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A la une / Actualité

AFFAIRE DES DIRECTIVES REÇUES PAR LA CHAÎNE

Quand Ennahar TV s’enfonce

©D. R.

Les explications auxquelles Ennahar a recouru pour tenter de se tirer d’affaire ne font que le confondre davantage.

On ne nous accusera pas de l’avoir inventé. C’est Ennahar Online qui l’atteste, faute évidemment de pouvoir le nier : le fameux e-mail qui a inspiré la Une et les commentaires de Liberté, dans sa livraison d’hier, a bel et bien été mis en ligne par ses soins. L’aveu est noté. Mais il y a aussi les explications auxquelles Ennahar a recouru pour tenter de se tirer d’affaire, mais qui ne font, au contraire, que le confondre davantage. Dans sa réaction, le média a réfuté que la mise en ligne des documents incriminés — qui l’accablent, il faut le répéter — soit intervenue par mégarde, comme nous l’avions déduit et souligné, mais que leur publication est volontaire. Pas facile de convaincre qu’il s’agit d’un acte délibéré, et cela, pour au moins deux raisons : en règle générale, on ne publie pas les bordereaux d’envoi, à moins qu’il n’y ait utilité à cela. Or, dans le cas qui nous intéresse, il n’y en a aucune. Il y a plutôt un intérêt à ne pas le faire. Le contenu des quatre pages qu’Ennahar Online prétend avoir volontairement diffusé, et c’est la seconde raison qui fait douter de la version opposée à l’affirmation de Liberté, incite à se garder de les partager. À commencer par ce ton impératif utilisé, un ton qui s’emploie lorsqu’il est question de donner des ordres. Quelques morceaux choisis en guise d’illustration : “(…) C’est là où il faut frapper”, “(...) faut voir avec l’ex-ministre de l’Environnement” ou encore “(…) s’intéresser à Mme C.T.H”. N’est-ce pas suffisant pour édifier l’opinion sur l’existence d’un donneur d’ordres à Ennahar, un commanditaire qui peut être une personne tapie dans l’ombre ou une officine occulte ? Ennahar ne l’infirme pas, au demeurant. Mais, visiblement, décontenancé par sa terrible mise à nu, le média aggrave son cas à chaque fois qu’il espère avoir trouvé la parade à même de lui éviter le discrédit. Ainsi, il soutient que l’e-mail qui le confond provient d’un cadre de Cevital. “Ne trouvant plus aucun moyen ni aucune preuve pour justifier sa campagne hostile menée pour dénigrer Ennahar TV, Liberté, en contradiction parfaite avec son titre, a tenté dans sa Une d'aujourd'hui d'affirmer qu'un e-mail publié volontairement par notre rédaction et venant d'un cadre même de Cevital, dont Ennahar s'est engagé à ne pas révéler l’identité, représentait les consignes d'un présumé commanditaire”, est-il expliqué. Soit, mais il n’en demeure pas moins qu’Ennahar ne dit pas en quoi était-il si important de mettre en ligne ce courrier qui trahit son manque flagrant de professionnalisme, quand bien même il proviendrait d’un “cadre même de Cevital”. L’indication de la “source”, après les remarques fort pertinentes de Liberté, ne change rien à la problématique que pose la façon de faire du journalisme d’Ennahar que rien n’empêchait, au demeurant, de situer la provenance des documents qu’il a publiés sans trahir l’identité de l’expéditeur. Car, indépendamment de leur provenance, les fameuses quatre pages, qui ont donc glissé incidemment dans la masse de documents mis en ligne, constituent la preuve irréfutable qu’Ennahar obéit à des injonctions, et, dans cette opération de lynchage de Rebrab, de louisa Hanoune auparavant, à des instructions précises. Et, puisque la source n’ayant pas été mentionnée, les instructions ne pouvaient que provenir d’officines occultes. À Ennahar de prouver le contraire. Mais le plus grave encore, c’est qu’Ennahar, qui a reçu les 717 documents le 12 mai, les a mis en ligne illico, sans prendre le temps de vérifier, de confronter et, enfin, de valider, préalable à tout travail journalistique professionnel, avant de publier. Compulser un tel volume de documents aurait pris beaucoup plus de temps que les quelques minutes qui auraient, certainement, suffi à Ennahar de scanner et de balancer.

S. A. I.


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