit cependant pas avec quels partis, avec ou sans “le pouvoir”, se fera ce consensus. Cela d’autant que l’expérience de l’Alliance Algérie verte (coalition islamiste en 2012) a été conjoncturelle, électorale et a vite montré ses limites en raison de divergences, entre autres, idéologiques et de guerre de leadership entre les partis qui l’avaient composée. Ils rééditent le même schéma avec une recomposition des partis de la mouvance pour constituer des blocs afin de peser dans les législatives de mai 2017. Devant le peu de résultats enregistrés, le MSP se rabat sur le consensus pour un gouvernement d’union nationale qu’il pose comme condition et prétexte pour revenir dans le giron du pouvoir sans donner l’air de faire dans l’entrisme pur et simple.
Ali Benflis a également emprunté cette voie et appelé à un consensus national qui est, dans son optique, une alternative au système. Son parti, Talaie El-Houriat (L’Avant-garde des libertés), s’inscrit naturellement dans la même logique mais les chemins des deux partis ne se croisent pas. Cela en plus d’être restés à distance de l’initiative du FFS, régulièrement mise à jour. L’espoir né de la création de la Coordination pour les libertés et la transition
démocratique (CLTD), la conférence et le document de Mazafran, qui a été le premier consensus réussi de l’opposition, n’a pas survécu au torpillage du pouvoir mais aussi aux divergences entre ses membres.
Paradoxalement, le pionnier du “consensus”, le FFS, n’a pas réussi à faire adhérer des partis à sa démarche, hormis des personnalités et des associations, alors qu’aujourd’hui elle est portée avec insistance non seulement par les partis de l’opposition mais aussi par le président de la République, qui lui trouve enfin des vertus “curatives” contre la crise financière et surtout le système qui frappe le pays.


Djilali B.


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