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Fête du 1er mai

Quand il n’y a plus d’argent pour acheter la paix sociale...

Sit-in et grèves, seuls recours des travailleurs pour faire valoir leurs revendications. ©Archives Liberté

L’année 2018 est marquée par un flou total dans la prise de décision. L’on déplore cette dualité entre les responsables quant aux mesures à prendre engageant l’avenir du pays.

Compte tenu de la situation sociale dans laquelle il se débat, le travailleur algérien n’a vraiment pas le cœur à la fête. La loi de finances 2018 annonçait déjà une hausse générale des taxes imposées aux Algériens. Les prix des carburants et, par ricochet, ceux des transports, du tabac, de l’électroménager, de l’Internet, des communications téléphoniques… sont revus à la hausse. Autant de produits que les consommateurs paient plus cher actuellement. L’on ressent clairement la ferme volonté de l’Exécutif de partager ce lourd fardeau de la crise avec le citoyen — habitué, jusque-là, au soutien de l’État — en lui suggérant de mettre davantage la main à la poche. Une liste de 900 produits interdits à l'importation, un gel qui frappe les recrutements dans la Fonction publique, une course à la privatisation des fleurons de l'industrie du pays, des projets gelés, voire annulés…, l'Algérie vit, en ce moment, une période des plus cruciales de son existence. D’où le choix indubitable de mettre en œuvre une politique d’austérité que les pouvoirs publics dictent à la population.
Ces décisions doivent être, cependant, assorties d’options qui préservent les acquis sociaux et maintiennent un niveau de vie acceptable pour les catégories aux revenus modestes. Mais la chute des prix du pétrole aidant, la situation des finances publiques est telle qu’il est, de nos jours, impossible pour l’État de poursuivre sa stratégie d’achat de la paix sociale par le biais de subventions.
D’où la décision de recourir au financement non conventionnel, appelé communément “planche à billets”. Cela étant, jamais cette date n’a coïncidé avec autant d’incertitudes quant à la préservation et à la création d’emplois. L’année 2018 est marquée aussi par un flou total dans la prise de décision. L’on déplore cette dualité entre les responsables quant aux mesures à prendre engageant l’avenir du pays. Souvent, l’on décide d’une chose aujourd’hui et de son contraire le lendemain ! Ce qui influe de manière négative sur la gestion des affaires du pays et sa stabilité. Peu de mesures sont prises pour rasséréner le travailleur préoccupé qu’il est par une sempiternelle appréhension sur son avenir professionnel, lui qui est souvent hanté par une compression d’effectifs de plus en plus menaçante.
L’on rappelle les milliers de postes d’emploi perdus ces deux dernières années, surtout dans le secteur de l’automobile où les concessionnaires ont subi de plein fouet les méfaits de la restriction des importations à travers la mise en place des licences qui s’est avérée d’ailleurs inefficace. Par ailleurs, la célébration du 1er Mai 2018 coïncide avec un front social en ébullition et plus que jamais déterminé à faire entendre sa voix sur les grands dossiers. Les grèves des médecins résidents, des enseignants et autres illustrent parfaitement cet état d’esprit. Même les différents dialogues entre gouvernement, partenaire social et patronat ne sont plus en mesure de protéger les intérêts légitimes des travailleurs.

B. K.

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